La banque centrale américaine (Fed) a décidé mercredi 14 décembre de relever de nouveau ses taux d’intérêt face à l'amélioration de la conjoncture aux Etats-Unis, à un mois de l'entrée en fonction du président élu Donald Trump.
A l'issue d'une réunion de deux jours à Washington, son comité monétaire (FOMC) a annoncé une hausse d'un quart de point de son taux directeur qui évoluera désormais dans une fourchette comprise entre 0,50 et 0,75%, au risque d'entraîner une hausse du coût du crédit aux Etats-Unis.
Il y a tout juste un an, la Fed avait procédé à son premier relèvement en près de dix ans, mettant ainsi fin à la politique des taux zéro mise en place après la crise de 2008 pour soutenir la reprise économique et fluidifier le crédit.
Elle avait, depuis, renoncé à resserrer davantage sa politique monétaire, invoquant tour à tour la morosité économique à l'étranger, les bas prix pétroliers, les remous liés au Brexit britannique ou l'imminence de l'élection présidentielle américaine du 8 novembre.
Comme l'attendaient les marchés, le FOMC, qui se réunissait pour la première fois depuis l'élection de M. Trump, semble désormais convaincu de détenir les "preuves supplémentaires" de l'amélioration de la conjoncture américaine, qu'elle attendait pour passer de nouveau à l'action.
Sa décision, prise à l'unanimité de ses dix membres, reflète ainsi les "conditions actuelles et à venir du marché du travail et de l'inflation", justifie son communiqué.
Le taux de chômage a continué sa décrue aux Etats-Unis pour tomber en octobre à son plus bas niveau en neuf ans (4,6%), se rapprochant de l'objectif du plein emploi au coeur de la mission de Fed. "Les gains d'emplois ont été solides au cours des récents mois", note le FOMC dans son communiqué.
L'inflation annuelle continue par ailleurs de remonter très progressivement vers le seuil de 2%, l'autre objectif de la Fed, qui table désormais sur une inflation annuelle de 1,9% pour l'année prochaine.
Signe supplémentaire de ce regain d'optimisme, la Fed a également revu à la hausse mercredi ses prévisions de croissance économique aux Etats-Unis, notamment en 2017, où le produit intérieur brut devrait progresser de 2,1%.
Certaines faiblesses subsistent toutefois, notamment l'investissement des entreprises qui reste "faible", déplore le FOMC dans son communiqué, qui note toutefois que les dépenses des ménages, moteur de la croissance américaine, ont "augmenté".
(Avec AFP)