Devant la commission de contrôle des finances publiques à la Chambre des représentants, le directeur général de la Société d’études et de réalisations audiovisuelles « Soread 2M » a dressé, mercredi 11 novembre, un tableau pour le moins sombre de la situation financière de la société en crise depuis plusieurs années.

Sans contrat-programme depuis 2012, la Soread, dont 76% des parts sont détenues par l’Etat, cumule des pertes estimées à 873 millions de DH.

La publicité représente 95% des ressources de la société, avec une part de 70% du marché national grâce à sa part d’audience (33% en 2019), a relevé Salim Cheikh.

Un modèle économique qui « n’est plus viable » selon le DG, face à un marché publicitaire en berne. De plus, 10% des recettes sont versées au Fonds pour la promotion du paysage audiovisuel (5% pour la taxe d’écran et 5% pour la taxe de publicité).

Sur 20 ans, les subventions de l’Etat sont passées de 140 MDH, couvrant alors le tiers des charges, à 50 MDH actuellement (soit 5% des charges), a-t-il souligné.

Le service public coûte à la société de 400 à 450 millions de DH, alors que les charges s’élèvent à plus de 650 MDH.

« Limiter les pertes »

Insistant sur le respect du cahier des charges, en vigueur depuis 2012, Salim Cheikh a énuméré les efforts déployés pour limiter les effets de la crise, dont:

– la rationalisation des dépenses de la grille des programmes, à travers notamment la réduction des dépenses externes56% des programmes sont produits en interne, sachant que la production nationale coûte 8 fois plus cher que la production étrangère.

Entre 2003 et 2008, les dépenses ont connu une hausse de 12%. Durant les 10 dernières années, 2M a économisé 300 MDH.

– la réduction de près de 30% de la masse salariale, sur 9 ans, à travers les départs à la retraite et l’arrêt des recrutements depuis 2012. 2M compte actuellement un effectif de 520 salariés, contre 800 en 2011.

– l’amortissement des investissements: baisse de 70 MDH à 40 MDH actuellement.

– baisse de l’investissement dans les équipements techniques: le DG de 2M a évoqué le retard du passage à la Haute définition (HD) dont l’investissement ne dépasse pas 10 à 15 DH.

Malgré ces efforts, la situation est toujours fragile, admet le DG de la Soread dans l’absence d’un contrat programme pour encadrer le service.