Le premier projet de décret porte modification du décret relatif à la création de la Zone d’accélération industrielle (ZAI) de Kénitra et le second porte modification du décret relatif à la création de la zone franche d’exportation Tanger Tech.
Le Conseil suivra également un exposé du ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, sur le bilan de l’action du gouvernement en lien avec ses relations avec le Parlement au cours de la session d’octobre 2024-2025 de la 11ᵉ législature (2021-2026).
Le Conseil examinera par la suite un accord de coopération dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture entre les gouvernements du Royaume du Maroc et de la République du Bénin, signé à Cotonou le 15 février 2024, et l’accord portant approbation dudit accord, ainsi qu’un accord de coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation entre les gouvernements du Maroc et de l’Angola.
A la fin de ses travaux, le Conseil examinera des propositions de nomination à des fonctions supérieures.
Le Conseil de gouvernement avait adopté le 13 décembre dernier le projet de décret n° 2.23.725 modifiant et complétant le décret n° 2.18.738 du 22 Rabii I 1440 (30 novembre 2018) portant création de la zone franche d’exportation Souss-Massa.
Ce décret, signé par Aziz Akhannouch et publié au Bulletin officiel du 6 janvier 2025, autorise la création de la zone franche d’exportation Souss-Massa.
Conformément à l’article premier de ce décret, la dénomination de « zone d’exportation libre » est désormais remplacée par « zone d’accélération industrielle » dans toutes les références du décret n°2.18.738.
L’article 2 du décret initial a été entièrement reformulé. La nouvelle version précise que la zone d’accélération industrielle Souss-Massa sera aménagée sur un terrain de 305 hectares situé dans la commune de Drarga, préfecture d’Agadir-Ida Outanane. Cette zone fait partie intégrante du pôle urbain de Tikadirt et comprend les références cadastrales suivantes :
La zone est bordée au nord par la route nationale n°11 reliant Agadir à Marrakech, à l’est par le pôle agricole de Souss, à l’ouest par Tikadirt, et au sud par Tadoart.
La nouvelle version de l’article 3 définit, quant à elle, les secteurs d’activité éligibles au sein de la ZAI Souss-Massa que sont les industries agroalimentaires, plastiques, logistiques et port sec, et prestations en lien direct avec ces secteurs.
Coup d’accélérateur au projet du port sec d’Agadir, une infrastructure qui se fait attendre depuis un moment, en particulier par les investisseurs qui voient en elle une opportunité à même de donner un essor industriel et commercial sans précédent à la région.
Réuni le jeudi dernier, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de décret n° 2.23.725 modifiant et complétant le décret n° 2.18.738 portant création de la zone franche d’exportation Souss-Massa. Ce projet de décret vise concrètement à modifier la délimitation des périmètres de la Zone d’accélération industrielle de Souss-Massa, créée en 2018, afin de l’adapter au plan d’aménagement de la commune de Drarga, ainsi qu’à inclure la logistique et les activités liées au port sec parmi celles pouvant être exercées au sein de cette zone.
Officialisation du lancement des travaux fin janvier 2025
« L’espace où sera érigé le port sec, projet que nous avons intitulé Agadir Atlantic Hub, sera extrait d’une assiette foncière (100 ha) de la zone franche (305 ha). Pour extraire ces 100 ha, il a fallu un projet de décret. Après plusieurs allers-retours entre les administrations, ce texte a été enfin adopté. Il s’agit effectivement d’un coup d’accélérateur« , explique à Médias24, Driss Boutti, président de la CGEM Souss-Massa.
La région de Souss-Massa, l’Agence nationale des ports (ANP), la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) et Tanger Med (TMSA) les cinq parties portant ce projet, officialiseront bientôt le lancement des travaux, maintenant que le décret est adopté.
« Une signature officielle pour entamer le lancement des travaux doit se faire vers fin janvier. La société Agadir Atlantic Hub qui sera chargée de la gestion, la commercialisation et l’exploitation du futur port sec, est en train d’installer ses locaux à Agadir. Toutes les études techniques sont par ailleurs prêtes, que ce soit sur site ou hors site », fait savoir le président de la CGEM Souss-Massa.
Les premières installations devront être livrées début 2026
Quand est-ce que ce projet stratégique va-t-il prendre forme? Selon notre interlocuteur, le projet ne peut pas être livré, entièrement, d’un seul coup. « Les premières installations seront probablement livrées début 2026. Quant à la livraison de l’intégralité du projet, celle-ci doit avoir lieu en 2028« , répond notre interlocuteur.
Plus vite le port sec d’Agadir verra le jour, mieux se portera l’investissement dans la région. Autour d’une table ronde organisée à Agadir dans le cadre de notre Tour des régions en action, deux grands investisseurs dans la région, Leoni et Meditech Gloves Morocco, nous soulignaient que l’installation dans la région était notamment décidée grâce à cette promesse de port sec.
Dans la même lignée, Driss Boutti affirme : « Le port sec d’Agadir est le projet qui peut changer la donne, logistiquement parlant, étant donné que le port maritime n’est pas extensible. Le port sec d’Agadir viendra donc renforcer le port maritime qui demeure saisonnier. L’activité des conteneurs s’y chiffre à 30% pendant la campagne agricole. Hormis cette période, l’essentiel de l’activité repose sur quelques petites opérations« .
« L’idée de lancer un projet pareil a émergé suite aux suggestions des investisseurs qui insistent aujourd’hui sur la nécessité d’avoir un grand port avec des espaces logistiques et des espaces de stockage importants pour développer de grandes industries à l’instar de l’automobile et de l’aéronautique. En effet, le port sec d’Agadir permettra d’asseoir une ligne de cabotage qui va relier le port d’Agadir aux ports de Casablanca et à Tanger-Med », conclut notre source.
Le Centre de recherches juridiques, économiques et sociales (LINKS), lieu de rencontre entre professionnels, universitaires et chercheurs rattaché à l’Université Hassan II, a reçu ce vendredi 23 février le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, pour débattre autour du thème : « Quelle politique industrielle et commerciale dans un monde en mutation »?
Mezzour a d’abord livré un aperçu de l’évolution de la politique industrielle et commerciale du Royaume. « Avènement du nouveau règne (1999) ; un Maroc qui sort d’un plan d’ajustement structurel, qui se redéfinit et essaie de revoir sa place dans l’économie mondiale, qui voit l’arrivée d’une déferlante démographique de jeunes qui ont besoin de jobs ; un Maroc qui a besoin de se repenser et de repenser son économie fermée auparavant, dont le niveau d’ouverture se situait entre 40 et 45% − nous en sommes aujourd’hui à 85%. Le taux de pénétration des échanges extérieurs était très faible… On produisait pour nous-mêmes et on importait très peu… Nos principales exportations, c’était la roche de phosphate », se souvient le ministre.
« Un nouveau règne arrive. On entre dans une ère de mondialisation. Le Maroc se dit : j’ai un positionnement géostratégique intéressant, j’ai une jeunesse qui arrive, qu’est-ce que je fais pour profiter de cet élan, puisque mon marché intérieur ne suffit pas à faire grandir un tissu productif ou à créer suffisamment de recherche? Il faut que je m’ouvre. La première des choses : il faut que j’aie accès à plus de marchés. On doit donc signer les accords de libre-échange pour avoir accès à ces marchés. On commence à signer avec l’Europe, les Etats-Unis, puis avec la Turquie et les pays arabes… », rappelle-t-il à grands traits.
En 2023, les exportations automobile ont atteint 141 MMDH
« Cette ouverture des marchés était freinée par une notre connectivité logistique faible. Notre port principal, qui était celui de Casablanca, était saturé. On n’arrivait pas à développer de potentiels logistiques. Le Maroc s’est dit : Tanger est le croisement des routes maritimes (20% du trafic maritime passe par la zone maritime de Tanger), je vais donc faire une capacité supplémentaire de classe mondiale pour pouvoir permettre au commerce mondial de souffler et de faire du transbordement dans cette partie de la région, d’où le lancement de Tanger Med », enchaîne Ryad Mezzour.
« Nous nous sommes par la suite penchés sur la question de la production. Nous n’avions pas suffisamment de capital ni suffisamment d’incitations à l’époque. Les années 2000 ont été caractérisées par un boom de l’immobilier au Maroc. Nos industriels étaient en plus traumatisés, depuis les années 1990, par une campagne d’assainissement assez lourde et par des rapports sociaux assez compliqués, ce qui fait qu’ils étaient assez découragés de revenir vers le secteur productif… Il a donc fallu chercher des opérateurs et des investisseurs. In fine, nous avons réussi à convaincre quelques opérateurs. Les premiers qui nous ont fait confiance, ce sont les Japonais. Ils avaient besoin de produire des câbles et le marché du câblage était en train de prendre de l’ampleur. Le Maroc a une main-d’œuvre intéressante et accessible. Aujourd’hui, les Japonais, qui sont les premiers employeurs dans notre pays, ont commencé à installer des usines », note-t-il.
« En 2007, Renault accepte d’installer une usine au Maroc. C’est bien, on a eu l’assembleur final et autour de lui on va faire quelque chose. C’est transformatif, l’industrie automobile dans l’histoire industrielle d’un pays. En 2008, c’est la crise. Plus d’argent, plus de financement, plus rien. C’est à ce moment que le Maroc a dit : l’argent, on s’en occupe, on va prendre 50% des participations. Faites votre usine. Non seulement on a gagné de l’argent, mais on a également pu créer le premier secteur exportateur du pays, avec plus de 250.000 emplois derrière à la clé. Le total des exportations des biens du Maroc en 1999 était de 72 MMDH. En 2023, les exportations automobiles se chiffraient à 141 MMDH, avec un taux d’intégration de 69% », souligne encore le ministre.
La souveraineté industrielle, enjeu stratégique pour le Maroc
Et Ryad Mezzour de poursuivre : « Investir est compliqué chez nous. La relation avec l’administration, même si elle s’est améliorée, reste très compliquée. Il a donc fallu, pour pouvoir attirer ces gens qui allaient nous apporter de la technologie et nous ouvrir les marchés parce que les nôtres étaient encore frileux pour le faire, créer un environnement pour les accueillir. Nous avons créé ce que nous appelons les zones d’accélération industrielle, où on a mis en place un espace, qui n’est pas seulement un espace d’avantages fiscaux mais qui s’annonce également comme un espace d’avantages administratifs ; c’est-à-dire que nous avons délégué le pouvoir régalien de l’Etat, même en termes d’autorisations de construire aux développeurs de la zone. Ce qui fait qu’aujourd’hui, quand en Allemagne il faut trois ans pour construire une usine, à Tanger on met cinq à sept mois. »
« Les Marocains n’ont pas que des bras, ils ont également des cerveaux. De manière non engageante, on se fixe un objectif, celui d’intégrer 1.500 ingénieurs vers la fin de 2023. Nous avons fini, sur l’écosystème Stellantis, avec 4.500 ingénieurs en 2023, soit trois fois plus que ce qui était prévu. Dans l’écosystème automobile, on est presque à 10.000 ingénieurs qui font de la recherche et de l’innovation. Le Maroc commence désormais à être reconnu comme une destination de talents », ajoute le ministre.
« Reste la prime commerciale, c’est ça l’enjeu de la souveraineté. Pour l’instant, tout ce qu’on fait est vendu par d’autres, d’où l’enjeu de la souveraineté qui commence d’abord par amener au maximum de la souveraineté en termes de pouvoir de décision. On a amené de l’attractivité, on a amené des talents et de la compétitivité… Maintenant, il faut amener de la décision. Il faut commencer à produire sa propre décision et à conquérir ses propres marchés. C’est là que la politique commerciale commence à devenir quelque chose d’important. On doit donc aller chercher le troisième étage du développement industriel, qui est le développement commercial, connaître nos clients, pouvoir planifier nos propres réponses aux besoins de clients et planifier le processus de la production, qu’il soit chez nous ou ailleurs », conclut Ryad Mezzour.
Cette nouvelle usine aura pour principale activité le traitement thermique des pièces aéronautiques, automobiles et mécaniques.
D’une superficie de 2.200 m², elle est dotée d’équipements de dernière génération. Le montant de son investissement s’élève à 21 millions de DH.
Le traitement thermique est un procédé métallurgique qui permet de transformer la structure cristallographique de ces pièces et d’augmenter ainsi considérablement leur durée de vie et leur résistance aux différentes contraintes mécaniques.
“C’est un projet pionnier porté par une société marocaine. Son activité à haute valeur ajoutée apporte un maillon fort et essentiel dans la production et la maintenance des pièces dans les secteurs phares de l’industrie marocaine, et contribue au développement de la filière ‘aéro-moteur’ que le Royaume ambitionne de dynamiser. Le tissu industriel local gagne en expertise en intégrant ces nouveaux métiers, en adéquation avec les priorités stratégiques nationales de développer en profondeur les écosystèmes aéronautiques et automobiles”, a déclaré le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, à cette occasion.
Ce site est équipé de fours dotés des technologies les plus avancées. Il assurera la réalisation des traitements thermiques suivants :
– La trempe sous haut vide, visant à renforcer les caractéristiques mécaniques des pièces afin qu’elles soient résistantes à la traction, à la rupture, à l’usure et à la fatigue. Ce type de traitement est réalisé grâce à un four vertical conforme à la norme aéronautique AMS 2750F trempant jusqu’à 10 bars de pression et pouvant chauffer jusqu’à 1.200°c.
– La nitruration et la nitrocarburation, qui permettent une résistance à l’usure grâce à la diminution du coefficient de frottement entre les composantes mobiles, une résistance à la compression et à la corrosion, ainsi que la préservation de l’aspect esthétique. Ces traitements sont réalisés à l’aide d’un four de nitruration gazeuse conforme à la norme aéronautique AMS 2750F.
– La cémentation basse pression et carbonitruration, qui apportent une résistance aux chocs, à l’usure abrasive, ainsi qu’une résistance mécanique en surface.
En introduisant au Maroc des techniques de pointe et des compétences de haut niveau, la SATT a pour ambition de contribuer à concrétiser la volonté des sociétés aéronautiques et automobiles implantées dans le Royaume d’intégrer les nouvelles exigences métallurgiques.
Par ailleurs, la SATT prévoit une extension et compte augmenter sa capacité de traitement par l’acquisition de nouveaux fours, très prochainement.