Le prochain président des Etats-Unis Donald Trump a annoncé jeudi 1er décembre qu'il entendait confier la tête du Pentagone au général à la retraite James Mattis, un militaire au franc-parler, surnommé "L'enragé".
James Mattis était l'un des "finalistes" pour ce poste crucial de la prochaine administration, alors que Donald Trump a promis d'intensifier la guerre contre les jihadistes du groupe Da'ech en Syrie et en Irak, deux théâtres d'opérations que le général connaît bien.
"L'enragé, il est excellent", a-t-il annoncé en surprenant les milliers de supporters venus le voir à Cincinnati, dans l'Ohio, l'un de ces Etats remportés par le républicain le 8 novembre dernier.
L'enragé ("mad dog") est le surnom de James Mattis, 66 ans, qui serait le premier ex-général à devenir secrétaire à la Défense depuis 1950. Donald Trump l'avait récemment encensé, se disant notamment "impressionné" positivement par sa position anti-torture.
La future administration Trump comptera donc au moins deux anciens généraux, avec Michael Flynn, nommé conseiller à la sécurité nationale. Une situation inédite, qui risque de faire lever quelques sourcils dans un pays qui, depuis ses origines, a toujours exigé un strict contrôle des militaires par le pouvoir civil.
Le Congrès devra en outre accorder une dispense à l'ex-général Mattis, une loi interdisant en effet aux anciens militaires de devenir secrétaires à la Défense pendant sept ans: une condition qui visait à sanctuariser la direction civile du ministère. Or, James Mattis a quitté l'armée en 2013 seulement.
La sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand a d'ores et déjà annoncé qu'elle refuserait de faire une exception pour le général Mattis. Mais celui-ci reste populaire auprès des parlementaires américains. C'est "un leader extraordinaire, qui suscite l'admiration rare et spéciale de ses troupes", a déclaré le sénateur républicain John McCain.
Trump menace de "conséquences" les entreprises quittant les Etats-Unis
Par ailleurs, Trump a prévenu jeudi que les entreprises américaines délocalisant pour élaguer leurs coûts de production en subiraient "les conséquences", lors d'une visite dans une usine de l'Indiana.
Elu sur la promesse de sauvegarder les emplois ouvriers sur le sol américain, il a choisi de se rendre dans cette usine, devenue cette semaine le symbole de la politique anti-délocalisations qu'il entend mener.
"Les entreprises ne vont pas continuer à quitter les Etats-Unis sans qu'il y ait des conséquences. C'est fini, ça. C'est fini", a lancé M. Trump, dans cette usine du fabricant de climatiseurs Carrier, dont il affirme avoir sauvé plus de 1.000 emplois en empêchant un transfert d'activité vers le Mexique. "Quitter le pays va être très, très difficile" pour les entreprises, a-t-il prévenu.
Carrier a annoncé mardi 29 novembre renoncer à son projet de délocalisation de cette usine du nord des Etats-Unis, affirmant sur Twitter avoir "conclu un accord avec le président élu". Puis, dans un communiqué, elle a précisé que les "incitations proposées par l'Etat (de l'Indiana) ont joué un rôle important" dans sa décision.
"L'Etat de l'Indiana a offert à Carrier un package pluri-annuel de 7 millions de dollars, assorti de conditions en matière d'emploi, de maintien des postes de travail et d'investissement financier", a précisé jeudi la filiale du géant United technologies.
Selon les médias américains, elle va bénéficier d'allègements fiscaux pendant dix ans.
(Avec AFP)