Lors d’une Assemblée Générale Ordinaire des détenteurs d’obligations de Maghreb Steel qui vient d’avoir lieu, ceux-ci ont validé le projet de crédit de cofinancement de la société, d’un montant de 225 MDH.

Il s’agit d’un crédit contracté auprès de la Caisse Centrale de Garantie (CCG) dont 25 MDH sont financés par les banques.

Contactée par LeBoursier, une source sûre explique que c’est le renchérissement des prix de la matière première qui a fait naître ce besoin de financement de la société. Ceci a clairement pesé sur l’activité de Maghreb Steel, d’après notre interlocuteur.

Le recours à la CCG s'explique par la réticence des banques commerciales à avancer de nouveau de l'argent au sidérurgiste marocain.

Notre source nous confirme que cet emprunt n'est pas destiné à rembourser une partie des anciens crédits de la société. Il s’agit d’un fonds de roulement pour lui permettre de s'approvisionner.

Pour information, le remboursement de l’un des créanciers de Maghreb Steel nécessite l’accord de tous les autres étant donné les difficultés de la société.

En plus du ralentissement de la demande locale et mondiale, Maghreb Steel affirmait faire face à une concurrence "rude" des produits trucs et espagnols importés à des prix bas. L’entreprise a vu, depuis ce temps-là, son activité et ses marges reculer.

S'ajoute à cela les investissements lourds de la société réalisés à contre-cycle et financés par endettement.

Mais c'est surtout le modèle économique qui est critiqué dans le secteur. 90% des coûts proviennent de deux intrants que le Maroc ne produit pas: l'électricité et la ferraille (ou le fer).

Pour rappel, Maghreb Steel avait malgré tout investi un montant de 5,7 MMDH, en 2012, pour un complexe sidérurgique comprenant Aciérie et laminoirs à chaud, financé en grande partie par un consortium composé de 6 banques marocaines.

Les accords de restructuration, rééchelonnement des dettes par les banques, refinancement sur le marché, mesures de défense commerciale de l’Etat n’ont pu sauver l’entreprise jusqu’à présent ne semblent pas suffisants pour remettre l'entreprise sur les rails.

Le 31 juillet, le ministère du commerce et de l'industrie a ouvert une enquête visant à proroger les mesures de sauvegarde appliquées en faveur de Maghreb Steel depuis 2015. Ces mesures de sauvegarde rechérissent le coût des matières premières pour plusieurs secteurs industriels marocains alors que leurs concurrents étrangers continuent à s'approvisionner au prix international, donc au meilleur prix.

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