Pour les 5 premiers mois de l’année, le crédit bancaire continue de décélérer puisqu’il n’a progressé que de 2,5% en glissement annuel, atteignant plus de 831 MMDH, selon les dernières statistiques monétaires publiées par BAM.

Cette timide hausse est expliquée notamment par le recul de 5% des crédits de trésorerie, traduisant le resserrement de la politique de crédits de la part des banques étant donné le déséquilibre de la structure financière des entreprises. Ceci en raison de l’importance du BFR des compagnies entrainé principalement par l’allongement des délais de paiement.

Le retrait des crédits de trésorerie est conjugué à une baisse de 4,7% des créances diverses sur la clientèle ainsi qu’à la faible progression des crédits immobiliers (+3,4%). Les crédits à l’équipement, quant à eux, ont enregistré une hausse de 13,7% en glissement annuel.

D’un point de vue secteurs institutionnels, ce qui ralentit le crédit bancaire au Maroc ce sont les prêts au secteur privé dont l'évolution n’est que de +2,6% contre +22,3% pour le secteur public.

Il convient de noter que les créances en souffrance ont enregistré une hausse de 3,7% en glissement annuel, pour s’établir à plus de 65 MMDH à fin mai 2018.

Une progression des dépôts toujours plus importante que celle des crédits

En face, les dépôts bancaires continuent de progresser d’une manière plus importante que les crédits. Ils ont affiché une croissance de 5,5% au terme de ces 5 premiers mois de l’année en glissement annuel, pour atteindre 891,5 MMDH. 

Cette croissance est portée par la hausse de 7,7% des dépôts à vue conjuguée à une quasi-stagnation des comptes à terme (-0,6%).

Dans les détails, les dépôts collectés auprès des sociétés non financières privées ont progressé de 7,7%. Pour les dépôts à terme, ceux-ci ont connu une baisse de 6%.

Pour les particuliers et marocains résidents à l’étranger, les dépôts à vue ont enregistré une progression de 8,3% et les comptes d’épargne ont crû de 5,5%. Par contre, les dépôts à terme ont connu un retrait de 2,1%.

Notons que les dépôts en devises de cette catégorie ont enregistré une hausse de 18,4%.

Par ailleurs, seuls les dépôts à vue et les comptes d’épargne des entrepreneurs individuels ont reculé de 2,5% et 5,8% respectivement. En revanche, les comptes à terme relatifs à cette catégorie ont progressé de 9,3%.

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