La Commission européenne dévoile mercredi 30 novembrei une panoplie de propositions pour réorganiser le marché de l'énergie, en particulier renouvelable, avec en ligne de mire les engagements pris au sein de l'Accord de Paris sur le climat.

Economies d'énergie, part des énergies renouvelables dans la production d'électricité, connexion au réseau, gouvernance: très attendue depuis plusieurs mois, la révision de pas moins de huit législations communautaires (1.000 pages) promet d'âpres négociations dans un secteur qui reste sensible pour les Etats membres.

Avec l'accord de Paris, l'UE s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici 2030. Mais elle s'est aussi fixé, en octobre 2014, deux autres objectifs: 20% d'énergies renouvelables dans la production d'électricité en 2020, puis au moins 27% en 2030. Et de 20% à au moins 27% pour les économies d'énergie dans les mêmes délais.

Dans la bataille pour la réduction des émissions de CO2, "les politiques les plus couronnées de succès ont été les énergies renouvelables et les économies d'énergie", a soutenu mardi le député européen des Verts Bas Eickhout, lors d'un point presse.

La régulation des industries lourdes au travers du marché européen du carbone (ETS) peine en effet à démontrer son efficacité, plombée par des surplus de quotas ayant fait chuter le prix de la tonne de carbone à des niveaux qui ne dissuadent pas vraiment les pollueurs.

"Avec le prix de gros de l'électricité en Europe, actuellement à ses niveaux les plus bas depuis des décennies, et qui continuent de se replier, attirer les investissements pour moderniser notre système électrique pose problème", admettait récemment le commissaire européen chargé de l'Action pour le climat, Miguel Arias Canete, lors d'un discours à l'institut Bruegel de Bruxelles.

Atteindre un pourcentage d'efficacité énergétique de 30% pourrait injecter 70 milliards d'euros (MM‎€) dans l'économie et créer 400.000 emplois, avait-il relevé. De son côté, le Parlement européen a appelé à plusieurs reprises l'UE à relever ce seuil à 40%.

Dans son paquet de propositions législatives présenté mercredi, qui promet d'être dense, la Commission s'attaquera donc à faciliter de nouvelles économies d'énergie, en suggérant par exemple d'étendre sa directive sur l'éco-conception à de nouveaux produits comme les bouilloires et les panneaux solaires ou en promouvant la performance énergétique des bâtiments.

(Avec AFP)