« Les objets numériques « NFT », nouvel eldorado des collectionneurs », titrait récemment une dépêche de l’Agence France-Presse (AFP). Il était notamment question de la plateforme Top Shot, où de nombreux internautes « se ruent pour acheter en ligne des séquences vidéos de matches de basket, symbole du succès fulgurant des objets virtuels « NFT » auprès des collectionneurs, des fans de sport aux amateurs d’art ».

Certaines séquences vidéos sont en effet des « NFT », pour « non-fungible token », ou jeton non fongible. Autrement dit, un objet virtuel à l’identité, l’authenticité et la traçabilité en théorie incontestables et inviolables, grâce à la technologie dite de la « blockchain », utilisée pour les cryptomonnaies telles le bitcoin, en plein essor.

Ces objets virtuels suscitent la curiosité et l’intérêt au point que Christie’s a été la première grande maison d’enchères à mettre en vente une oeuvre « NFT », « The First 5.000 Days » de l’artiste numérique américain Beeple.

Au Maroc en revanche, les collectionneurs et le public ne manifestent pas encore leur intérêt pour ces objets. « Certains artistes marocains font des expériences en utilisant l’univers digital, mais ils n’ont pas encore l’intérêt du public. Il y a toujours un décalage de vingt ou trente ans entre la pratique quotidienne d’un art et son acceptation par le public », indique à Médias24 Hicham Daoudi, propriétaire de la maison de ventes aux enchères CMOOA. « Ce n’est pas du tout d’actualité au Maroc ; c’est complètement hors scope. Même à l’avenir, je ne pense pas que cela puisse se développer car ces objets ne servent à rien et n’ont aucune valeur. En tout cas, on en est encore très, très loin au Maroc« , renchérit un autre acteur du secteur.