« Nous ne sommes pas et nous n’avons jamais été spectateurs de ce qui se passe au Sahel », a dit le chef du gouvernement à l’ouverture des travaux de ce sommet qui se tient lundi et mardi (15 et 16 février) dans la capitale tchadienne.
« Comme vous, nous ne nous le permettons pas. Nous sommes solidaires de nos amis, les pays de la région, pour contrer cette menace qui nous touche directement », a-t-il ajouté.
Le Maroc continuera à apporter son soutien à la mise en place du Collège de défense du G5 Sahel à Nouakchott, et à former les officiers originaires des pays frères du Sahel dans ses instituts de formation militaire.
La lutte contre le terrorisme est également un combat sur le terrain des idées. Le Roi Mohammed VI veille à ce que le Maroc continue à former des imams issus de la région au sein de l’Institut Mohammed VI de formation des imams mourchidines et mourchidates, a rappelé le chef du gouvernement.
Par ailleurs, le Maroc renforcera son engagement dans la Commission climat pour la région du Sahel, créée à l’occasion du Sommet africain pour l’action climat, en 2016.
Augmenter le financement
« L’expérience a démontré que les approches exclusives sont inopérantes pour faire face aux dangers sécuritaires qui guettent la région, surtout au regard des défis que connaît l’espace sahélo-saharien en matière de sécurité et de développement », a souligné El Otmani, rappelant le discours du Souverain devant le Parlement tunisien en mai 2014, dans lequel il a notamment souligné qu' »il se berce d’illusion celui qui s’imagine qu’un Etat peut, à lui seul, venir a bout des problèmes liés à la sécurité et a la stabilité« .
« Ces défis multidimensionnels nous font mesurer l’importance non seulement de garantir un financement pérenne au G5, mais aussi de l’augmenter. Les promesses faites lors de la Conférence de coordination des partenaires et des donateurs pour le G5 Sahel, tenue en décembre 201, à Nouakchott, doivent être tenues », a dit le chef du gouvernement. Un effort financier supplémentaire de la communauté internationale est nécessaire, d’autant plus que la pandémie de la Covid-19 a gravement affecté les économies de tous les pays du G5 Sahel, avec une contraction de leurs PIB de l’ordre de 8 à 10%.
Pour le chef du gouvernement, la victoire durable sera sur le terrain du développement humain et la lutte contre le terrorisme se poursuivra sur les terrains politique, économique, social, intellectuel et humain, alors même que le Roi Mohammed VI tient à ce que l’action solidaire du Maroc se prolonge au-delà de l’urgence.
« Ce sont cette expérience et cette expertise que le Royaume se propose de partager avec ses pays frères du Sahel, par des actions concrètes », a-t-il dit.
Pour le chef du gouvernement, la frontière entre terrorisme, séparatisme et criminalité transnationales organisées se fait encore plus ténue, les interconnexions sont lucratives, et donc grandissantes et le butin se chiffre en centaines de millions de dollars.
La riposte immédiate contre le terrorisme est d’abord sécuritaire. Les groupes terroristes armés ne comprennent que le langage de la fermeté, a affirmé le chef du gouvernement, soulignant que l’engagement militaire des partenaires du G5 sahel doit se poursuivre et se renforcer.
(Avec MAP)