Vieille de plusieurs décennies, la question continue de faire débat. « Sous-espèce vivant principalement dans l’Atlas, le léopard de l’Atlas a été annoncé, à tort, comme totalement disparu en 1995 par l’université de Cambridge », expliquait Le Matin en 2012. « Espèce très menacée, on l’a pensée éteinte dans les années 1990 jusqu’à ce qu’une équipe de zoologues en aperçoive une trentaine de spécimens’’, renchérissaient des confrères, l’année dernière. Reconnaissable à sa fourrure plus épaisse qui le prémunit contre le froid des montagnes, le majestueux félin vivait dans l’Atlas depuis l’antiquité. Est-ce encore le cas ? Rien n’est moins sûr.

Le dernier léopard

« Pour l’instant, tout ce qu’on peut dire, c’est que ça fait longtemps qu’il n’a pas été observé. Et il n’y a plus de traces de cette espèce. Puis, scientifiquement parlant, il n’y a pas eu de publications qui prouvent qu’il pourrait exister encore », nous dit, Zouhair Amhaouch, le chef de la division des parcs et réserves naturelles aux Haut-commissariat aux eaux et forêts. Et la dernière observation du dernier léopard de l’Atlas, appelé aussi léopard de barbarie, daterait « des années 1990 au parc d’Ifrane, dans la région d’Immouzer kandar », retrace la même source qui, prudente, précise que « s’il existe encore, il ne doit y avoir que des espèces erratiques. En tout cas, il n’existe pas en population viable. »

Encore une trentaine de spécimens?

En 2010, un chercheur espagnol jetait un pavé dans la marre, remuant les observations des Marocains. « Selon l’agence EFE, il existerait une trentaine de spécimens en liberté. C’est ce que révèle l’ouvrage « Le léopard de l’Atlas » (…) de Léon par le Pr Purroy. Ce dernier a précisé que cette découverte a fait grand bruit, notamment au sein de l’Union internationale de la conservation de la nature (UICN) et qu’il a fallu du temps pour réaliser la portée de cette découverte. Le zoologue espagnol a aussi révélé que les spécimens retrouvés vivent dans une altitude de 1.500 à 3.000 m et sur une superficie estimée à 4.000 kilomètres carrés », relayait le site ecologie.ma. Pour appuyer leur thèse, les « écologistes » vont jusqu’à déterrer un documentaire de France 5, diffusé en 2000, où le léopard de l’Atlas fait une brève apparition.

Réagissant à la publication du zoologue espagnol, le chef de la division des parcs et des réserves naturelles dit que « ce n’était pas crédible » car, il ne s’agissait pas « de photos réelles ». « D’ailleurs, souligne Zouhair Amhaouch, il n’a pas fait cela dans une publication scientifique. » Et quand bien même il existerait, il serait « soit éteint, soit dans un état critique ». D’autant que sa principale proie, la gazelle, a disparu elle aussi. « Il se nourrissait de beaucoup de choses: gazelles, singes, sangliers… Pour survivre, il s’adaptait », nous explique notre interlocuteur, qui ne perd pas espoir. D’ailleurs, nous apprend-il, l’espèce n’est toujours pas déclarée éteinte.