Le locataire de la Maison Blanche a une nouvelle fois refusé de se prononcer sur l'éventuelle responsabilité dans cet assassinat du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, 33 ans, mettant en avant les dénégations de ce dernier.
Vendredi, depuis la Californie, il a assuré qu'un "rapport complet" sur ce dossier lui serait remis dans les jours à venir.
"Nous avons l'enregistrement, je ne veux pas l'écouter car c'est un enregistrement de souffrance", a-t-il déclaré dans un entretien à Fox News diffusé dimanche 18 novembre.
"J'ai été intégralement briefé, il n'y aucune raison pour que je l'écoute", a-t-il poursuivi. "Je sais exactement ce qui s'est passé, c'était très violent, très brutal et horrible".
Réfugié aux Etats-Unis après être tombé en disgrâce à Ryad, Jamal Khashoggi a été tué le 2 octobre par des agents saoudiens dans le consulat de son pays à Istanbul. Cette affaire au retentissement mondial a considérablement terni l'image du royaume.
L'Arabie saoudite a, à plusieurs reprises, changé sa version officielle sur ce qui était arrivé au journaliste une fois franchie la porte du consulat.
Mi-novembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait annoncé avoir partagé, notamment avec Ryad, Washington, Paris et Berlin, des enregistrements réalisés dans le consulat au moment du meurtre.
M. Erdogan a plusieurs fois affirmé que l'ordre de tuer M. Khashoggi avait été donné "aux plus hauts niveaux de l'Etat" saoudien. Il a écarté la responsabilité du roi Salmane, mais la presse et des responsables turcs anonymes ont incriminé son fils, le prince héritier Mohammed Ben Salmane, surnommé "MBS".
"MBS vous a-t-il menti?"
Selon le Washington Post et le New York Times, la CIA a conclu que "MBS" avait commandité l'assassinat de M. Khashoggi. Le département d'Etat a assuré samedi 17 novembre que les Etats-Unis n'avaient, à ce stade, abouti à aucune "conclusion définitive" sur les responsabilités dans ce meurtre.
Le prince, qui conteste toute implication, "vous a-t-il menti", a demandé le journaliste de Fox News au président des Etats-Unis?
"Je ne sais pas. Qui peut véritablement savoir?", a répondu M. Trump.
"Il m'a dit qu'il n'avait rien à voir avec cela. Il me l'a dit peut-être cinq fois, à différentes occasions, y compris il y a quelque jours", a-t-il ajouté.
Rappelant que les Etats-Unis avaient annoncé des sanctions financières ciblées contre des responsables saoudiens, il a aussi longuement insisté sur le fait que l'Arabie saoudite était un allié précieux.
"Je veux rester avec un allié qui, à de nombreux égards, a été excellent", a-t-il dit.
"Ils sont un allié véritablement spectaculaire en terme d'emplois et de développement économique", avait-il déjà souligné samedi. "Je suis président, je dois prendre beaucoup d'éléments en compte".
(Avec AFP)
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