Le changement des conditions météorologiques au Maroc est dû à une évolution de la circulation atmosphérique, favorisant l’arrivée des perturbations atlantiques, explique la Direction générale de la météorologie.
Durant plusieurs mois, l’anticyclone des Açores s’est imposé sur la région, empêchant les systèmes pluvieux d’atteindre le pays, et la majorité des dépressions ont pris une trajectoire plus au nord, vers l’Europe. Cependant, ces derniers jours, avec l’affaiblissement de cet anticyclone et le renforcement du courant-jet polaire, une succession de dépressions atlantiques ont pu pénétrer les côtes marocaines, entraînant d’importantes précipitations et des chutes de neige sur les reliefs de l’Atlas, poursuit la DGM.
Ainsi, le déplacement des centres de haute pression vers le nord, en direction de l’Europe, a permis la formation de gouttes froides (cut-off lows) au large de l’Atlantique, qui se sont déplacées vers nos régions. Ce scénario est renforcé par l’évolution des conditions climatiques, notamment le passage à la phase négative de l’oscillation nord-atlantique (NAO) depuis le 28 février dernier, ainsi que l’activité de la phase huit de l’oscillation Madden-Julian (MJO), souvent associée à une augmentation de l’activité des dépressions et des précipitations dans le nord de l’Atlantique et le nord de l’Afrique.

Légère hausse par rapport à la saison précédente, Al Hoceima et Tanger grands bénéficiaires
Du 1ᵉʳ septembre 2024 au 6 mars 2025, la plupart des régions ont reçu davantage de pluies que l’année précédente à la même période, selon un calcul de Médias24 sur la base des données quotidiennes de 22 stations météo, livrées par la Direction générale de la météorologie.
Les données illustrent bien les fortes disparités pluviométriques qui ont marqué ces deux dernières années.
Avec 1.000,6 mm, Al Hoceima domine largement le classement des villes les plus arrosées entre le 1er septembre 2024 et le 6 mars 2025, contre seulement 87,6 mm l’année précédente.
Tanger suit avec 519,1 mm, grâce à son exposition aux influences atlantiques et méditerranéennes. Une légère diminution par rapport à la même date de l’année dernière (591,8 mm). El Jadida, avec 236,1 mm (contre 155,1 mm l’année précédente), occupe la troisième place. Ifrane, connue pour son climat montagnard, a enregistré 209,9 mm (contre 324,9 mm l’année dernière).
Dans le centre du pays, les précipitations sont plus modérées. Casablanca comptabilise 135,6 mm (contre 145,8 mm une année auparavant), tandis que Marrakech, située en zone semi-aride, a reçu 95,3 mm (contre 82,4 à la même date de la saison 2023-2024). À mesure que l’on descend vers le sud-ouest, les cumuls deviennent plus faibles. Safi n’a enregistré que 17,7 mm (contre 27,1 mm l’année dernière), tandis qu’Essaouira ferme la marche avec 4,1 mm (contre 80,1 mm l’année précédente).
Pluies et neige en perspective
Les prévisions de la DGM indiquent qu’un nouveau système dépressionnaire plus actif s’approche à partir du samedi 8 mars 2025, accompagné de masses d’air froid qui vont dynamiser ces perturbations, renforçant ainsi les averses orageuses et entraînant des conditions météorologiques perturbées. Des pluies généralisées et de fortes averses orageuses sont attendues sur l’extrême nord du Maroc, avec des chutes importantes de neige sur les hauteurs des reliefs de l’Atlas et les sommets du Rif.
Ce retour des précipitations intervient après un hiver anormalement sec et surtout après des années successives de sécheresse. À la mi-février, le Maroc affichait un déficit hydrique important. « La campagne agricole actuelle a connu de très faibles précipitations par rapport à la moyenne des trente dernières années, avec un déficit de 53%« , avait déclaré le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari.