L’atonie du marché se confirme jour après jour. Le MASI continue en effet d’effacer ses gains annuels. Face à cela, comment se comportent les petits porteurs ?

Contacté par LeBoursier, Rachid El Rhana, administrateur du forum des petits porteurs estime que "la période post-publication des résultats des sociétés cotées est souvent caractérisée par un manque de dynamisme. Le marché réagit plus avant la publication des résultats et les cours intègrent bien à l’avance les éléments qui y sont liés".

Selon lui, "les investisseurs qui viennent pour investir à la lumière des résultats se basent spécialement sur les données fondamentales des sociétés cotées afin de prendre des positions. Ils prennent plus de temps pour se décider, contrairement aux spéculateurs qui sont plus réactifs". 

"Sell in may"

Pour M. El Rhana, L’adage boursier qui dit «Sell in May and go away» (Vendez en mai et partez, ndlr) "se vérifie très bien sur le marché actuellement". Le mois de mai est donc généralement caractérisé par une stagnation. 

Il ajoute: "Pendant cette période, les investisseurs institutionnels réduisent leur intervention sur le marché. Cela impacte la tendance boursière ainsi que les volumes". 

Face à cela, et "avec la baisse des cours et de la volumétrie, les petits porteurs se mettent automatiquement en position vendeur".

Grosso modo, "c’est une période creuse qui permet aux investisseurs de réfléchir pour tracer leur stratégie d’investissement et faire une recomposition des portefeuilles", estime-t-il.

Quid de la confiance des petits porteurs ? 

"A court terme, on est confiant. Néanmoins, on n’a pas de visibilité sur le long-terme", souligne notre interlocuteur. 

Selon lui, ce manque de visibilité est causé par "l'inefficacité" de plusieurs acteurs du marché.

"Si le marché n’inspire pas confiance, ce n’est pas vraiment à cause de la situation économique et financière des sociétés cotées. C’est le manque de communication de celles-ci qui pose problème". 

"Les institutions censées garantir la visibilité et la transparence sur le marché ne fonctionnent pas comme il le faut", pense-t-il.

"L’épargne n’est pas vraiment protégée ; les droits des petits porteurs ne sont pas bien défendus ; la mesure qui concerne les publications trimestrielles tarde à entrer en vigueur ; les sites officiels des institutions financières ne sont pas bien alimentés, encore moins mis à jour… Ce sont autant d’éléments qui réduisent la visibilité et qui dégradent la confiance des investisseurs en bourse", déplore-t-il. 


Mouvement du boycott : Quel impact sur les petits porteurs ?

Rachid El Rhana nous confirme que ce mouvement de boycott qui cible trois entreprises précises sème un peu la panique chez les petits porteurs. 

Dans le contexte actuel, "plusieurs valeurs s’avèrent sensibles et dégagent un risque que le petit porteur doit prendre en compte dans ses décisions".

Notre interlocuteur insiste sur le fait que face à cette conjoncture, "le petit porteur doit privilégier la sécurité, puis la liquidité et enfin le rendement", conclut-il.