Following the rains, total water reserves in Moroccan dams stabilized at 5.2 billion cubic meters, or 31.06% of capacity. That marks a 1.76% rise from a year earlier.
Since November 10, the rains have brought about 27 million cubic meters, which represents only a 0.26% increase in the total stock.
After the latest rains, several Moroccan cities saw record 24-hour totals (on Thursday, November 13): 25 mm in Tanger, 32 mm in Benslimane, 31 mm in Rabat. Yet this surge has not translated into a meaningful boost for dam reserves.
Cumulative rainfall between September 29 and November 19 has been heavier along the coasts than inland. Casablanca has already received more than 50 mm, while Marrakech has logged 6.3 mm. Several mountain regions have also seen their first snowfalls.
Evolution of water reserves by hydrological basin
Since November 10, 2025, dam reserves by basin show that the Tensift and Souss-Massa have driven most of the gains in water stocks.
In less than 20 days, filling rates rose from 36.6% to 43.6% in Tensift and from 16.1% to 19.33% in Souss‑Massa.
The Sebou basin posted the biggest decline, with reserves down about 5 million cubic meters between November 10 and 17. Yet given its vast capacity, the drop is marginal, only 0.1% of the filling rate.
To gauge the impact of recent rainfall, we compared changes in the main dams with last year and with October levels.
Médias24
Evolution of dam reserves
Although the impact has yet to fully materialize, the rains ended a steady decline in dam stocks seen since August.
Médias24
Sidi Mohammed Ben Abdellah Dam (near Rabat)
With a capacity of 974 million cubic meters, the Sidi Mohammed Ben Abdellah Dam, now connected to the Sebou basin, has risen from 35% to 63%. Over the past ten days, however, reserves dropped by 28 million cubic meters. The dam supplies Rabat, Casablanca, and nearby regions.
Sidi Mohammed Ben Abdellah Dam – Evolution from Oct. 3 to Nov. 19, 2025
Sidi Mohammed Ben Abdellah Dam – Evolution from Nov. 18, 2024 to Nov. 19, 2025
Al Wahda Dam
Al Wahda, Morocco’s largest reservoir, saw resources fall 3% year‑on‑year. In the past ten days, the dam lost 8 million cubic meters.
Al Wahda Dam – Evolution from Nov. 18, 2024 to Nov. 19, 2025
Al Wahda Dam – Evolution from Oct. 4 to Nov. 19, 2025
Idriss I Dam
Near Fes, the Idriss I Dam, with a capacity of 1.13 billion cubic meters, rose from 26% to 33% year‑on‑year. Resources have remained stable over the past ten days.
Idriss I Dam – Evolution from Oct. 2 to Nov. 19, 2025
Idriss I Dam – Evolution from Nov. 22, 2024 to Nov. 19, 2025
Bin el Ouidane Dam
Located in an agricultural region and a driver of national tourism, the Bin el Ouidane Dam has been hit hard by years of drought.
Compared with last year, reserves have edged up from 5.8% to 14%, though still below usual levels. In the past ten days, the dam shed 300,000 cubic meters.
Bin El Ouidane Dam – Evolution from Oct. 2 to Nov. 15, 2025
Bin El Ouidane Dam – Evolution from Nov. 18, 2024 to Nov. 15, 2025
Ahmed El Hansali Dam
Upstream of Al Massira, the Ahmed El Hansali Dam, with a capacity of 668 million cubic meters, remains in critical condition.
In the past ten days, it lost 1% of its volume, or 7 million cubic meters.
Al Massira’s situation is even more alarming, with reserves still below 2% of capacity.
Ahmed El Hansali Dam – Evolution from Nov. 22, 2024 to Nov. 19, 2025
Ahmed El Hansali Dam – Evolution from Oct. 3 to Nov. 19, 2025
Mohammed V Dam
As the region’s largest dam, Mohammed V has seen its reserves plunge from about 60% to 18% year‑on‑year. In the past ten days, it lost roughly 2 million cubic meters.
Mohammed V Dam – Evolution from Oct. 3 to Nov. 19, 2025
Mohammed V Dam – Evolution from Nov. 20, 2024 to Nov. 19, 2025
Southeast Dams
In the Southeast, dams such as Hassan Addakhiland Kaddoussa have benefited from more favorable weather than other regions. Still, in the past ten days, the two shed about 1 million cubic meters.
Kaddoussa Dam
Kaddoussa Dam – Evolution from Nov. 21, 2024 to Nov. 19, 2025
Hassan Addakhil Dam
Hassan Addakhil Dam – Evolution from Nov. 21, 2024 to Nov. 17, 2025
Barrages : malgré les récentes pluies, l’impact sur les réserves reste relatif
Les récentes précipitations généralisées sur le Maroc ont redonné l’espoir d’une amélioration significative de la situation hydrique, notamment dans les barrages, ce qui pourrait relancer une saison agricole qui peine à bien démarrer pour la huitième année consécutive.
Après le passage de cet épisode pluvieux, les réserves totales en eau des barrages marocains se sont stabilisées à 5,2 milliards de mètres cubes, soit 31,06% de la capacité totale, constituant une augmentation de 1,76% par rapport à la même période l’année dernière.
L’impact des récentes précipitations sur les réserves des barrages reste ainsi limité. Alors qu’elles ont permis d’apporter environ 27 millions de mètres cubes depuis le 10 novembre, cela ne représente qu’une hausse de 0,26% du stock total.
À la suite du dernier épisode pluvieux, plusieurs villes ont enregistré des records de précipitations en 24 heures (le jeudi 13 novembre) : 25 mm à Tanger, 32 mm à Benslimane, 31 mm à Rabat. Cependant, cet apport d’eau ne s’est pas encore traduit par une amélioration significative des réserves des barrages.
En effet, le bilan pluviométrique cumulé entre le 29 septembre et le 19 novembre révèle que les précipitations ont été plus abondantes sur les côtes que dans l’arrière-pays. Par exemple, la ville de Casablanca a déjà reçu plus de 50 mm de pluie, tandis que des villes intérieures comme Marrakech n’ont enregistré que 6,3 mm. Par ailleurs, plusieurs régions montagneuses ont connu leurs premières chutes de neige.
Évolution des stocks hydriques par bassin hydrologique
L’examen des évolutions des barrages par bassin par rapport au 10 novembre 2025 montre que les bassins du Tensift et du Souss-Massa ont principalement contribué à l’augmentation des stocks hydriques.
Ces deux bassins ont ainsi vu leur taux de remplissage passer, en moins de 20 jours, de 36,6% à 43,6% pour le bassin du Tensift, et de 16,1% à 19,33 % pour le bassin du Souss-Massa.
La plus importante baisse a été enregistrée dans le bassin du Sebou, dont le taux de remplissage de ses barrages a perdu environ 5 millions de mètres cubes entre le 10 et le 17 novembre. Cependant, en raison de sa grande capacité, cette baisse n’est pas significative, constituant seulement 0,1% de son taux de remplissage total.
Pour mieux mesurer l’impact des récentes précipitations, nous avons choisi de comparer l’évolution des principaux barrages par rapport à l’année dernière et par rapport au mois d’octobre dernier.
Médias24
Évolution des stocks hydriques par barrage
Bien que leurs impacts ne soient pas encore pleinement concrétisés, ces précipitations ont marqué la fin d’une période de diminution progressive des réserves des barrages depuis août dernier.
Médias24
Barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah (environs de Rabat)
D’une capacité de 974 millions de mètres cubes, le barrage de Sidi Mohammed Ben Abdellah bénéficie désormais de l’interconnexion avec le bassin du Sebou. Par rapport à l’année dernière, il affiche une nette amélioration, passant de 35% à 63%. Durant les dix derniers jours, les réserves de ce barrage, qui constitue la principale source d’approvisionnement en eau pour Rabat, Casablanca et leurs régions, ont perdu 28 millions de mètres cubes.
Évolution du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah
entre le 3 octobre 2025 et le 19 novembre 2025
Évolution du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah entre le 18 novembre 2024 et le 19 novembre 2025
Barrage Al Wahda
Constituant le plus grand réservoir hydrique du Maroc, les ressources du barrage Al Wahda ont légèrement diminué de 3% par rapport au même jour de l’année dernière. Durant les dix derniers jours de l’année, ce barrage a perdu 8 millions de mètres cubes.
Évolution du barrage Al Wahda entre le 18 novembre 2024 et le 19 novembre 2025
Évolution du barrage Al Wahda entre le 4 octobre 2025 et le 19 novembre 2025
Barrage Idriss Iᵉʳ
Aux environs de Fès, le barrage Idriss Iᵉʳ, d’une capacité de 1129,562 millions de mètres cubes, a relativement progressé, passant de 26% à 33% par rapport à l’année dernière. Durant les dix derniers jours, les ressources sont restées stables.
Évolution du barrage Idriss Iᵉʳ entre le 2 octobre 2025 et le 19 novembre 2025
Évolution du barrage Idriss Iᵉʳ entre le 22 novembre 2024 et le 19 novembre 2025
Barrage de Bin el Ouidane
Se situant dans une région agricole et constituant un moteur du tourisme national, le barrage de Bin el Ouidane a été fortement impacté par les dernières années de sécheresse.
Par rapport à l’année dernière, ses réserves se sont progressivement améliorées, passant de 5,8% à 14%, bien qu’il reste en dessous de ses réserves habituelles. Durant les dix derniers jours, le barrage a perdu 300.000 mètres cubes.
Évolution du barrage Bin El Ouidane entre le 2 octobre 2025 et le 15 novembre 2025
Évolution du barrage Bin El Ouidane entre le 18 novembre 2024 et le 15 novembre 2025
Barrage Ahmed El Hansali
Situé en amont du barrage Al Massira, le barrage Ahmed El Hansali, d’une capacité de 668 millions de mètres cubes, se trouve également dans une situation critique.
Les réserves affichent cependant une légère amélioration par rapport à l’année dernière, avec une augmentation d’environ 5% à 9%, soit un volume supplémentaire de 60 millions de mètres cubes stockés.
Toutefois, la tendance récente est à la baisse : au cours des dix derniers jours, le barrage a perdu 1% de son volume total, ce qui représente une diminution de 7 millions de mètres cubes.
Quant au barrage Al Massira, sa situation demeure alarmante : ses réserves n’atteignent toujours pas 2% de sa capacité totale.
Évolution du barrage Ahmed El Hansali entre le 22 novembre 2024 et le 19 novembre 2025
Évolution du barrage Ahmed El Hansali entre le 3 octobre 2025 et le 19 novembre 2025
Barrage Mohammed V
Constituant le plus grand barrage de la région, le volume stocké dans le barrage Mohammed V a fortement diminué par rapport à l’année dernière, passant d’environ 60% à 18%. Durant les dix derniers jours, le barrage a consommé environ 2 millions de mètres cubes.
Évolution du barrage Mohammed V entre le 3 octobre 2025 et le 19 novembre 2025
Évolution du barrage Mohammed V entre le 20 novembre 2024 et le 19 novembre 2025
Les barrages du Sud-Est
Dans le Sud-Est, les barrages, notamment Hassan Addakhil et Kaddoussa, ont bénéficié d’une situation météorologique plus favorable que dans d’autres régions. Durant les dix derniers jours, les deux barrages ont toutefois perdu environ 1 million de mètres cubes.
Barrage Kaddoussa
Évolution du barrage Kaddoussa entre le 21 novembre 2024 et le 19 novembre 2025
Barrage Hassan Addakhil
Évolution du barrage Hassan Addakhil entre le 21 novembre 2024 et le 17 novembre 2025
Pénurie hydrique. L’impact sévère du réchauffement climatique sur les cours d’eau
L’impact des changements climatiques s’intensifie. En raison de sa position géographique au nord du Grand Sahara, le Maroc subit des phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents, dont le plus dévastateur est la sécheresse.
Sa fréquence a considérablement augmenté : le pays est passé de 5 épisodes de sécheresse en 40 ans (1940-1979) à 10 épisodes en seulement 22 ans (1980-2002). Aujourd’hui, le Maroc est impacté par sept années consécutives de sécheresse, qui entravent considérablement son développement socio-économique.
Lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, tenue ce mardi 14 octobre 2025 et portant sur la politique gouvernementale de l’eau, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, a précisé : « Nous en sommes à la septième année consécutive de sécheresse. Nous abordons probablement déjà une huitième. Les apports hydriques enregistrés depuis le début de la saison, soit du mois de septembre jusqu’à aujourd’hui, ne dépassent pas les 160 millions de mètres cubes. Nous sommes donc dans une situation critique, même si l’année dernière a connu une amélioration relative par rapport aux années précédentes».
En plus des projets de mobilisation des eaux non conventionnelles en cours de développement, notamment la station de dessalement, Nizar Baraka a rappelé l’importance des barrages pour réduire le déficit hydrique exceptionnel que connaît le Maroc.
Le pays a ainsi achevé la construction de six barrages durant les trois dernières années et prévoit de finaliser, à l’horizon 2027, onze grands barrages, quatre barrages moyens et 155 barrages collinaires.
Une année 2024 en demi-teinte : le mirage de l’amélioration face aux séquelles de la sécheresse
Durant la saison dernière (septembre 2024 à mai 2025), le bilan hydrique du Maroc a présenté une image contrastée. Après un début de saison prometteur, marqué par des précipitations supérieures à la normale dans l’est du pays, les mois de novembre, décembre et janvier se sont révélés particulièrement secs. La tendance ne s’est inversée qu’à partir de la mi-février, avec un retour significatif des pluies en mars et avril 2025.
La pluviométrie moyenne enregistrée sur l’ensemble du territoire s’est élevée à 112 mm. Ce chiffre masque une autre réalité : s’il représente un excédent de 85,4 % par rapport à la saison précédente, marquée par une sécheresse intense (60,5 mm), il reste déficitaire de 18,4 % par rapport à la normale (1991-2020). Ce déficit se confirme au niveau national, atteignant un total de 20 %.
Au niveau des bassins, la situation est également négative pour la plupart des bassins hydrauliques, avec des baisses notables de -30 % dans le Tensift et -22 % dans le Sebou. En revanche, le bassin de Guir-Ziz-Ghris fait figure d’exception, affichant une augmentation remarquable de +67 %.
De son côté, l’enneigement constitue une source importante pour alimenter les cours d’eau et également les nappes souterraines. Durant la saison précédente, les montagnes ont enregistré un enneigement significatif totalisant 45 jours de neige recensés dans le Grand Atlas et le Rif et une superficie couverte de 14.000 km².
Par rapport à 2024, les réserves des barrages ont légèrement augmenté pour atteindre le seuil de 40% en mai 2025, alors qu’aujourd’hui et malgré quelques précipitations disparates les réserves totales ne dépassent pas 32%, dont la moitié est stockée dans le bassin de Sebou et de Loukkous.
Impact du changement climatique sur les cours d’eau (étude scientifique)
Une étude scientifique récente, menée par une équipe franco-marocaine, a évalué l’impact des changements climatiques sur l’écoulement des cours d’eau dans le bassin supérieur de l’Oum Er Rbia, en amont du barrage Ahmed El Hansali.
Selon le scénario intermédiaire (RCP 4.5), les débits des rivières Oum Er Rbia, Srou et Ouaoumana, objets de cette étude scientifique, devraient connaître une réduction du débit annuel moyen allant de 16,2 % à 26 %.
Quant au scénario pessimiste (RCP 8.5), ces cours d’eau devraient connaître des baisses de débit pouvant atteindre 44 % d’ici 2100, tandis que les hausses de températures pourraient potentiellement doubler, atteignant des pics allant jusqu’à 100 %.
La réduction substantielle des précipitations annuelles et saisonnières aura un impact significatif sur l’approvisionnement en eau de ce bassin. Les projections indiquent une diminution progressive des apports : de 80 à 137 hm³ pour la période 2025–2050, de 136 à 191 hm³ pour la période suivante (2051–2075), et enfin, une baisse allant de 118 à 288 hm³ entre 2076 et 2100.
D’ici 2050, les débits des rivières Oum Er Rbia, Srou et Ouaoumana – qui sont des contributeurs essentiels à l’approvisionnement en amont du barrage – connaîtront une diminution notable durant l’hiver, la saison la plus cruciale pour la disponibilité en eau. Cette baisse, observée dans les deux scénarios climatiques, sera respectivement de 14,6 % à 19,3 % pour l’Oum Er Rbia, de 36,1 % à 41,7 % pour le Srou, et de 48 % à 50,8 % pour l’Ouaoumana.
D’ici 2100, la baisse des débits devrait atteindre un pic de 38,6 % pour l’Oum Er Rbia et d’environ 67 % pour les rivières Srou et Ouaoumana, entraînant des pertes en eau estimées à 58 hm³, 69 hm³ et 10 hm³ respectivement.
Bien que ces facteurs n’aient pas été modélisés dans cette étude, les auteurs estiment que d’autres facteurs, tels que les activités humaines (notamment la déforestation, l’intensification agricole et les mauvaises pratiques de gestion agricole) peuvent influencer significativement les régimes d’écoulement des cours d’eau.
Rappelons que le barrage Ahmed Al Hansali, tout comme celui d’Al Massira, est confronté à une baisse drastique de ses réserves. Actuellement, son taux de remplissage dépasse à peine les 16 %. Ce chiffre contraste fortement avec celui du 3 mai 2018, la dernière année, où le barrage était presque plein, affichant un taux de retenue de 97,7 % (soit environ 652,8 millions de mètres cubes).
Les projections climatiques sur la disponibilité des cours d’eau au Maroc
Développée par le World Resources Institute (WRI), la plateforme Aqueduct permet d’évaluer les risques liés à l’eau, tels que les inondations, les sécheresses et le stress hydrique. Elle s’appuie sur une méthodologie évaluée par les pairs, ainsi que sur les meilleures données disponibles, pour générer une modélisation fiable.
Au Maroc, le risque d’épuisement des ressources en eau est estimé très élevé sur l’axe Casablanca-Rabat, s’étendant vers l’est jusqu’à Béni Mellal, représentant la zone de plus grande vulnérabilité au Maroc. C’est une région qui concentre également une part majeure de l’activité agricole et industrielle du Maroc.
La pression sur les ressources hydriques est considérée comme élevée le long de l’axe Tanger-Larache, aux environs de Fès, ainsi que dans le sud d’Agadir vers Tiznit et Tafraout.
Le risque est classé de faible à moyen dans des régions comme la Chaouia, le Gharb, la côte méditerranéenne et le Sud-Est du pays. Enfin, une pression faible est observée dans la région de l’Oriental et sur l’axe Khénifra-Azilal.
La variabilité hydrologique dans les bassins marocains présente deux dimensions distinctes. D’une part, la variabilité saisonnière (fluctuations au cours de l’année) est considérée comme moyenne à élevée dans le bassin du Sebou, la Chaouia et le plateau des phosphates, mais faible dans la région s’étendant d’El Jadida à Safi, Benguerir, l’Oriental et une partie du Sud-Est.
D’autre part, la variabilité interannuelle (fluctuations d’une année sur l’autre) est jugée extrêmement élevée dans la région de Taroudant jusqu’à Sidi Ifni. Elle est élevée le long de l’axe côtier Agadir-Essaouira et Casablanca-Tanger, moyenne le long d’Oued Sebou et de la côte méditerranéenne, et faible à moyenne aux environs d’Ouarzazate.
La raréfaction croissante des ressources hydriques au Maroc confirme que la gestion du risque climatique ne peut plus être conjoncturelle mais structurelle.
Les programmes de mobilisation des eaux non conventionnelles, l’accélération des chantiers de barrages et la réutilisation des eaux usées constituent des leviers essentiels, mais ils devront être accompagnés d’une refonte des usages et d’une gouvernance intégrée des bassins.
AgriEdge supervise plus de 2 millions d’hectares grâce au digital (AgriTech)
La première question qui a nourri la réflexion pour aboutir à la naissance d’AgriEdge est : comment développer une agriculture de précision adaptée au contexte marocain et africain ? L’entreprise voit le jour en 2017 grâce à un programme entrepreneurial lancé au sein du groupe OCP.
AgriEdge est incubée à l’Université Mohammed VI Polytechnique. « Nous avons existé sous forme de département, travaillé avec des chercheurs de l’université. Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les laboratoires de l’établissement », relate Faissal Sehbaoui. Au fur et à mesure, un écosystème riche se crée.
En 2023, AgriEdge devient une filiale d’Innovx. Actuellement, l’entreprise est présente dans plusieurs pays africains. D’après son directeur général, elle supervise plus de 2 millions d’hectares grâce au digital, et est connectée avec 90.000 agriculteurs sur le continent.
AgriEdge permet d’optimiser la fertilisation en réduisant de 20% la quantité d’azote, et en améliorant de 24% le rendement de l’agriculteur.
Problématique de la data
Le secteur agricole, au niveau international, connaît une contrainte de disponibilité et de qualité de la data. En outre, en raison du changement climatique, les saisons ne se ressemblent plus.
« La data collectée l’année dernière ne va pas être utile pour cette année. Nous avons alors développé des modèles appelés modèles hybrides, leadés par cette ligne directrice du savoir-faire agronomique, amélioré avec l’IA, pour l’optimiser, booster sa performance », précise Faissal Sehbaoui.
En novembre 2024, AgriEdge lance l’initiative « Ask for AgWater ». Celle-ci vise à révolutionner les pratiques d’irrigation en intégrant des technologies de pointe dans la gestion opérationnelle, tactique et stratégique de l’eau au niveau de l’exploitation.
« Nous devons avoir une approche écosystémique pour favoriser l’adoption d’outils digitaux sur l’eau. Avec cette initiative, nous travaillons sur la vulgarisation, la formation de tout ce qui est nouvelles technologies concernant la gestion de l’eau”, précise le directeur général de la filiale d’Innovx.
L’initiative vise 10.000 agriculteurs et 200 cadres, dont des agronomes, afin de les former et de les sensibiliser à la valeur ajoutée que peuvent créer les nouvelles technologies dans la gestion de l’eau au niveau d’une ferme agricole.
AquaEdge
L’une des premières solutions à voir le jour chez AgriEdge se nomme AquaEdge. Cette dernière s’appuie « sur des images satellites, sur des capteurs et, grâce à l’intelligence artificielle, transforme toute cette data en recommandation agronomique.”
La recommandation est liée à la quantité d’eau nécessaire à la plante, au meilleur moment pour l’arroser, en vue d’optimiser chaque goutte d’eau d’une exploitation agricole donnée.
« Cette solution permet toujours aux agriculteurs de réduire jusqu’à 30% d’eau. Ce quantité est énorme dans un contexte de sécheresse. Cela permet à l’agriculteur d’aller jusqu’au bout de sa saison et de réduire sa facture énergétique”, déclare Faissal Sehbaoui.
Innovations
AgriEdge est à l’origine de deux innovations. La première, CarboEdge, aide l’agriculteur à calculer son empreinte carbone, mais également à la simuler. « C’est-à-dire que s’il souhaite investir dans les panneaux solaires, il peut effectuer une simulation sur cette plateforme et voir combien d’empreinte carbone il peut gagner”, explique Faissal Sehbaoui.
La deuxième innovation, Trial Edge, simplifie les essais agronomiques sur le terrain, à travers une plateforme de digitalisation des essais au champ. De la conception au reporting, TrialEdge permet de digitaliser les protocoles, de centraliser le suivi et la collecte des données. Cette innovation veut également consolider les essais agronomiques.
Retour des pluies et des neiges abondantes au Maroc : bilan et analyse
Le changement des conditions météorologiques au Maroc est dû à une évolution de la circulation atmosphérique, favorisant l’arrivée des perturbations atlantiques, explique la Direction générale de la météorologie.
Durant plusieurs mois, l’anticyclone des Açores s’est imposé sur la région, empêchant les systèmes pluvieux d’atteindre le pays, et la majorité des dépressions ont pris une trajectoire plus au nord, vers l’Europe. Cependant, ces derniers jours, avec l’affaiblissement de cet anticyclone et le renforcement du courant-jet polaire, une succession de dépressions atlantiques ont pu pénétrer les côtes marocaines, entraînant d’importantes précipitations et des chutes de neige sur les reliefs de l’Atlas, poursuit la DGM.
Ainsi, le déplacement des centres de haute pression vers le nord, en direction de l’Europe, a permis la formation de gouttes froides (cut-off lows) au large de l’Atlantique, qui se sont déplacées vers nos régions. Ce scénario est renforcé par l’évolution des conditions climatiques, notamment le passage à la phase négative de l’oscillation nord-atlantique (NAO) depuis le 28 février dernier, ainsi que l’activité de la phase huit de l’oscillation Madden-Julian (MJO), souvent associée à une augmentation de l’activité des dépressions et des précipitations dans le nord de l’Atlantique et le nord de l’Afrique.
Légère hausse par rapport à la saison précédente, Al Hoceima et Tanger grands bénéficiaires
Du 1ᵉʳ septembre 2024 au 6 mars 2025, la plupart des régions ont reçu davantage de pluies que l’année précédente à la même période, selon un calcul de Médias24 sur la base des données quotidiennes de 22 stations météo, livrées par la Direction générale de la météorologie.
Les données illustrent bien les fortes disparités pluviométriques qui ont marqué ces deux dernières années.
Avec 1.000,6 mm, Al Hoceima domine largement le classement des villes les plus arrosées entre le 1er septembre 2024 et le 6 mars 2025, contre seulement 87,6 mm l’année précédente.
Tanger suit avec 519,1 mm, grâce à son exposition aux influences atlantiques et méditerranéennes. Une légère diminution par rapport à la même date de l’année dernière (591,8 mm). El Jadida, avec 236,1 mm (contre 155,1 mm l’année précédente), occupe la troisième place. Ifrane, connue pour son climat montagnard, a enregistré 209,9 mm (contre 324,9 mm l’année dernière).
Dans le centre du pays, les précipitations sont plus modérées. Casablanca comptabilise 135,6 mm (contre 145,8 mm une année auparavant), tandis que Marrakech, située en zone semi-aride, a reçu 95,3 mm (contre 82,4 à la même date de la saison 2023-2024). À mesure que l’on descend vers le sud-ouest, les cumuls deviennent plus faibles. Safi n’a enregistré que 17,7 mm (contre 27,1 mm l’année dernière), tandis qu’Essaouira ferme la marche avec 4,1 mm (contre 80,1 mm l’année précédente).
Pluies et neige en perspective
Les prévisions de la DGM indiquent qu’un nouveau système dépressionnaire plus actif s’approche à partir du samedi 8 mars 2025, accompagné de masses d’air froid qui vont dynamiser ces perturbations, renforçant ainsi les averses orageuses et entraînant des conditions météorologiques perturbées. Des pluies généralisées et de fortes averses orageuses sont attendues sur l’extrême nord du Maroc, avec des chutes importantes de neige sur les hauteurs des reliefs de l’Atlas et les sommets du Rif.
Ce retour des précipitations intervient après un hiver anormalement sec et surtout après des années successives de sécheresse. À la mi-février, le Maroc affichait un déficit hydrique important. « La campagne agricole actuelle a connu de très faibles précipitations par rapport à la moyenne des trente dernières années, avec un déficit de 53%« , avait déclaré le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari.
Rétrospective. Ces années où les Marocains ont été invités à s’abstenir du rituel du sacrifice de Aïd al-Adha
Dans une conjoncture difficile où le cheptel national va très mal et où le pouvoir d’achat ne se porte pas mieux, le Souverain s’est adressé au peuple marocain l’invitant à s’abstenir d’accomplir le rituel du sacrifice de Aïd al-Adha. Une initiative pour éviter au pays des séquelles économiques et sociales dont il pourrait payer le prix sur une longue période.
Dans une récente déclaration, Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, a révélé que le cheptel national a reculé de 38% par rapport à 2016.
Dans le passé, le Maroc avait fait face à de telles situations : le cheptel national qui dépérit à cause de longs cycles de sécheresse et le souci d’aménager le pouvoir d’achat des citoyens. Lors de toutes ces années où les Marocains ont été invités à ne pas procéder au rituel du sacrifice pendant les célébrations de Aïd al-Adha, tout s’est passé dans un climat de sérénité, à l’exception de l’année 1981.
L’effort de guerre en 1963 et les mouvements sociaux en 1981
L’Aïd al-Adha de l’année 1963 avait coïncidé avec la Guerre des Sables, premier conflit armé du Maroc indépendant avec l’Algérie. L’économie marocaine ne passait pas par une phase glorieuse et il fallait orienter les (maigres) ressources disponibles à l’effort de guerre, conflit qui, heureusement, n’a pas trop duré. Selon les témoignages de l’époque, tout s’est passé dans le calme et la sérénité.
À l’inverse de l’Aïd de l’année 1981, année marquée par plusieurs mouvements de protestation et de grèves contre des politiques jugées impopulaires.
Feu Hassan II avait décrété qu’il n’y aurait pas de sacrifice. Certains citoyens, dans plusieurs villes, avaient bravé la consigne, et le zèle de quelques agents et auxiliaires d’autorité avaient mis le feu aux poudres, notamment dans des localités enclavées comme Goulmima et ses environs, avec des dizaines d’arrestations après la découverte de deux chiens égorgés et suspendus à l’entrée de deux ksour. Des faits d’arrestations arbitraires et de tortures documentés et consignés, plus de deux décennies plus tard, par l’Instance équité et réconciliation (IER).
Derrière les portes closes
Moins de tensions avaient accompagné une décision similaire de feu Hassan II en 1996. Cette année faisait également partie d’un long cycle de sécheresse, et il fallait préserver le cheptel et le pouvoir d’achat des Marocains. Les pouvoirs publics disposaient d’un précieux outil de sensibilisation avec la télévision, et Hassan II avait dépêché Abdelkébir Alaoui Mdaghri, ancien ministre des Habous et des affaires islamiques, pour expliquer aux Marocains la portée d’une telle décision. Ce qui fut fait avec des références religieuses, mais aussi avec des statistiques qui indiquaient qu’il y avait péril en la demeure. En 1996, expliquait l’ancien ministre sur les ondes, les Marocains avaient besoin de 4,7 millions de têtes d’ovins et de caprins pour les célébrations de l’Aïd. Or, le cheptel était estimé à seulement 3 millions de têtes. Équation très difficile qui n’avait qu’une seule et unique solution : s’abstenir du rituel du sacrifice.
Des témoignages d’époque ne rapportent pas d’incidents significatifs, mais plutôt quelques péripéties anecdotiques : certains citoyens avaient pris toutes les précautions possibles pour égorger le mouton et en dissimuler les traces. D’autres avaient quitté leur domicile pour un séjour rural afin de savourer leur boulfaf loin des yeux et du nez des auxiliaires d’autorité. D’autres encore avaient choisi d’anticiper ou de retarder le sacrifice pour ne pas être inquiétés, sachant toutefois qu’aucune sanction n’était prévue contre eux.
2025 : « Merci Majesté », répondent les Marocains
Le 26 février 2025, le Souverain a appelé les Marocains à s’abstenir du sacrifice. Dès cette annonce, les réseaux sociaux ont été inondés de messages de remerciements au Roi. Car, si les chennaka (intermédiaires et spéculateurs) râlent parce qu’ils vont rater l’occasion de se remplir les poches, les pères de familles modestes sont soulagés de ne pas devoir débourser des sommes d’argent inconsidérées ou de s’endetter davantage pour acquérir un mouton. Sans parler des autres dépenses qui ne sont pas moins conséquentes : épices, accessoires, charbon…
« L’année dernière, j’ai déboursé 6.000 dirhams pour acheter le mouton, alors que ma retraite mensuelle est de 5.300 DH. Cette année, je suis soulagé car je n’en achèterai pas et je ne serai pas dans la gêne vis-à-vis de ma famille », nous confie ainsi un père de famille habitant Tamansourt, dans la banlieue de Marrakech. Un exemple parmi tant d’autres.
Viandes rouges. Entre flambée des prix et chute vertigineuse des ventes, les bouchers constatent les dégâts
Dans un marché local de viande à Salé où s’est déplacée l’équipe de Médias24, l’ambiance est morose. Ces espaces, vivants et animés par les discussions entre clients et bouchers il y a quelques mois seulement, sont aujourd’hui tristement calmes.
L’augmentation des prix, résultant de la baisse des effectifs du cheptel à l’échelle nationale en raison de la sécheresse et de l’augmentation des coûts des aliments pour bétail liée aux conflits actuels dans les régions exportatrices de céréales, plonge le secteur dans une crise profonde.
« Les prix varient selon les types de viande. Pour la viande locale, les prix se situent entre 100 et 110 DH le kilo. En revanche, la viande importée du Brésil coûte environ 75 DH, et la viande de race limousine est vendue autour de 90 DH« , explique un boucher à Médias24.
« Il est essentiel que le gouvernement prenne des mesures pour résoudre ce problème de flambée des prix. Bien que la viande soit encore disponible sur le marché, elle est inaccessible pour de nombreux foyers », ajoute-t-il.
Pour faire face à cette hausse des prix, le Maroc a décidé d’ouvrir l’importation des viandes bovines, ovines, caprines et camelines, ainsi que les abats, pour assurer l’approvisionnement du marché national en viandes rouges et stabiliser leurs prix, mais les résultats de cette mesure se font toujours attendre.
« La viande locale est appréciée pour sa saveur et sa facilité de cuisson, mais son coût reste toujours quasi prohibitif. Quant à la viande importée, les gens l’essaient une première fois et ne la rachètent généralement plus ».
« Actuellement, l’intérêt pour la viande a diminué de manière significative. Autrefois, nous vendions de grandes quantités, mais aujourd’hui, les ventes ont chuté », constate notre boucher, résigné face à cette réalité.
Même les jours de forte affluence, les clients sont de moins en moins nombreux. « Nous sommes samedi, et malgré cela, les clients se font rares et les ventes sont faibles », déplore le boucher. Il remarque avec inquiétude que cette tendance se maintient jour après jour, ce qui affecte directement son activité.
Les professionnels du secteur sont les plus durement touchés par cette crise. « Ce sont les bouchers qui subissent les pertes les plus importantes, car nous avons des charges fixes à payer », souligne notre interlocuteur.
La crise de la viande continue de secouer le marché local, et les solutions semblent encore loin. Sans intervention des autorités pour réguler cette situation, la profession risque d’en pâtir davantage, et les clients, eux, se détourneront encore plus de ce produit devenu trop cher.
Atriplex, une plante fourragère résistante à la sécheresse en pleine expansion au Maroc
Entre février 2023 et février 2025, pas moins de 23 marchés ont été lancés pour les travaux de plantation d’Atriplex et le suivi de ces travaux, selon des données non exhaustives compilées par Médias24.
Ces appels d’offres ont concerné différentes régions du Maroc, notamment l’Oriental (Figuig), Rabat-Salé-Kénitra (Sidi Kacem, Khémisset), Marrakech-Safi (Essaouira, Safi, Rehamna), Drâa-Tafilalet (Midelt) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (Tétouan).
La superficie totale à planter est de 5.213 ha.
Pourquoi le Maroc augmente-t-il ses superficies plantées en Atriplex ?
L’arbuste fourrager privilégié au Maroc
L’Atriplex ou arroche nummularia est une espèce végétale arbustive fourragère.
« L’Atriplex est l’arbuste fourrager privilégié, en termes de plantation, au Maroc, depuis le lancement des opérations d’amélioration pastorale. Les premières plantations ont été initiées dans l’Oriental. Aujourd’hui, ces opérations se généralisent. L’Atriplex est aujourd’hui planté dans d’autres régions comme Marrakech-Safi (Rehamna), Guelmim-Oued Noun et Rabat Salé-Kénitra (Khémisset) », explique à Médias24 Jaouad Zemamou, ingénieur pastoral.
Pour une bonne production, la pluviométrie doit être supérieure ou égale à 250 mm. Mais l’Atriplex peut même survivre avec des précipitations annuelles de 100 mm seulement
Hautement adaptée aux zones arides et semi-arides, cette plante a l’avantage de résister à la sécheresse, même si elle a besoin d’un minimum d’eau. « Pour une bonne production, la pluviométrie doit être supérieure ou égale à 250 mm. Mais l’Atriplex peut survivre avec des précipitations annuelles de 100 mm« , précise Jaouad Zemamou.
« L’Atriplex réalise son cycle sur deux ans. Des systèmes d’irrigation sont installés au moment de la mise en terre, en attendant la croissance de la plante. Une fois qu’il a poussé, l’Atriplex devient tributaire des conditions climatiques ».
Intégrer des compléments alimentaires pour une nutrition animale complète
Consommée davantage par le cheptel ovin, il s’agit d’une plante riche en protéines et en fibres,mais faible en valeur énergétique, souligne notre interlocuteur.
Seulement 2,5 à 3 kg de matière sèche peuvent en effet être extraits d’une plante Atriplex, de quoi répondre aux besoins alimentaires quotidiens d’un seul animal d’élevage« Elle ne permet donc pas de couvrir la totalité des besoins alimentaires du bétail. Elle peut constituer un aliment fourrager de base, mais elle doit de préférence être accompagnée d’un complément alimentaire, comme l’orge ou le foin, lors du pâturage. Les animaux d’élevage ont en outre besoin d’une ration quotidienne d’eau plus importante quand ils se nourrissent de cette plante, car elle est très concentrée en sel« .
« Il s’agit en outre d’une plante peu productive. Raison pour laquelle elle est plantée sur de grandes superficies, notamment des superficies de 100 ha et plus, afin justement d’améliorer le rendement et d’en faire bénéficier le plus grand nombre d’éleveurs. Seulement 2,5 à 3 kg de matière sèche peuvent en effet être extraits d’une plante Atriplex, de quoi répondre aux besoins alimentaires quotidiens d‘un seul animal d’élevage« .
Une plante aux multiples bienfaits
Au-delà d’être une plante fourragère, l’Atriplex remplit également une autre fonction essentielle : la restauration du sol.
« La plantation de l’Atriplex permet d’améliorer la fertilité du sol et la rétention de l’eau, et de renforcer l’équilibre écologique entre la faune et la flore, favorisant la croissance de la strate herbacée sur laquelle le cheptel pourra se nourrir plus tard », souligne Jaouad Zemamou.
Vitales pour l’élevage pastoral, les terres de parcours se dégradent, notamment à cause de la désertification, qui est à l’origine de la perte moyenne de 30.000 ha de végétation par an, selon l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Pour y remédier, des actions de gestion sont ainsi indispensables, dont la plantation d’arbustes et la formation des éleveurs.
Mais l’efficacité de ces actions dépend de la mise en place d’un suivi spatio-temporel des ressources pastorales. Grâce à ce suivi dit de « télédétection satellitaire », les actions de gestion et de réhabilitation des terres de parcours dégradées sont mieux ciblées.
Au Maroc, un déficit pluviométrique de 53% par rapport à la moyenne des 30 dernières années
« La campagne agricole actuelle a connu de très faibles précipitations par rapport à la moyenne des trente années passées. Nous avons enregistré un déficit de 53% », a déclaré ce jeudi le ministre de l’Agriculture.
« Le début decampagne a été encourageant, notamment durant les mois de septembre et d’octobre. Cependant, durant les deux mois qui ont suivi, nous avons enregistré moins de 20 millimètres, ce qui a impacté le couvert végétal dans plusieurs régions, et la campagne de manière générale, notamment les cultures d’automne« , a ajouté Ahmed El Bouari, soulignant, en ce qui concerne le couvert végétal, que seule la région du Loukkos tire son épingle du jeu.
À Doukkala, six ans sans eaux de barrage pour l’irrigation
En ce qui concerne les ressources hydriques, le ministre a fait savoir qu’elles « ne dépassent pas 1,2 milliard de m3 depuis le mois de septembre 2024, ce qui reste très faible par rapport à la même période d’une année normale ».
« Il s’agit de la troisième campagne consécutive marquée par une baisse des réserves des barrages. Dans la région de Doukkala par exemple, le taux de remplissage atteint seulement 2%. Pour la sixième année consécutive, les agriculteurs de cette zone n’ont pas accès aux eaux de barrage pour l’irrigation, mais continuent malgré tout à exercer leur activité ».
« Ce taux avoisine 5% à Tadla, 13% à El Haouz, 15% à Souss-Massa, et une moyenne de 26% dans toutes les zones restantes », poursuit le ministre, notant que la quasi-majorité de ces ressources en eau sont principalement dédiées à l’eau potable, pour couvrir le besoin notamment au niveau de Casablanca.
« Cette situation nous encourage à privilégier les projets de dessalement au niveau de toutes les zones côtières pour couvrir le besoin en eau potable, ce qui nous permettra de dédier les réserves des barrages à l’agriculture ».
Seuls 760 Mm3 des eaux de barrage sont destinés à l’irrigation
« Cette année, seuls 760 millions de m3 des eaux de barrage ont été dédiés à l’irrigation, soit moins de 14% des besoins du secteur de l’agriculture », a par ailleurs fait savoir Ahmed El Bouari, soulignant que « tout dépend de la situation des barrages. Cette quantité peut donc être revue à la baisse, si le taux de remplissage des barrages se détériore davantage ».
Pour conclure, le ministre a salué les agriculteurs qui poursuivent leur activité et qui continuent de fournir les marchés en produits alimentaires, malgré le manque de précipitations et la baisse des réserves des barrages.
Fact checking. Non, les barrages marocains ne menacent pas la sécurité hydrique algérienne
En mars 2023, la ville de Bechar en Algérie a subi une rupture d’approvisionnement en eau potable, selon la presse algérienne. Grâce à 11 puits forés dans la nappe alentour, les robinets ont pu être alimentés un jour sur trois ou sur quatre.
Le bouc émissaire de cette situation, vous l’avez deviné, c’est le Maroc. Depuis cette date, le répertoire algérien de propagation de la haine contre le royaume s’est enrichi d’une nouvelle expression, « la guerre de l’eau ».
Il faut dire que l’expression est très médiatique et, de ce fait, elle a été reprise largement en Algérie et dans quelques titres internationaux. Dans des forums internationaux consacrés à l’eau, des délégués algériens se sont relayés régulièrement depuis cette période pour dénoncer le supposé assèchement d’un cours d’eau « commun », l’oued Guir, par le Maroc.
Un article paru récemment dans le journal Orient XXI, rédigé par un ingénieur agronome algérien, a remis une couche sur le sujet, en l’habillant d’objectivité. Une objectivité scientifique ou cosmétique, chacun se fera son idée à l’examen des faits. Seuls les faits comptent.
Les accusations de l’Algérie, catalyseur de tensions et source d’illusions
Lors de la 10ᵉ Réunion des Parties à la Convention sur l’eau, tenue à Ljubljana en Slovénie du 23 au 25 octobre 2024, le ministère algérien des Ressources en eau a saisi l’occasion pour formuler des accusations officielles à l’encontre du Maroc, qui « porte volontairement atteinte à la sécurité hydrique de la région » .
« Les régions occidentales et sud-occidentales de notre pays (l’Algérie) subissent les effets négatifs des pratiques de l’État voisin du Maroc, qui perturbent et détruisent les eaux de surface transfrontalières, entraînant des catastrophes environnementales qui ont conduit, en particulier, à la détérioration de la qualité de l’eau du barrage de Hammam Boughrara dans la wilaya de Tlemcen en raison de la pollution de l’eau qui y arrive depuis le territoire marocain, ainsi qu’à une forte baisse de l’approvisionnement en eau provenant de l’oued Ghir (ou Guir) vers le territoire algérien en raison des barrages construits du côté marocain de la frontière, ce qui a entraîné un assèchement systématique du barrage Djorf Torba pendant une longue période sur le territoire algérien », accuse le ministre algérien.
De son côté, l’auteur de l’article d’Orient XXI, qui se présente comme un ingénieur agronome – et qui, par conséquent, devrait être conscient de l’impact des changements climatiques sur l’ensemble de la région –, estime que le problème réside dans le barrage de Keddousa. Selon lui, ce barrage a réduit le débit de l’Oued Guir après son inauguration en 2021.
Quelle est la réalité de la situation dans le barrage de Djorf Torba?
Si l’on prend en compte la population, malgré la grande superficie de l’Algérie, l’urbanisation est concentrée dans la frange méditerranéenne, contrairement aux zones du sud qui couvrent 89 % de la surface du pays mais qui représentent une densité urbaine de moins de 20 habitants par km².
Mis en service en 1973, le barrage algérien de Djorf Torba, d’une capacité de 365 millions de mètres cubes, est l’unique barrage desservant la région de Béchar. Dans l’ouest algérien, le plus grand barrage est celui de Gargar, avec une capacité de 450 millions de mètres cubes. Quant au barrage de Hammam Boughrara, mentionné par le ministre algérien, il dispose d’une capacité de 177 millions de mètres cubes.
Le barrage de Djorf Torba est alimenté par l’Oued Guir qui prend sa source dans le Jebel Timjnatine dans la région marocaine de l’Oriental. L’assèchement depuis quelques années, avant la mise en service du barrage marocain, a causé la mort de milliers de poissons, provoquant une vraie catastrophe, une information vérifiée et qui date du mois de juillet de l’année 2022.
L’examen des images satellitaires du barrage Djorf Torba montre à différentes dates que son niveau connait périodiquement des années de sécheresse où plus du tiers de sa capacité disparait, notamment dans les années de sécheresse, avant qu’il reprenne rapidement son volume normal.
L’hypothèse d’un impact des barrages marocains sur le volume du barrage de Djorf Torba est à exclure. En effet, si cette cause était avérée, le barrage de Djorf Torba n’aurait jamais retrouvé son volume normal après la construction du barrage de Kedoussa au Maroc.
Une photo satellitaire prise au lendemain du discours du ministre algérien, et la situation maintenue jusqu’à ce jour, démontrent que la réalité est différente. Cette observation réfute clairement l’idée d’une influence des ouvrages marocains et suggère d’autres facteurs potentiels à considérer.
Images satellitaires montrant une évolution oscillante des retenues du barrage algérien Djarf Torba.
La cause la plus évidente de la diminution des ressources hydriques dans les barrages est l’évapotranspiration. Ce phénomène, accentué par le réchauffement climatique, peut rapidement réduire les réserves d’un barrage, et son impact s’est intensifié au cours des dernières années dans l’ensemble du bassin méditerranéen, notamment en Espagne, en Italie, en France et de manière particulièrement marquée au Maroc.
Le barrage Al Massira, au Maroc, est construit sur l’Oum Rabii, un des plus grands fleuves du pays. Bien que le cours d’eau soit toujours actif, les réserves du barrage n’ont pas pu se remplir et ne dépassent pas 2% de sa capacité maximale, même dans des conditions optimales. Peut-on, dans la même logique que l’argument algérien, considérer que le barrage Al Massira est asséché à cause des barrages situés en amont ?
Dans le contexte du bassin de l’Oum Rabii, c’est avant tout le manque de précipitations depuis plusieurs années qui empêche le remplissage des barrages. La dernière année pluvieuse significative au Maroc remonte à 2018, date à laquelle les barrages ont pu dépasser la moitié de leur capacité. Depuis, ce n’est plus le cas.
En revenant au barrage de Djorf Torba, l’auteur de l’article explique que Béchar a besoin d’approvisionnement hydrique non seulement pour l’eau potable et l’irrigation agricole, mais aussi pour des raisons industrielles liées à la construction d’une grande unité de traitement des minerais de fer provenant de la mine de Gara-Djebilet. Entre parenthèses, cette mine est censée être exploitée par les deux pays à 50/50 selon une convention bilatérale, un accord jamais respecté par Alger. En même temps qu’il revendique de l’eau pour la boisson, l’agriculture et l’industrie de Bechar, l’auteur, de profession agricole, s’oppose aux projets agricoles des habitants des provinces d’Errachidia et de Figuig.
Depuis plus de six années, la situation hydrique au Maroc reste préoccupante, en particulier dans les régions orientales où l’agriculture oasienne constitue en grande partie la principale source de subsistance pour les habitants. Face à cette crise, les autorités marocaines s’efforcent de mettre en place des solutions durables, non pas pour attaquer l’Algérie, mais pour garantir l’accès à l’eau potable pour une population qui dépasse 2,2 millions d’habitants dans la région de l’Oriental seulement.
Le ministre algérien a également mentionné le barrage de Hammam Boughrara, situé près de Maghnia, et construit sur l’Oued Tafna. Contrairement au barrage de Djorf Torba, l’Oued Tafna prend sa source dans le Djebel Merchich, près de Sebdou en Algérie, et non au Maroc. La seule relation avec le Maroc se fait via l’Oued Isly, un petit affluent de l’Oued Tafna. Cette accusation, qui n’est étayée par aucune preuve scientifique, soulève une question : comment l’Oued Isly, qui alimente des centaines de parcelles du côté marocain, pourrait-il être pollué par le Maroc en vue de nuire à l’Algérie ?
Le Maroc est-il vraiment coupable ?
L’Algérie compte environ 81 barrages sur son territoire, capables de retenir jusqu’à 8,3 milliards de m³ d’eau. Si l’on considère uniquement les barrages ayant une relation avec le Maroc, on dénombre deux ouvrages, dont la capacité combinée n’excède pas 500 millions de m³.
Outre le barrage de Djorf Torba, un autre barrage, sans aucun lien hydrique avec le Maroc, a également été asséché jusqu’à la dernière goutte. Il s’agit du barrage Ben Khedda, situé près de la ville de Tiaret et qui était construit par la France en 1936.
Son assèchement a d’abord entraîné une dégradation de la qualité de l’eau potable distribuée, puis la suspension de l’approvisionnement en eau potable, provoquant ainsi des protestations violentes de la part de la population de Tiaret.
Situation du barrage Ben Khedda à Tiaret en Algérie
Dans un article du journal Le Monde consacré à cette « crise » , le journal a recueilli l’avis d’un climatologue spécialisé qui a expliqué que la sécheresse extrême a bel et bien débuté en 2022, et ce en raison du dérèglement climatique :
« Cette sécheresse extrême, qui a débuté vers 2022 et qui n’a jamais connu d’interruption, compromet gravement l’approvisionnement en eau, non seulement en Algérie, mais aussi en Tunisie, au Maroc, en Sardaigne et en Sicile » , explique David Feranda, climatologue au CNRS de France.
Il faut enfin préciser que les ressources en eau mobilisées en Algérie ne sont assurées qu’à 33% par les barrages. La majorité de l’approvisionnement repose sur les eaux souterraines, l’Algérie disposant d’une gigantesque nappe fossile dans le désert, connue sous le nom du « système aquifère du Sahara septentrional » qui compte 5.000 points de forage répartis sur son territoire.
L’existence de différends entre pays voisins est chose naturelle et courante dans le monde. Mais il s’agit de savoir gérer ces différends d’une manière pacifique et en se fondant sur les principes du droit international. La propagation de la haine et de la lutte armée rendent le recours à ces mécanismes extrêmement difficile.
Les prévisions météo pour ce jeudi 26 décembre
Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le jeudi 26 décembre 2024 :
– Temps assez froid à froid avec gelée la matinée et la nuit sur les reliefs, le Sud-Est, l’Oriental et les hauts plateaux.
– Nuages bas avec formations brumeuses sur les côtes centre et sud et le nord de l’Oriental, la matinée et la nuit.
– Temps nuageux avec faibles pluies sur l’intérieur du Souss, l’Anti-Atlas et par endroits sur le nord des provinces sahariennes.
– Bruine locale sur l’ouest de la Méditerranée.
– Chasse-sables sur le nord des provinces sahariennes.
– Rafales de vent assez fortes sur le Tangérois, les régions à l’ouest de l’Anti-Atlas et le nord des provinces sahariennes.
– Températures minimales de l’ordre de -04/03°C sur l’Atlas, le Rif, les versants Sud-Est et les hauts plateaux, de 14/17°C sur le Tangérois, les régions centre et le nord des provinces du Sud, et de 04/08°C partout ailleurs.
– Température du jour quasi stationnaire ou en baisse.
– Mer peu agitée à agitée en Méditerranée, agitée sur le détroit, agitée à forte entre Tanger et Assilah, peu agitée à agitée entre Assilah et Tarfaya, et agitée sur le Sud.
Voici les températures minimales et maximales prévues :
– Oujda 04 18
– Bouarfa 02 15
– Al Hoceima 10 20
– Tétouan 14 17
– Sebta 15 17
– Melilia 06 17
– Tanger 14 19
– Kénitra 07 21
– Rabat 10 21
– Casablanca 09 22
– El Jadida 10 22
– Settat 08 23
– Safi 12 23
– Khouribga 09 20
– Béni Mellal 07 22
– Marrakech 08 24
– Meknès 04 21
– Fès 03 20
– Ifrane 01 15
– Taounate 05 22
– Errachidia 04 17
– Ouarzazate 03 16
– Agadir 16 27
– Essaouira 12 21
– Laâyoune 16 25
– Smara 13 24
– Dakhla 13 22
– Aousserd 12 24
– Lagouira 14 23
– Midelt 01 16
Météo. Températures du jour en hausse sur la majeure partie du Maroc, ce mercredi 25 décembre
Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le mercredi 25 décembre 2024 :
– Temps assez froid à froid avec gelée la matinée et la nuit sur les reliefs, le Sud-Est, l’Oriental et les hauts plateaux.
– Nuages bas assez denses avec bruine locale sur les côtes sud et formations brumeuses sur les côtes atlantiques nord la matinée et la nuit.
– Temps passagèrement nuageux avec gouttes de pluies éparses sur le nord des provinces sahariennes.
– Rafales de vent assez fortes avec chasse-poussières sur les régions à l’ouest de l’Anti-Atlas et le nord des provinces sahariennes.
– Température minimale de l’ordre de -04/03°C sur l’Atlas, le Rif, les versants sud-est et les hauts plateaux, de 10/15°C sur les régions centre et les provinces du Sud, et de 04/08°C partout ailleurs.
– Température du jour en hausse sur la majeure partie du pays.
– Mer peu agitée à agitée en Méditerranée et sur le détroit, ainsi qu’au long du littoral atlantique.