Pendant le premier semestre de l’année en cours, BMCE Bank of Africa a vu ses indicateurs financiers baisser, impactés par plusieurs éléments conjoncturels, selon le top management du groupe qui s’est expliqué lors de la conférence de présentation des résultats, organisée le lundi 1er octobre 2018.

Pour rappel, voici les principaux indicateurs financiers à fin juin 2018:

Source: LeBoursier – Données: BMCE 

Selon le groupe, la contre-performance doit être située dans un contexte de marché international peu favorable qui a impacté des filiales à l’étranger. 

"Nous ne parlons que de six mois d’activité", a insisté le top management en rappelant que le groupe a réalisé malgré tout un résultat net de 1,6 MMDH.

Il a également souligné "la nécessité d’aligner la stratégie commerciale de la banque aux différentes réglementations imposées par Bank Al-Maghrib et par les régulateurs de la zone UEMOA [Union économique et monétaire ouest-africaine, ndlr]".

Driss Benjelloun, directeur général délégué en charge des finances et risques du groupe, a donné l’exemple de "la réduction de 12% du portefeuille obligataire et bons de trésor chez BMCE BoA, entre le 30 juin 2017 et le 30 juin 2018, du fait du changement de la réglementation dans cette zone".

Et de continuer: "la BCEAO [la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, ndlr] a limité le refinancement adossé à des titres publics ou privés à hauteur de deux fois les fonds propres".

Concernant les changements de la réglementation au Maroc, il a fait référence à l’application de l’IFRS 9

Dans le détail, l’impact de la FTA (First Time Application) de l'IFRS 9 s'est traduit par un montant brut de 3,6 MMDH, en augmentation des provisions, avec un impact net global de -2,6 MMDH sur les capitaux propres, dont -1,6 MMDH en part de groupe. Ce montant global intègre le provisionnement des engagements interbancaires, des engagements clientèle et des titres de dettes.

Un impact supplémentaire de 3,1 MMDH, essentiellement des provisions sur les créances saines et sensibles, a été constaté après l’application de la norme IFRS 9, soit un stock de provisions de 13 MMDH, en hausse de 36% par rapport à 2017 en IAS 39.

>> Lire aussi : BMCE Bank: résultats en repli au premier semestre 2018

Face à la baisse des capitaux propres, le Top management du groupe a annoncé qu’une augmentation de capital au profit des salariés de la banque est envisageable. Néanmoins, la décision reste entre les mains des actionnaires. 

Le secteur immobilier demeure "très rentable"

L'exposition de la banque sur le secteur immobilier suscite des inquiétudes. A ce titre, le top management confirme : "BMCE Bank a une part très significative de crédits dédiés au secteur", a indiqué Mfadel Lahlaissi, directeur général délégué en charge de la banque de l'entreprise.

"Les encours de la banque sont de l’ordre de 120 MMDH. Sur ce total, plus de 40 MMDH sont affectés au secteur immobilier", a-t-il précisé en ajoutant que les efforts de financement du secteur sont poursuivis.

M. Lahlaissi estime que "l'immobilier est un secteur rentable et sécurisé" et que "la promotion immobilière est une activité génératrice d’emplois, de richesses et de croissance économique".

Il souligne que "ce qui a eu lieu par le passé [crise du secteur immobilier, ndlr] c’est l’inadéquation de l’offre par rapport à la demande ou la mauvaise gestion de certains projets immobiliers", affirme-t-il. 

Selon lui, "la rentabilité est de l’ordre de 30% sur des projets immobiliers qui se réalisent dans des délais normaux, par exemple, s’il s’agit d’un simple lotissement, la durée normale du projet est de deux ans".

D’après M. Lahlaissi, "si les projets sont bien gérés ils réalisent 25% à 30% de bénéfice net".

D’une autre part, "La banque est sécurisée parce que non seulement elle déteint des garanties mais en plus les crédits qui sont distribués dans la formule financement de la Promotion immobilière suivent une logique basée sur l’état d’avancement du projet. Cela veut dire que la banque débloque l’argent selon l’état d’avancement des projets", a-t-il précisé.

Qu’en-est-il de la transformation digitale de BMCE BoA ?

BMCE Bank poursuit sa mue digitale à travers le déploiement d’un programme décliné en douze chantiers. (Voir schéma ci-dessous)

Source: BMCE

En face, l’arrêt des ouvertures des agences physiques n’est pas vraiment envisageable par le groupe. "Il y a des endroits où la présence physique est nécessaire", estime Brahim Benjelloun Touimi, directeur général de BMCE Bank.

Pour sa part, Mounir Chraibi, directeur général délégué de BMCE Bank, a souligné durant la conférence que la banque va "passer du modèle physique vers un modèle qui fournit des services distants".

Historiquement, et selon M. Chraibi, la banque consacrait un budget de 200 MDH aux technologies, dont 25% étaient au digital. Dans les 2 à 3 prochaines années, la banque compte consacrer 50% du budget d’investissement de la technologie au volet digital, soit 100 MDH par an.