Chute de moitié du prix par tête selon les éleveurs, et baisse des prix des viandes rouges de manière générale, constate Médias24 ce lundi 3 mars 2025. Dans un message royal le 26 février dernier, le Roi Mohammed VI avait invité le peuple marocain à s’abstenir du sacrifice de Aïd al-Adha. Cette annonce a fortement impacté le marché des ovins.

Un impact direct sur les prix des viandes

Joint par Médias24, Hicham Jouabri, secrétaire régional des commerçants de viandes rouges en gros aux abattoirs de Casablanca, nous explique que « les prix ont commencé à baisser progressivement depuis l’annonce de l’annulation du sacrifice de Aïd al-Adha, puisque le cheptel initialement destiné à l’abattage pour l’Aïd est désormais réorienté vers les abattoirs. Cette offre supplémentaire vient renforcer le marché et compléter le cheptel importé, qui représentait jusqu’ici la majorité des ventes au Maroc ».

La baisse est particulièrement marquée pour la viande ovine, d’après notre source. Avant l’annonce, son prix atteignait 120 DH/kg. Aujourd’hui, il oscille entre 90 et 95 DH/kg. « Pour le moment, nous n’avons pas encore commencé à abattre le cheptel local. Cette diminution des prix est donc uniquement due à l’effet de l’annonce et se poursuivra dans les prochains jours », précise Hicham Jouabri.

Du côté de la viande bovine, la baisse est plus limitée. Cette catégorie de viande rouge reste très demandée, notamment en ce début de Ramadan. « Actuellement, les prix de la viande espagnole et locale varient entre 85 et 91 DH/kg« , nous confie notre interlocuteur, soulignant que « la viande locale est peu disponible, ce qui explique son prix élevé. Ces deux viandes sont cependant d’une très grande qualité ». Quant à la viande brésilienne, ses prix oscillent entre 70 et 75 DH/kg.

Une stratégie indispensable pour dynamiser le secteur

Pour le moment, les abattoirs continuent d’être majoritairement approvisionnés par les importations, mais la part du cheptel local augmente progressivement.

Selon les professionnels du secteur, si le prix de la viande ovine devrait encore connaître une baisse significative, celui de la viande bovine ne devrait pas enregistrer une chute aussi marquée en raison d’une demande toujours forte et d’une offre limitée.

Cette décision d’annulation du sacrifice de Aïd al-Adha est jugée nécessaire par les acteurs du secteur, compte tenu de la forte diminution du cheptel liée notamment à la succession des années de sécheresse.

Toutefois, Hicham Jouabri insiste sur l’importance d’une stratégie gouvernementale pour éviter que cette situation ne se reproduise à l’avenir. « Il est crucial que le ministère de l’Agriculture mette en place une politique durable pour protéger et développer le cheptel national ». Cela permettrait en effet de stabiliser les prix et d’assurer une meilleure résilience face aux aléas climatiques.