« Contrairement à l’Union européenne et à la Chine qui ont fait part de leur volonté de répliquer en augmentant les droits de douane des produits américains qu’elles importent, le Maroc continuera à s’inscrire dans l’accord de libre-échange signé en 2004 et entré en vigueur en 2006 », nous révèle une source autorisée en affirmant que des négociations sont en cours pour sauvegarder les atouts commerciaux qui profitent aux deux partenaires.

 « Les intérêts commerciaux du Maroc sont préservés par rapport à d’autres pays »

Et d’ajouter que malgré les apparences, la décision politique du président Trump de taxer de 10% les produits marocains ne comporte pas de points négatifs pour « le Maroc, qui est en fait relativement épargné par rapport à d’autres pays qui doivent faire face à des taux bien plus importants, à l’image de la Chine qui doit faire face à une surtaxe américaine de 104% ».

En attendant de finaliser les négociations avec l’administration américaine, les acteurs publics et privés du commerce extérieur multiplient les réunions pour évaluer leur marge de manœuvre face à l’impact minime de cette mesure sur les exportations nationales vers le partenaire américain. Il faut noter que le rapport de forces est par ailleurs totalement déséquilibré entre les deux pays.

« Sachant que nous sommes le seul pays africain à disposer d’un accord de libre-échange avec les États-Unis, nous sommes privilégiés pour discuter des nouveaux droits de douane américains, qui sont les moins élevés par rapport à ceux qui ont été imposés à d’autres pays », précise notre interlocuteur pour que cette mesure a minima n’aggrave pas le déficit commercial du Maroc.

« Nos exportations ne seront pas impactées par les nouveaux tarifs douaniers »

À la question de savoir si l’industrie automobile pourrait souffrir de l’imposition de nouveaux tarifs douaniers, notre interlocuteur tient à préciser que les véhicules produits au Maroc, qui ont d’autres normes que celles des États-Unis, ne sont pas du tout exportés outre-Atlantique, mais plutôt vers les marchés de l’Europe et de l’Afrique.

S’il est vrai que le Royaume n’exporte aucune voiture vers les États-Unis et n’a pour l’instant rien à craindre des mesures protectionnistes qui vont toucher ses fournisseurs européens et asiatiques, nous nous devons de préciser qu’à terme, l’ambition marocaine de devenir un fabricant mondial de batteries pour fournir les constructeurs de véhicules électriques pourrait changer la donne.

Qualifiant d’opportunités les taxations importantes que subiront les concurrents asiatiques, notre source estime que le Maroc est désormais bien placé pour développer certaines opportunités commerciales, notamment ses exportations de produits textiles ou agroalimentaires.

Aucun bras de fer ni mesure de rétorsion ne sont à l’ordre du jour

S’appuyant sur la réaffirmation américaine de la marocanité du Sahara qui confirme l’excellence des relations bilatérales avec le partenaire américain et promet un rapprochement commercial très positif, notre source considère que le contenu de l’accord de libre-échange ne devrait pas être remis en question. Il n’y aura par conséquent aucune mesure de réciprocité douanière de la part du Royaume qui souhaite sauvegarder le niveau croissant de ses échanges commerciaux.

Optimiste concernant un prochain équilibre de la balance commerciale entre les deux pays, notre interlocuteur affirme que des négociations directes avec les autorités américaines vont permettre de préserver les intérêts bilatéraux ; une nécessité d’ailleurs réaffirmée lors de l’entretien accordé par le secrétaire d’État Marco Rubio à son homologue marocain Nasser Bourita.

Dans le cadre de ses relations historiques avec son partenaire stratégique, le Maroc préfère opter pour une négociation directe qui permettra de consolider et de développer à l’avenir les échanges bilatéraux, sans aucune confrontation jugée inutile et contre-productive.