Mahmoud Abbas, vieillissant et affaibli par une contestation populaire et interne, a été réélu d'emblée à la présidence du Fatah, principal parti palestinien qui tenait mardi 29 novembre à Ramallah, en Cisjordanie occupée, son premier Congrès depuis sept ans.

Dès l'ouverture, les 1.400 membres ont voté pour reconduire -"par consensus" selon un porte-parole- M. Abbas, 81 ans et également chef de l'Autorité palestinienne et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), à la tête de leur parti.

Cette élection n'a pas suscité de débat. En revanche, celles, à partir de vendredi, des instances dirigeantes du Fatah, le Conseil révolutionnaire -80 membres élus et une quarantaine nommés- et le Comité central -18 membres élus et quatre nommés par le président-, s'annoncent plus serrées.

Leurs résultats donneront une idée du poids des différents courants au sein du Fatah, en proie à des divisions internes et au sein duquel M. Abbas tente d'écarter les voix dissonantes, notamment les partisans de Mohammed Dahlane, son principal opposant, qui vit en exil aux Emirats arabes unis, affirment des analystes.

A la mi-journée, des cadres, récemment écartés du parti, ont assuré avoir fait les frais de cette politique. Dimitri Diliani, élu au Conseil révolutionnaire lors du dernier Congrès en 2009 n'a pas été invité cette année avec des dizaines d'autres, parce que, dit-il à l'AFP, "nous portons une voix différente". Il comptait tenir avec d'autres dans un camp de réfugiés proche de Ramallah une conférence de presse, annulée après "des menaces, dont certaines de mort, des services de sécurité".

Jibril Rajoub, membre du Comité central venu des services de sécurité, reconnaît qu'une "erreur" a été commise vis-à-vis "des opposants et des dissidents" qui n'ont pas été invités. Il assure toutefois que "personne n'est visé" et que "la priorité est de tenir le Congrès".

Ce rassemblement doit, dit-il, avant tout permettre de revoir de fond en comble l'organisation du mouvement, fondé en 1959. "Le système des années 1960 ne marche plus en 2016", affirme-t-il à l'AFP.

"Il faut prendre en compte les circonstances actuelles: le système a été créé lorsque nous étions en diaspora et nous sommes maintenant sur le sol national".

(Avec AFP)