La Journée internationale des droits des femmes en 2025 est passée quasiment inaperçue. Pourtant, le contexte sociopolitique aurait dû pousser à une réflexion urgente et profonde sur la condition féminine à l’occasion du 8 mars.
Certes, le mois de Ramadan, la journée tombant un samedi et une météo peu favorable ont joué un rôle dans cette absence de manifestations publiques. Mais peut-on imputer cette négligence uniquement à ces facteurs ?
Un contexte pourtant favorable
Le contexte sociopolitique, notamment de la réforme de la Moudawana impulsée par le Roi Mohammed VI, aurait dû constituer un catalyseur de discussions et de prises de position. Or, à part les grandes lignes annoncées en décembre dernier, le projet de révision de la Moudawana semble être resté en suspens.
Des féministes et des militants ont largement exprimé leur déception à l’égard de ces premières propositions de réforme, estimant qu’elles ne répondent pas de manière suffisante aux attentes des femmes marocaines et aux changements de la société. Ces grandes lignes ne semblent pas apporter de changements profonds et restent loin des aspirations de nombreux citoyens qui réclament une révision plus en profondeur de la Moudawana.
À cet égard, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, membre du Comité de pilotage de la réforme de la Moudawana, semble se trouver dans une posture défensive. Lors d’un événement organisé le 17 février dernier, à l’Université internationale de Rabat (UIR), il a indiqué que de nombreux points sont encore en discussion et qu’ils font l’objet de divergences. Cette attente de la réforme contribue à accentuer le sentiment de stagnation dans l’évolution des droits des femmes.
Silence radio : ni projets ni discours
Par ailleurs, aucune personnalité officielle ne s’est exprimée publiquement à l’occasion du 8 mars, et il n’y a pas eu de projet significatif, ni même de discours pertinent sur l’état des droits des femmes au Maroc.
Ce silence officiel contraste avec l’engouement traditionnel pour des célébrations superficielles, où les femmes sont souvent réduites à des récipiendaires de cadeaux et de fleurs. Cela révèle un amalgame persistant entre ce qu’est réellement cette journée et sa perception dans l’opinion publique.
En effet, la Journée internationale des droits des femmes ne devrait pas se limiter à des gestes symboliques tels que des bouquets de fleurs ou des attentions ponctuelles. Elle est avant tout un moment de prise de conscience et de rappel des revendications liées aux droits des femmes, et à la promotion de ceux-ci.
Que l’on en fasse une journée d’hommage à la femme, où l’on reconnaît sa contribution, n’est pas condamnable. Mais ce n’est pas suffisant. C’est l’occasion de dresser le bilan des avancées en matière de droits, d’égalité… et peut-être aussi de célébrer ces avancées quand il y en a.
Mais ce manque de réflexion profonde sur cette journée, au-delà des célébrations superficielles, montre à quel point la condition féminine au Maroc nécessite une attention sérieuse et un engagement réel. De plus, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Car, au-delà de la réforme de la Moudawana, qui est censée venir rétablir un équilibre de droits entre les hommes et les femmes en supprimant les discriminations qui y figurent, d’autres textes doivent également suivre pour assurer cette égalité des genres.
Il est important de rappeler que le parcours laborieux, de la scolarité à la reconnaissance professionnelle, reflète la réalité de la femme marocaine qui, malgré quelques avancées, peine toujours à occuper la place qui lui revient dans la société.