La scène internationale vit une montée des tensions. Celles-ci se traduisent notamment par des hausses spectaculaires des prix de l’énergie et des denrées alimentaires.

Cette situation génère des incertitudes et complique la décision de placement en bourse à cause du manque de visibilité.

La bourse de Casablanca, à l’image des bourses mondiales, connaît une tendance baissière depuis l’invasion russe et les sanctions qui ont suivi. A rappeler que le marché casablancais connaissait une bonne évolution en début d’année.

Une petite correction technique à la hausse a été observée à la clôture de la séance de ce vendredi 11 mars.  A l’issue de cette séance, l’indice MASI a avançait de 0,45% à 12.623 points, portant ainsi baisse en YTD à 5,5%. Le MSI20, l’indice regroupe les 20 valeurs les plus liquides de la place, a gagné 0,57% à 1.018 points. Sa baisse en YTD s’est fixée  à 6,17%. Le volume global des échanges qui a accompagné ces évolutions s’est établi à 165,3 MDH drainés majoritairement par Attijariwafa Bank (19,2 MDH).

Evolution du MASI

Contacté par LeBoursier, un analyste de la place estime qu’il est « difficile d’anticiper l’évolution future des indices boursiers. On assiste pour le moment à un mouvement baissier expliqué évidemment par les tensions auxquelles on assiste sur l’échelle internationale. Cette période est ainsi caractérisée par une grande volatilité. Le marché continuera à être impacté par les nouvelles internationales ».

« Le MASI a lâché jusqu’à présent 5%. La baisse devrait se poursuivre en cette période. Mais on ne peut vraiment cerner le niveau que la baisse pourrait atteindre », pense notre analyste.

Sur le même registre, un membre du directoire d’une société de bourse de la place estime qu’ « il y a maintenant une forte volatilité sur le marché qui se traduit par une forte variation des cours des valeurs. La baisse ou la hausse du marché va dépendre du contexte international ».

Comment faut-il se comporter en bourse en cette période ?

Notre interlocuteur conseille aux investisseurs qui placent en bourse de se focaliser sur les fondamentaux des sociétés. «Il faut profiter des opportunités qui se présentent dans ce contexte. Quand il y a de fortes baisses sur le marché, il faut se baser sur les fondamentaux des valeurs en visant les valeurs qui sont solides. Elles peuvent continuer de baisser sur le court terme mais elles vont reprendre par la suite parce qu’elles sont fondamentalement solides. En même temps, il faut se débarrasser des valeurs qui sont surévaluées. Pendant les périodes de perturbations, ces valeurs sont le plus délestées par le marché ».

Dans le contexte actuel, deux secteurs sont à viser, d’après notre interlocuteur. Il s’agit des secteurs minier et des hydrocarbures.

«Le secteur minier va profiter du contexte actuel, qui va durer plus que prévu, suite à la hausse des cours des métaux de base et des métaux précieux. Cette crise a poussé les pays européens à repenser leur stratégie énergétique et surtout leur stratégie sur les métaux. Le secteur des hydrocarbures profite de la hausse des cours du pétrole actuellement. Mais cela ne devrait pas durer sur le moyen et long termes ».

En face, il faut éviter les secteurs du BTP et du ciment. « Pendant les périodes d’incertitude, le gouvernement aura d’autres priorités. Et on sait que le secteur public est un grand donneur d’ordre sur ces secteurs. L’État va revoir ses priorités en termes d’investissement et de budget. Ces secteurs pourraient donc souffrir encore plus de cette crise », pense notre interlocuteur.