Depuis le vendredi 6 septembre, le sud et le sud-est du Maroc, ainsi que les régions de l’Atlas, ont été sévèrement touchés par une « masse d’air tropicale extrêmement humide et instable ». Selon Lhoucine Youabd, chef de service de la communication de la Direction générale de la météorologie, cette situation est due à la « montée exceptionnelle du front intertropical vers nos régions du Sud ». Ce front est l’un des principaux systèmes météorologiques influençant le climat dans les zones tropicales et subtropicales.

Lhoucine Youabd a expliqué à Médias24 que les masses d’air tropicales, « caractérisées par une forte humidité et de fortes pluies », ont progressé vers le nord et ont rencontré des masses d’air froid qui en provenaient. Cette interaction a conduit à la formation de « nuages instables et violents », exacerbés par la concentration d’humidité. Ces conditions ont provoqué de violents orages et de fortes pluies, entraînant des inondations dans plusieurs régions du sud-est du pays et à l’est de l’Atlas.

« Les précipitations ont dépassé les volumes annuels de certaines régions »

Le relief montagneux a exacerbé les précipitations, les montagnes et les collines dirigeant l’eau vers les vallées et les bassins, augmentant ainsi le niveau des eaux, a ajouté Lhoucine Youabd. Les quantités des précipitations observées ont varié entre 50 et 250 mm durant cette période, représentant environ « la moitié des précipitations annuelles de la région ».

Vendredi dernier, plus de 47 mm de pluie ont été enregistrés à Ouarzazate en moins de trois heures. Les précipitations ont également été importantes sur une période de 24 heures, du samedi à 6 heures du matin au dimanche à 6 heures. Les quantités mesurées étaient de 170 mm à Tagounite, dans la province de Zagora, et de 90 mm à Mhamid El Ghizlane. 83 mm ont été enregistrés à Figuig, et 84 mm à Boulehach, tandis que dans la province de Tiznit, 80 mm ont été mesurés à Afella Ighir et dans la province d’Errachidia. Ces précipitations exceptionnelles ont représenté environ « la moitié des précipitations annuelles de la région », et dans certaines zones, elles sont allées jusqu’à dépasser les quantités annuelles habituelles.

Au cours du week-end du 7 au 8 septembre, de faibles pluies ont également été observées dans le nord-ouest du pays. Samedi, les précipitations ont été de 18 mm à Tanger, 8 mm à Tanger-Port, 7 mm à Essaouira, 3 mm à Larache et Safi, 2 mm à Agadir, Nador et Settat, 1 mm à Casablanca, Kénitra, Taroudant et Tétouan, et moins de 1 mm à Mohammédia, Taza, Chefchaouen, Al Hoceïma, Ifrane, Tit Mellil, Rabat, Taourirt, Salé et Meknès.

Pourquoi le nord du pays a-t-il été épargné ?

Contacté par Médias24, le climatologue Mohamed Saïd Karrouk a expliqué pourquoi le nord du Maroc n’a pas été touché par les fortes pluies qui ont affecté le sud du pays. Selon lui, « le nord du pays n’a pas été concerné par ce phénomène car cette région reste sous l’influence des perturbations polaires. »

Il a également fait observer que, bien que ces conditions météorologiques puissent sembler prometteuses, elles ne signifient pas pour autant que la sécheresse est terminée, soulignant que « la sécheresse ne pourra être atténuée que par un retour soutenu à des niveaux de précipitations normaux pendant les périodes habituelles. »

Le climatologue a toutefois évoqué la tendance actuelle, notant qu' »une poussée d’air polaire se dirige du nord vers l’ouest de l’Europe et la Méditerranée ». Cependant, il reste prudent quant à la durée de ce phénomène, affirmant qu' »il est encore incertain si ce phénomène persistera ou s’il ne constituera qu’une manifestation temporaire au début de l’automne ».