Elections anticipées, gouvernement "technique", réforme des lois électorales: le monde politique italien se prépare à l'après-Matteo Renzi, le chef du gouvernement, qui a reporté sa démission le temps d'assurer l'adoption du budget mercredi 7 décembre.

Après le non massif des Italiens au référendum constitutionnel dimanche, M. Renzi, 41 ans, s'était rendu lundi 5 décembre dans la soirée auprès du président de la République, Sergio Mattarella, 75 ans, pour présenter la démission de son gouvernement.

Mais M. Mattarella lui a demandé de reporter sa démission, le temps d'assurer l'adoption définitive du budget 2017, dans l'intérêt du pays et afin de calmer les craintes en Europe.

La loi de finances, adoptée par la Chambre des députés, doit encore l'être au Sénat, ce qui pourrait être chose faite dès mercredi. M. Renzi devrait alors retourner dans la foulée confirmer sa démission.

Les chefs des groupes parlementaires du Sénat ont décidé d'entamer la discussion mercredi dès 9h30 (8h30 GMT), afin de procéder au vote de confiance à partir de 13h30 (12h30 GMT) environ.

Le chef de l'Etat pourrait entamer des consultations pour déterminer la voie à suivre, dès jeudi 8 ou vendredi 9 décembre.

Mais sans attendre ce délai, les forces politiques fourbissent déjà leur armes.

A l'exception de Mario Monti, ancien chef du gouvernement et sénateur à vie, toute la classe politique est, officiellement, favorable à des élections anticipées, après le camouflet subi par M. Renzi.

Ce dernier s'est d'ailleurs bien gardé de renoncer à son poste de secrétaire-général du Parti démocrate (PD, centre-gauche). Une explication est prévue mercredi matin au sein du parti, que la campagne du référendum a profondément divisé.

Des figures du PD qui avaient appelé à voter non, essentiellement des "frondeurs" de la gauche du parti, relèvent la tête et n'entendent pas se laisser dicter leur conduite par un Matteo Renzi affaibli.

Mais les partisans de Matteo Renzi ne baissent pas les bras. Son bras droit, Luca Lotti, a posé lundi les termes du débat: "On a gagné avec 40% (aux élections européennes de juin 2014), on repart avec les 40%" de oui au référendum.

(Avec AFP)