La Bourse des valeurs de Casablanca, Maroclear et Finances News Hebdo ont organisé, ce vendredi 7 décembre à Casablanca, la quatrième édition du Meeting sur l’information financière, en partenariat avec le groupe Banque centrale populaire, le CIH, Atlanta, Thomson Reuters et Boursenews.
Ce rendez-vous annuel avait eu à aborder, lors des trois précédentes éditions, différents thèmes importants en phase avec l’évolution que connaît l’industrie financière dans le monde, en général, et au Maroc en particulier. Il s’agissaitt notamment de :
– La donnée financière au Maroc.
– La dématérialisation des marchés financiers.
– Les instruments financiers alternatifs.
Pour cette édition 2018, les débats ont porté sur l'intégration économique et convergence des marchés financiers en Afrique. Les participants qui ont pris part à cet événement ont échangé autour de la convergence des marchés financiers en Afrique comme étant un levier pouvant permettre une meilleure intégration économique.
A cette occasion, Karim Hajji, Directeur général de la Bourse de Casablanca, a souligné que ‘’l’Afrique est le continent le moins intégré économiquement et financièrement au monde. Le taux d’intégration en Afrique est de 4% seulement, alors qu’il est de 40% en Europe, 30% en Amérique latine et 25% en Asie’’.
Et de continuer : ‘’si les marchés financiers étaient intégrés sur notre continent, les montants levés seraient bien plus importants que ce qu’ils sont aujourd’hui. Nous sommes un continent où les marchés sont très fragmentés’’.
Le directeur général de la bourse de Casablanca estime qu’‘’afin que les marchés financiers puissent jouer ce rôle d’intégration, il doit y avoir une harmonisation réglementaire et monétaire du marché’’.
‘’La BVC est totalement engagée dans cet esprit’’, déclare M. Hajji tout en rappelant qu’il vient d’être désigné comme président de l’association African Securities Exchanges Association (ASEA).
Ceci dit,‘’l’un des projets phare de cette association porte sur l’interconnexion de cinq bourses africaines, à savoir celle de Johannesburg, Ile Maurice, Casablanca, Lagos, et de la BRVM [Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, ndlr]’’, indique-t-il.
Pour sa part, Badr Benyoussef, Directeur du Développement de la Bourse de Casablanca, trouve que ‘’l’intégration des marchés financiers africains est une nécessité comme la bancarisation des populations en Afrique. Il faut passer par la convergence des marchés pour pouvoir financer le développement du continent’’.
Et de continuer :’’ce défi demande un besoin de ressources financières énorme. Afin de canaliser l’épargne et la libérer au niveau local, il faut pouvoir utiliser tous les moyens, comme le secteur bancaire, mais pas uniquement : il faut pouvoir utiliser le marché financier dans sa globalité avec les Private Equity, les marchés boursiers, et l’ensemble des composantes de ce marché’’.
Pour lui, pour que le marché financier puisse s’intégrer de la manière plus efficace, il faut relever les défis suivants :
> L’harmonisation et la standardisation des réglementations, des règles comptables et des pratiques du marché. ‘’Il faut qu’on puisse avoir des pratique similaires qui ne soient pas discordantes’’ ;
> L’accessibilité et la visibilité des données : les données financières en Afrique ne sont pas suffisamment développées pour permettre aux investisseurs étrangers de connaître le marché africain ;
> La gouvernance : Au niveau de la prise de décision de l’investisseur, le volet de la gouvernance est primordial. ‘’Si on n’a pas une très bonne gouvernance, qui est en ligne avec les normes internationale, l’entreprise sera déclassée’’.
‘’Le marché des assurances africain regorge d’opportunités’’
Lors de son intervention, Hassan Boubrik, président de l'Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS), a déclaré que ‘’le marché des assurances africain regorge d’opportunités, notamment le dynamisme de la population africaine qui soutient l’augmentation de la consommation des services financiers’’.
Il a souligné également qu’‘’il y a un besoin extrêmement important pour l’investissement en infrastructures qui devrait s’accompagner d’un grand besoin en termes de couverture d’assurance’’.
‘’Et puis les nouvelles technologies permettent de s’affranchir des contraintes de développement de l’assurance classique‘’, continue-t-il.
‘’Sur le plan de la supervision et de la régulation, on assiste de plus en plus à des autorités plus indépendantes et plus modernes, qui ont une très grande expertise. Sous l’impulsion de ces autorités de régulation, le marché devrait se développer davantage’’, pense-t-il.
S’agissant des obstacles qui pourraient entraver le développement du marché financier africain, M. Boubrik trouve qu’‘’il y a quelques fragilités macroéconomiques importantes dans certaines régions africaines qui pourraient peser sur le développement du continent et ainsi ralentir la croissance des marchés financiers’’.
Le président de l’ACAPS trouve également que la multiplicité des assureurs sur le continent africain pèse un peu sur le développement du marché, dans le sens où ils doivent s’accaparer des petites parts de marché avec un chiffre d’affaires minime ce qui va limiter les investissements et le développement de l’activité.