Le gouvernement fédéral a informé la commission de l’Intérieur du Bundestag (le parlement allemand) de cet achat lors d’une séance à huis clos, selon des sources parlementaires. Cette information corrobore plusieurs rapports publiés antérieurement par le journal allemand Die Zeit, relayé par Deutsche Welle (DW).
Le logiciel a été acheté dans le « plus grand secret », selon Die Zeit, et en dépit des hésitations exprimées par des avocats, car cet outil de surveillance peut effectuer bien plus d’actions que celles déjà permises par la législation allemande sur la protection de la vie privée. Cependant, certaines fonctions de la version achetée par le BKA auraient été bloquées pour éviter d’éventuels abus, ont indiqué des sources sécuritaires au journal Die Zeit.
Selon le Süddeutsche Zeitung, la vice-présidente du BKA, Martina Link, a confirmé aux législateurs que son organisation avait acheté le logiciel. Fin 2020, le BKA a acquis une version du logiciel antivirus Pegasus Trojan. Il a été utilisé, dès mars 2021, lors de certaines opérations relatives à la lutte contre terrorisme et le crime organisé.
La Cour constitutionnelle fédérale allemande a statué que les services de sécurité ne sont autorisés à utiliser des logiciels espions sur les téléphones portables et les ordinateurs des cibles de surveillance que dans des cas particuliers, et ne peuvent initier que certains types d’opérations.