Électricité. L’ANRE amorce une révision de son cadre juridique et organisationnel

L’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) a été instituée en vertu de la loi n° 48-15 relative à la régulation du secteur de l’électricité et à la création de l’ANRE pour garantir le développement stratégique de ce secteur clé pour le Royaume.

Afin de consolider sa souveraineté énergétique, le Maroc ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à plus de 52% du mix électrique national à l’horizon 2027. Cette transition a favorisé une ouverture progressive à la concurrence et a rendu indispensable l’instauration d’un cadre de régulation adapté et indépendant.

Le mercredi 4 décembre 2024, lors de la nomination d’un nouveau président de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité, le Roi Mohammed VI avait donné ses orientations en faveur d’une refonte majeure de cette Autorité à travers un élargissement significatif de ses attributions, qui incluront, outre l’électricité, des secteurs stratégiques tels que le gaz naturel et les énergies nouvelles, à l’instar de l’hydrogène et de ses dérivés.

Cette restructuration permettra de couvrir toute la chaîne de valeur de l’énergie : production, stockage, transport et distribution.

L’étude commandée par l’ANRE vise ainsi à identifier les leviers de son repositionnement stratégique afin de s’affirmer comme un régulateur indépendant, performant et capable d’accompagner les profondes mutations du secteur énergétique. Elle porte également sur la refonte de son cadre juridique et organisationnel dans le but d’optimiser sa gouvernance, d’améliorer son fonctionnement opérationnel et de renforcer sa capacité d’adaptation aux enjeux et aux exigences du métier de la régulation.

L’estimation du coût des prestations est fixée à 3,9 millions de DH. Le délai d’exécution de l’étude est de 3 mois.

Énergie-ANRE. Un chantier royal pour doter le secteur d’une instance puissante et améliorer sa lisibilité réglementaire

Le secteur énergétique marocain en général – électrique en particulier – vit, depuis plusieurs années, au rythme d’une série de réformes qui vont dans le sens de la modernisation et de la libéralisation du marché. Il s’apprête à passer un nouveau cap en matière de régulation. Lors du dernier Conseil des ministres, tenu ce mercredi 4 décembre, le Roi Mohammed VI a donné des instructions pour se pencher sur une refonte de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE).

Le Souverain appelle à transformer cette instance en « Autorité nationale de régulation du secteur de l’énergie, à travers la révision de la loi y afférente et l’élargissement de ses attributions ». La nouvelle ANRE devra « englober, outre l’électricité, toutes les composantes du secteur de l’énergie, à savoir le gaz naturel, les énergies nouvelles telles que l’hydrogène et ses dérivés, ainsi que les domaines de production, de stockage, de transport et de distribution ».

L’objectif est de doter le Maroc « d’un outil institutionnel de régulation indépendant et plus puissant », affirment des sources interrogées par Médias24. C’est que le secteur de l’énergie marocain a connu d’importantes évolutions et s’apprête à en vivre de nouvelles, notamment avec l’ouverture du segment de la moyenne tension (MT) aux EnR, et donc aux privés, la montée en puissance des Sociétés régionales multiservices (SRM), l’arrivée d’importants projets dans l’hydrogène… pour ne citer que ces exemples.

« La trajectoire de la transformation du secteur énergétique marocain, grâce aux reformes et chantiers structurants menés sur instructions royales, fait que le secteur est arrivé à un stade de maturité nécessitant de repenser sa régulation pour la faire converger avec les meilleures pratiques internationales en la matière », contextualise notre source.

La vision sous-jacente à cette refonte est d’avoir une « régulation intégrée » de l’énergie, qui « permet de mieux prendre en compte les équivalences et complémentarités entre les systèmes énergétiques et d’accélérer la transition énergétique », ajoute notre interlocuteur.

L’ANRE a pour mission de s’assurer du bon fonctionnement du marché de l’électricité, mais avec des prérogatives limitées. Elle a actuellement pour rôle de :

– s’assurer de l’accès équitable au réseau électrique national de transport et aux réseaux électriques de la distribution ;

– fixer le tarif d’utilisation du réseau électrique national de transport et les tarifs d’utilisation des réseaux électriques de la distribution ;

– arbitrer les différends entre les utilisateurs des réseaux de transport ou de distribution et les gestionnaires concernés ;

– sanctionner en cas d’infractions avérées ;

– accompagner la mise en œuvre de la transition énergétique nationale ;

– approuver les règles et le tarif d’accès aux interconnexions.

Son intervention se limite donc à la régulation du transport de l’électricité. La refonte demandée par le Souverain devra élargir le champ de régulation et le périmètre d’action de l’ANRE de la seule électricité à l’ensemble des segments de l’énergie : électricité, gaz naturel, hydrogène… et à toute la chaîne de valeur : production, stockage, transport, distribution…

Cette réforme est une avancée que l’écosystème ne peut que saluer, car cela donnera une meilleure lisibilité réglementaire à un secteur aux multiples acteurs et intervenants.

Cette visibilité est d’autant plus importante que le Maroc est sur le radar de nombreux investisseurs internationaux qui projettent d’y investir dans les énergies renouvelables ou encore l’hydrogène.

Elle permettra également d’améliorer l’efficience du secteur et de l’ensemble de sa chaîne de valeur. « La réforme qui sera engagée capitalisera sur l’expérience récente de l’ANRE [3 ans d’activité, ndlr], qui se distingue par rapport à de nombreux pays comparables », assurent nos sources.

Zouhair Chorfi nommé président de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité

Conformément aux dispositions de l’article 49 de la Constitution et sur proposition du chef du gouvernement, à l’initiative de la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, le Roi Mohammed VI a nommé Zouhair Chorfi, président de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE). Cette nomination a été annoncée à l’issue du Conseil des ministres tenu ce mercredi 4 décembre.

ANRE, un nouveau cap, de nouvelles grandes missions

À cet égard, le Souverain a donné ses orientations pour se pencher sur une refonte de cette instance en vue de sa transformation en une Autorité nationale de régulation du secteur de l’énergie, à travers la révision de la loi y afférente, l’élargissement de ses attributions pour englober, outre l’électricité, toutes les composantes du secteur de l’énergie, à savoir le gaz naturel, les énergies nouvelles telles que l’hydrogène et ses dérivés, ainsi que les domaines de production, de stockage, de transport et de distribution, afin d’être en phase avec le niveau de maturité que le secteur de l’énergie a atteint dans notre pays, et en conformité avec les meilleures pratiques internationales dans ce domaine.

Ancien secrétaire général du ministère de l’Economie et des finances, Zouhair Chorfi a également occupé le poste de directeur général de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII). Il a aussi assuré plusieurs fonctions de responsabilités au sein du même ministère, notamment en tant que directeur du Trésor et des finances extérieures.