Tout a commencé par la publication, dans certains médias économiques, d’une information selon laquelle le président Donald Trump envisageait une suspension de 90 jours des nouveaux droits de douane pour tous les pays, à l’exception de la Chine.
Citant Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national, ces titres ont été repris en boucle, laissant croire à une désescalade imminente.
L’annonce a aussitôt redonné de l’oxygène aux marchés : les principaux indices ont amorcé un net rebond, portés par l’idée d’un répit dans la guerre commerciale opposant les États-Unis à leurs partenaires stratégiques.
Le S&P 500, principal indice de Wall Street, est repassé dans le vert pour la première fois depuis l’annonce des tarifs. En moins d’une heure, les marchés avaient déjà ajouté plus de 20.000 milliards de dollars de capitalisation boursière.

La Maison-Blanche dément, la Bourse décroche
Mais cet optimisme n’a été que de courte durée. Quelques minutes plus tard, la Maison-Blanche est sortie de son silence pour qualifier l’information de pure désinformation. « Fake news« , a déclaré sans détour la porte-parole Karoline Leavitt à CNBC, en réponse au titre qui avait évoqué la position de Kevin Hassett.
À la suite du démenti publié par CNBC, les marchés ont réagi brutalement, effaçant près de 2.000 milliards de dollars de capitalisation en l’espace de deux minutes. Ce mouvement spectaculaire reflète en même temps la nervosité ambiante et la dépendance des marchés aux signaux émis par la Maison-Blanche.
Cet épisode témoigne d’une réalité de plus en plus structurante dans la finance mondiale : les marchés ne se contentent plus d’analyser les fondamentaux économiques ; ils sont aussi directement influencés par les jeux politiques de communication, les rumeurs et les revirements de dernière minute.