Les migrants ont réussi à forcer les portes en au moins deux points de la barrière de six mètres de haut entourant Sebta, a précisé à l'AFP un porte-parole de la préfecture.
Les autorités marocaines de la préfecture de M’diq-Fnideq confirment cette information et précisent que l’assaut a été mené par 400 personnes, qualifiées de migrants d’origine sub-saharienne.
La même source précise que les forces de l’ordre ont mis en échec cette tentative et que leur intervention s’est soldée par 40 blessés légers, 20 du côté des forces de l’ordre et 20 du côté des assaillants. 300 migrants ont été interpellés.
Par ailleurs, les autorités espagnoles n'ont pas donné de chiffre définitif, près de 20% d'entre eux n'étant pas encore localisés en début de matinée, selon des déclarations du ministre de l'Intérieur, Juan Ignacio Zoido en marge d'un déplacement à Bruxelles.
"Il faut remonter au début des années 2000 pour atteindre ce genre de chiffres", a néanmoins assuré à l'AFP un porte-parole de la préfecture.
Le secrétaire d’Etat à la Sécurité, José Antonio Nieto, a d'ailleurs annoncé un déplacement à Sebta et une conférence de presse à 13h30 (12h30 GMT).
La Croix-Rouge affirme avoir soigné 103 migrants, dont 25 ont été transférés à l'hôpital pour des blessures sans gravité lors de l'assaut, essentiellement des points de suture.
Deux gardes civils espagnols ont aussi été blessés lors du passage, emportés par le flot de personnes, a assuré le porte-parole de la préfecture.
Les images publiées par El Faro de Sebta montraient des dizaines d'hommes, certains torse nu ou pieds nus, déambulant en poussant des cris de joie dans les rues de la ville.
Certains étaient visiblement blessés, victimes d'écorchures aux pieds ou à la tête. D'autres images montrent des migrants encore perchés, dans la matinée, en haut de la double clôture.
La dernière entrée massive remonte au 31 octobre, quand près de 220 migrants avaient franchi deux portes d'accès de la barrière de Sebta lors d'un "assaut" similaire qui avait fait 35 blessés, dont trois gardes civils.
Carmen Echarri, la directrice du journal, a déclaré à l'AFP que les forces de l'ordre des deux côtés de la frontière avaient semblé débordées, alors que les migrants ont donné l'assaut en dix points différents de la haute barrière, équipés de cisailles et d'objets tranchants. "Tout le monde a été surpris", a-t-elle ajouté en précisant que les syndicats policiers côté espagnol demandent des renforts depuis des mois.
Des organisations de défense des droits de l'homme épinglent régulièrement l'Espagne pour le traitement réservé aux migrants a Sebta et Melilia.
Les migrants, sans-papiers pour la plupart, prennent le risque de traverser la barrière pour atteindre le centre de séjour temporaire pour étrangers (CETI), où ils peuvent en principe présenter une demande d'asile.
Entre début janvier et le 30 septembre 2016, quelque 10.800 migrants ont atteint l'Espagne par voie terrestre ou maritime, selon l'Organisation internationale des migrations.
(Avec MAP/AFP)