Donald Trump s'est choisi mercredi 7 décembre pour ambassadeur à Pékin le gouverneur de l'Iowa Terry Brandstad, un "vieil ami de la Chine" qui devrait rassurer ce pays, cible de multiples attaques du futur président américain, en attendant la nomination du secrétaire d'Etat.
Parallèlement à ces nominations, le milliardaire s'efforce de concrétiser sa promesse de rapatrier des milliers d'emplois partis dans des pays où la main d'œuvre est bon marché. Il a ainsi évoqué mercredi une discussion avec Apple pour construire une "très grande usine" aux Etats-Unis.
Depuis des mois, Donald Trump s'en prend régulièrement à la Chine, l'accusant notamment de concurrence déloyale dans le domaine commercial. Il a aussi rompu la semaine dernière avec 40 ans de tradition diplomatique en parlant au téléphone avec la présidente de Taïwan. Les Etats-Unis, pour ne pas froisser Pékin, n'entretiennent aucune relation diplomatique avec l'île.
La diplomatie chinoise a salué M. Branstad, 70 ans, comme un "vieil ami", espérant qu'il contribuerait "au développement des relations bilatérales".
Soutien de Trump de la première heure, Terry Brandstad connaît effectivement le président chinois Xi Jinping depuis des années: les deux hommes se sont rencontrés lors d'un précédent mandat de M. Branstad comme gouverneur de l'Iowa, en 1985, lors d'une visite dans cet Etat du Midwest de M. Xi, à l'époque simple responsable provincial chinois.
Redevenu gouverneur en 2011, M. Branstad s'est depuis rendu plusieurs fois en Chine. Il a organisé en 2012 un dîner dans l'Iowa pour M. Xi, peu avant que ce dernier ne devienne président.
Parmi les missions de l'ambassadeur: aider Trump à tenir ses promesses sur l'emploi en poussant les industriels chinois à investir aux Etats-Unis.
Le géant japonais des télécommunications SoftBank a déjà promis mardi 6 décembre d'investir pas moins de 50 milliards de dollars (MM$) aux Etats-Unis. Mercredi, le géant chinois de la sous-traitance électronique FoxConn, qui assemble notamment les smartphones d'Apple, a confirmé mener, avec des responsables américains, "des discussions préliminaires" sur un investissement qui "représenterait une expansion de nos activités américaines".
Donald Trump espère aussi rapatrier une partie de la production d'Apple aux Etats-Unis. Interviewé par le magazine Time qui l'a couronné mercredi "personnalité de l'année" 2016, le magnat de l'immobilier a assuré en avoir parlé à Tim Cook, le patron de la firme californienne, en lui disant: "C'est mon ambition de voir Apple construire une grande usine" aux Etats-Unis, "la plus grande et la meilleure".
La nomination de M. Branstad s'ajoute à la douzaine de personnes déjà désignées pour l'administration Trump, même si on ignore encore qui prendra l'influent poste de chef de la diplomatie. La nomination, a-t-il assuré, devrait intervenir "la semaine prochaine".
(Avec AFP)