Le député néerlandais populiste Geert Wilders a été reconnu coupable, vendredi 9 décembre, de discrimination pour avoir promis "moins de Marocains" aux Pays-Bas, mais a été relaxé au titre d'incitation à la haine au terme d'un procès qui a accru sa popularité à quelques mois des législatives.

Sur Twitter, Geert Wilders a qualifié le jugement de "complètement cinglé", ajoutant que les trois juges "haïssent le PVV", son parti pour la Liberté.

Le PVV est en tête des sondages avant le scrutin de mars et si les élections se tenaient aujourd'hui, il deviendrait le premier parti du pays, avec 34 sièges.

Le député, à qui aucune peine n'a été infligée, va interjeter appel du verdict de culpabilité, a annoncé son avocat.

Connu pour ses positions anti-islam, le politicien était poursuivi pour des propos tenus lors d'une soirée après des élections municipales en mars 2014 à La Haye. Il avait demandé à ses militants s'ils voulaient "plus ou moins de Marocains dans (leur) ville et aux Pays-Bas".

Face à une foule scandant "Moins! Moins! Moins!", il avait répondu dans un sourire: "Nous allons nous en charger".

Le député a "isolé un groupe entier de citoyens sans faire de distinctions", ont affirmé les juges. "Ces déclarations peuvent être regardées comme une atteinte à la dignité de ce groupe, c'est insultant pour l'ensemble de ce groupe".

Les juges ont cependant estimé ne pas avoir "suffisamment de preuves" pour pouvoir reconnaître le député à la chevelure peroxydée de 53 ans coupable d'incitation à la haine.

Geert Wilders, qui n'était pas présent à la lecture du jugement, n'écopera pas d'amende, ont décidé les juges, alors que le parquet avait requis une sanction de 5.000 euros.

(Avec AFP)