Dans la nouvelle grille des tarifs douaniers annoncée le mercredi 2 avril par les États-Unis, le Maroc hérite du tarif de 10%, le tarif plancher fixé par l’administration Trump.
Le chef de l’exécutif américain a ainsi décrété ce nouveau tarif de 10% sur tous les biens importés aux USA, ainsi qu’une taxe d’importation punitive supplémentaire adaptée à chacun des quelque 60 pays qui, selon ses conseillers, maintiennent les barrières les plus strictes contre les produits américains.
Entre autres, la Chine se verra imposer des droits de douane de 34%, 26% pour l’Inde, 24% pour le Japon, et les pays de l’Union européenne, des droits de 20%.
Par ailleurs, des droits de douane de 25% sont imposés sur les automobiles exportées aux États-Unis.
Le président américain, Donald Trump, a déclaré ce 2 avril « Jour de la libération » pour la politique commerciale des États-Unis, en dévoilant les détails d’un vaste plan de droits de douane en guise de représailles drastiques.
« Mes concitoyens américains, c’est le jour de la libération », a lancé le président américain lors d’une cérémonie dans la roseraie de la Maison-Blanche, devant des membres de son cabinet, des leaders républicains du Congrès et plusieurs travailleurs dont des employés de l’industrie automobile et de l’acier.
Donald Trump a relevé que ses nouvelles politiques tarifaires « rendraient l’Amérique à nouveau riche », avant de brandir une pancarte sur laquelle sont indiqués les droits de douane réciproques qui varient en fonction des pays.
L’UE : les nouvelles taxes, « un coup dur » pour l’économie mondiale
Les nouvelles taxes annoncées par le président américain sont « un coup dur » pour l’économie mondiale, a souligné la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en regrettant « profondément » cette décision.
« Les conséquences seront désastreuses pour des millions de personnes dans le monde », a-t-elle averti, depuis Samarcande, en Ouzbékistan, où elle participe à un sommet Union européenne-Asie centrale.
« Des millions de citoyens devront faire face à des coûts plus élevés pour l’alimentation. Les médicaments coûteront plus cher, de même que les transports. L’inflation augmentera », a expliqué la présidente de l’exécutif européen, chargée de mettre en œuvre la politique commerciale de l’UE au nom des 27 pays membres.
Pour éviter une escalade funeste, l’Europe continue de promouvoir le dialogue avec l’administration américaine. « Il n’est pas trop tard pour répondre aux préoccupations par les négociations », a déclaré Ursula von der Leyen, soulignant que le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, était « en contact permanent » avec ses homologues américains.
« Nous nous efforcerons de réduire les obstacles et non de les élever », a-t-elle martelé, reprenant la ligne déjà exprimée depuis l’entrée en vigueur, le 12 mars des taxes américaines de 25% sur l’acier et l’aluminium.
« Protéger nos intérêts »
Mais les Européens sont aussi « prêts à réagir », a mis en garde Ursula von der Leyen. Fait rare et signe de la gravité du moment, elle a prononcé son allocution trois fois successivement, en trois langues : anglais, français puis allemand.
L’UE avait déjà annoncé qu’elle appliquerait à partir de mi-avril des droits de douane « forts mais proportionnés » sur une série de produits importés des États-Unis comme les bateaux, les motos ou le bourbon.
« Nous nous préparons maintenant à d’autres contre-mesures pour protéger nos intérêts et nos entreprises si les négociations échouent », a annoncé jeudi Ursula von der Leyen.
(Avec Agences MAP et AFP)
