La cour d'appel fédérale de San Francisco a rejeté dimanche l'appel formulé la veille au soir par le ministère américain de la Justice contre une décision prise par un juge de Seattle.

Elle a ainsi maintenu cette décision du magistrat James Robart. Il avait émis vendredi 3 février une injonction temporaire qui a effet sur l'ensemble du territoire américain, bloquant le décret présidentiel le temps qu'une plainte déposée il y a une semaine soit examinée.

Infligeant un nouveau camouflet à Donald Trump, la justice a confirmé que les ressortissants de sept pays musulmans, visés par le texte controversé, pouvaient continuer de rentrer aux Etats-Unis. Mais la brèche pourrait se refermer rapidement.

"Je n'arrive pas à croire qu'un juge mette notre pays en pareil péril. Si quelque chose arrive, tenez-le pour responsable ainsi que le système judiciaire. Les gens affluent. Mauvais!", a tweeté le président Trump.

"J'ai donné l'instruction au département de la Sécurité intérieure de contrôler les personnes arrivant dans notre pays TRES ATTENTIVEMENT. Les tribunaux rendent la tâche très difficile!", a-t-il ajouté.

La décision du juge Robart eu pour effet dès samedi 4 février de rouvrir les frontières américaines aux ressortissants d'Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen, ainsi qu'aux réfugiés.

"Bienvenue à la maison"

Dans le détail, la cour d'appel a demandé aux Etats de Washington et du Minnesota, à l'origine de la plainte déposée le 30 janvier dernier contre le décret qui a engendré une vague d'indignation planétaire, de fournir des documents étayant leurs demandes avant 23h59 heure locale dimanche (lundi 07H59 GMT). Elle a également donné au ministère de la Justice jusqu'à lundi après-midi pour apporter de nouveaux arguments à l'appui de sa requête.

Avec l'épée de Damoclès d'un retournement de situation dans ce bras de fer politico-judiciaire qui a des répercussions aux quatre coins de la planète, les immigrants embarquaient en nombre sur des vols à destination des Etats-Unis.

Quelque 60.000 visas, suspendus par ce texte, ont également retrouvé leur validité, selon la diplomatie américaine.

Et de nombreuses compagnie aériennes, dont Air France, acceptent de nouveau les ressortissants des sept pays visés.

La Maison Blanche, toutefois, entend vite refermer la brèche légale dans laquelle s'engouffrent de nombreux migrants et remporter le combat judiciaire, quitte à multiplier les appels ou porter l'affaire devant la Cour suprême.

(Avec AFP)