Plus de 3.000 personnes ont pu quitter le secteur rebelle d'Alep assiégé par le régime syrien avant le vote attendu d'une résolution de l'ONU, qui permettrait de superviser ces évacuations, dernière lueur d'espoir pour des milliers de civils menacés par la faim et le froid.

La reprise des évacuations, suspendues vendredi 16 décembre par le régime, n'a pas été officiellement annoncée lundi 19 décembre mais, sur le terrain, les convois semblaient reprendre de manière continue.

Selon Ahmad al-Dbis, chef d'une unité de médecins et de volontaires qui coordonnent les évacuations, environ 3.000 personnes sont en effet arrivées lundi matin en territoire contrôlé par les insurgés, à l'ouest de la deuxième ville de Syrie, dans deux convois de chacun une vingtaine de bus.

Il a expliqué avoir vu, dès l'aube, des familles emmitouflées dans plusieurs couches de manteaux descendre des bus et se rassembler à même le sol sur un terrain sale alors que des travailleurs humanitaires distribuaient des bouteilles d'eau minérale.

Ces gens "avaient dû attendre plus de 16 heures" à un check-point du régime sans pouvoir sortir des bus, a indiqué Ahmad al-Dbis. "Ils n'avaient pas mangé, n'avaient rien à boire, les enfants avaient pris froid et ils n'avaient pas même pu aller aux toilettes".

Environ 350 personnes avaient déjà été évacuées, dimanche 18 décembre dans la soirée, vers cette même localité de Khan al-Assal, d'après M. Dbis.

Parallèlement à l'évacuation de lundi matin, 500 personnes ont pu quitter deux localités chiites prorégime assiégées par les rebelles dans la province d'Idleb (nord-ouest), voisine de celle d'Alep, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Dimanche soir, une vingtaine de bus s'apprêtaient à entrer dans ces localités de Foua et Kafraya quand ils ont été attaqués et incendiés par des hommes armés issus de la mouvance jihadiste. Un chauffeur a trouvé la mort.

Ce grave incident avait entraîné le report de la reprise des évacuations des insurgés et des civils du réduit rebelle d'Alep, qui était attendue en soirée parallèlement à une opération similaire à Foua et Kafraya.

Pour rappel, environ 8.500 personnes, selon l'OSDH, avaient pu être évacuées d'Alep avant que les opérations ne soient interrompues, jeudi 15 décembre, en raison de divergences sur le nombre de personnes à évacuer de ces deux localités chiites prorégime.

Une fois les évacuations terminées à Alep, le régime syrien devrait proclamer la reprise totale de la ville, signant sa plus importante victoire dans la guerre sanglante qui déchire le pays depuis 2011 et qui a fait plus de 310.000 morts.

A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer (14h00 GMT) sur un nouveau projet de résolution visant à garantir le bon déroulement des évacuations des civils et rebelles de la métropole du nord de la Syrie.

A l'issue de longues consultations à huis clos dimanche, les 15 membres du Conseil de sécurité sont parvenus à un compromis pour amender un texte présenté par la France et auquel la Russie menaçait d'opposer un veto.

(Avec AFP)