A fin 2017, les émissions de dette privée ont connu une hausse importante aussi bien pour les sociétés financières que non financières, selon le dernier rapport annuel de Bank Al-Maghrib, présenté par le gouverneur Abdellatif Jouahri devant le Roi ce 29 juillet.

En effet, après une diminution de 11,2% en 2016, les émissions de titres de dette privée ont marqué un accroissement notable de 52% à 76,7 MMDH, dont la part du lion est accaparée par les sociétés financières.

Celles-ci ont levé un montant total de 60,4 MMDH, dont 52 MMDH par les banques, en hausse de 41,5%, et 8,4 MMDH au lieu de 4,1 MMDH par les autres sociétés financières.

Par instrument, un montant de 39 MMDH  a été émis via des certificats de dépôt à des taux globalement plus élevés qu’en 2016, allant de 2,4% pour les maturités de 32 à 92 jours, à 3,5% pour celles de plus de 5 ans.

Pour leur part, les émissions de bons de sociétés de financement se sont chiffrées à 7 MMDH contre 3,9 MMDH en 2016, et celles d’obligations ont poursuivi leur hausse entamée en 2014 pour atteindre 14,3 MMDH, dont 13 MMDH au profit des banques.

Ci-après le détail des émissions de la dette privée et ce depuis l'année 2013.

Pour leur part, les sociétés non financières ont recouru au marché pour un montant de 16,3 MMDH après 9,5 MMDH en 2016. Les émissions obligataires sont passées de 5,2 MMDH à 10,6 MMDH et celles de billets de trésorerie de 4,4 MMDH à 5,7 MMDH.

Tenant compte des remboursements, l’encours de la dette privée a progressé de 10,5% à 177,7 MMDH.

Les levées du Trésor en quasi-stagnation

Pour leur part et sur la même année, les levées du Trésor sur le marché intérieur ont légèrement baissé de 0,6%, à 110,7 MMDH, «dans un contexte d’atténuation de ses besoins de financement», selon le rapport.

Ces levées ont principalement porté sur des maturités moyennes à hauteur de 56%, celles de court et long termes ont en représenté 23% et 21% respectivement.

Pour ce qui est des taux assortissant ces émissions, après une tendance baissière depuis 2014, ils ont connu globalement une stagnation à 2,8% en moyenne. Par maturité, les taux ont augmenté de 10 points de base pour celles à 52 semaines, de 4 points pour les bons à 2 ans et de 15 points pour ceux à 5 ans. A l’inverse, une baisse de 17 points de base a été enregistrée pour les titres à 30 ans.

Tenant compte des remboursements d’un montant de 84 MMDH, l’encours des bons du Trésor est ressorti à 516,7 MMDH à fin 2017, en hausse de 5,4%. Sa structure reste dominée par les maturités longues avec une part de 58% contre 37% et 5% respectivement pour celles moyennes et courtes.