Transport maritime : les grands axes de la nouvelle stratégie nationale

Sachant qu’en 2024, plus de 240 millions de tonnes de marchandises ont transité par les 14 ports du Royaume et que 5,3 millions de passagers ont emprunté les frontières maritimes, le transport maritime est un pilier stratégique de l’économie nationale qui nécessite d’en faire un levier de souveraineté, de compétitivité et d’influence pour le Maroc à travers une nouvelle feuille de route dont Medias24 révèle le contenu rédigé par le ministère de tutelle.

Vers une flotte nationale forte en Afrique

S’appuyant sur des infrastructures portuaires de premier plan comme Tanger Med, premier hub méditerranéen de transbordement connecté à plus de 180 ports mondiaux, cette dynamique sera renforcée par les projets structurants de Nador West Med et Dakhla Atlantique qui ouvriront de nouvelles perspectives vers l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

Face à ces enjeux, le ministère du Transport et de la logistique plaide pour la constitution d’une marine marchande nationale qui soit capable de sécuriser les flux stratégiques du pays et de renforcer sa souveraineté logistique.

Pour cela, l’étude stratégique menée par le ministère de tutelle, conformément aux instructions royales a identifié plusieurs filières à fort potentiel, à l’issue d’un processus de concertation associant administrations, armateurs, opérateurs logistiques, institutions financières et experts internationaux.

Tout en soutenant l’investissement, l’emploi et l’intégration régionale, l’objectif à terme, en filigrane, est de positionner le Maroc comme un acteur maritime qui deviendra incontournable en Afrique.

Créer un cadre compétitif avec des réformes fiscales

Selon la feuille de route, cette ambition devra nécessairement passer par un environnement plus compétitif pour les armateurs marocains grâce au lancement des réformes structurantes suivantes :

Le premier résultat espéré est que la suppression de la retenue à la source sur les droits d’affrètement, intégrée à la loi de finances 2026 permettra d’alléger considérablement les charges des armateurs et par conséquent de renforcer la compétitivité de la flotte nationale.

Renforcer la formation des futurs marins

Hormis la flotte et la réforme fiscale, l’autre pilier de la feuille de route passera par le capital humain. Le ministère prévoit en effet une profonde réforme du système de formation afin de l’aligner sur les standards internationaux et les besoins futurs de la flotte nationale et des grands projets portuaires.

En outre, la promotion de l’employabilité des gens de la mer marocains devra être renforcée à travers le développement constant de plusieurs accords bilatéraux de reconnaissance des certificats à l’image des trois signés en 2025 avec l’Arabie saoudite, le Royaume-Uni et les Pays-Bas qui ont ouvert plusieurs nouveaux débouchés aux marins marocains souhaitant exercer à l’international.

Sécurité maritime et protection de l’environnement au cœur des priorités

Sachant que la sécurité et la sûreté maritimes sont des priorités de la feuille de route, les inspections des navires devront être renforcées dans tous les ports, tandis que le Centre de surveillance du trafic maritime de Tanger devra jouer un rôle clé au détroit de Gibraltar, en coordination avec l’Espagne.

Afin d’accompagner l’essor attendu du trafic maritime avec les ports de Dakhla Atlantique et de Tan-Tan, mais aussi de prévenir les risques éventuels de pollution et d’accidents en mer, un nouveau centre de surveillance devra être construit dans les provinces du Sud.

Améliorer les services pour les citoyens et les opérateurs

Concernant le volet des passagers, notamment lors de l’opération annuelle Marhaba, le ministère estime qu’il deviendra nécessaire de veiller à l’avenir à adapter les capacités et à fluidifier les flux.

En 2025, 29 navires sur 13 lignes ont assuré une capacité hebdomadaire de 500.000 passagers et 130.000 véhicules, pour un trafic total de 3,2 millions de passagers, en hausse de 7 %.

Côté fret, la priorité sera donnée à la digitalisation des processus, à la simplification administrative et au dialogue avec les opérateurs économiques pour renforcer la compétitivité des chaînes logistiques.

Un rayonnement maritime renforcé à l’international

En dernier lieu, le Maroc compte consolider son positionnement sur la scène mondiale après sa réélection au Conseil de l’Organisation maritime internationale (OMI) pour la période 2025-2026, où il occupe également des fonctions inédites de vice-présidence au sein de cette instance onusienne.

C’est pour cette raison qu’une task force interministérielle a été récemment mise en place pour accompagner la transition énergétique du secteur maritime, en anticipation des exigences de décarbonation.

A travers la formation maritime, le Maroc va renforcer sa coopération Sud–Sud en positionnant l’Institut supérieur des études maritimes (ISEM) comme un hub régional sur le continent africain.

Et de conclure qu’à l’heure où la logistique maritime devient un enjeu stratégique mondial, la feuille de route veut en faire un levier de souveraineté, de compétitivité et d’influence pour le Maroc.

Biens culturels spoliés : la France ouvre la voie à des restitutions majeures au Maroc

Le Sénat français a engagé l’examen d’une loi-cadre destinée à faciliter la restitution des biens culturels acquis de manière illicite durant la période coloniale (1815-1972), sans devoir recourir à une loi spécifique pour chaque objet. Sachant que le principe d’inaliénabilité des collections publiques françaises constituait jusqu’ici un verrou empêchant la remise de ces œuvres aux pays spoliés, cette évolution juridique majeure devrait pleinement bénéficier au Maroc.

Une large typologie de biens concernés

« Le vote en cours d’une loi en France qui permettra de restituer les biens patrimoniaux aux anciennes colonies françaises et aux pays sous protectorat concerne aussi le Maroc », nous confirme le directeur du département du patrimoine au ministère de la Culture avant de détailler leur nature.

Selon Mustapha Jlok, la liste des biens susceptibles d’être restitués est vaste et couvre plusieurs strates de l’histoire du Royaume à l’instar d’anciennes cartes, d’œuvres d’art, d’objets préhistoriques, de manuscrits en langue arabe, d’objets proto-historiques, de pièces de la période islamique, d’habits traditionnels ou d’apparat, d’armes, ainsi que d’un fonds iconographique comprenant des photographies de la période du protectorat (1912-1956).

S’y ajoutent également des fossiles, des cartographies historiques du Royaume et divers objets scientifiques ayant quitté illégalement le territoire marocain durant la période coloniale.

Une avancée saluée par la Fondation nationale des musées

Tout en se réjouissant de cette évolution législative qui va permettre de rapatrier de nombreux biens culturels, le président de la Fondation nationale des musées du Maroc estime cependant nécessaire d’adopter une approche équilibrée, fondée sur le dialogue culturel et le rayonnement international.

« S’il est normal de pouvoir récupérer les biens pris illégalement, il faut aussi être prudent car la culture est faite pour être partagée », souligne Mehdi Qotbi pour qui conserver une petite partie des œuvres patrimoniales marocaines dans des institutions muséales d’autres pays peut également servir les intérêts du Royaume en faisant rayonner des éléments de sa culture à l’international.

Des restitutions encore limitées

Il faut cependant rappeler qu’à ce jour, les restitutions françaises au Maroc sont restées plutôt limitées et ont surtout concerné des archives historiques et des restes humains archéologiques.

Ainsi si un précédent avait été enregistré en 2019 avec le rapatriement au Maroc de restes humains néolithiques provenant de la nécropole de Rouazi-Skhirat, conservés à l’université de Bordeaux, il aura fallu attendre octobre 2024 avant que le président français Emmanuel Macron ne s’engage, au moment de sa visite d’Etat à Rabat, à restituer environ 2,5 millions de documents issus des archives coloniales françaises, dont de nombreux dossiers administratifs et cartographiques sensibles.

Une fois adopté, le nouveau cadre juridique français pourrait donc permettre au Maroc de bénéficier de restitutions massives d’objets d’art comparables à celles accordées à d’autres pays africains à condition qu’il soit en mesure de documenter l’origine et la propriété des biens concernés.

Des musées appelés à s’enrichir

Se voulant optimiste sur son impact, Mehdi Qotbi estime que l’entrée en vigueur de cette loi ne manquera pas d’avoir un effet structurant sur le paysage muséal marocain en alimentant ses réserves avec de nouvelles collections inédites pour les musées existants ou en cours de construction.

Confirmant les propos du président, Mustapha Jlok précise que les biens restitués seront conservés dans des réserves spécialisées ou exposés dans des musées nationaux, notamment au sein du futur Musée national de l’archéologie et des sciences de la Terre, plus grand espace muséal d’Afrique.

Why Alliances is betting on Rixos to put Port Lixus back on the map

Announced in November, the initiative is part of a broader program encompassing three luxury resorts—two of them in Marrakech—with a total estimated investment of 3 billion dirhams. A source close to the Alliances group explains that the decision to focus on Port Lixus stems from a desire to revitalize a seaside resort that has yet to achieve the success of destinations such as Taghazout or Mazagan.

A logical partnership built to last

« The decision to partner with the Turkish hotel chain Rixos is anything but random. It is based on the strength of the brand’s positioning and the distinctiveness of its Luxury All Inclusive concept, which redefines the standards of upscale hospitality, » our source explains. The Accor subsidiary is renowned for delivering a comprehensive experience that blends accommodation, gastronomy, wellness, sports, and entertainment, all underpinned by internationally proven standards.

Rixos’ affiliation with the French tourism group Accor is highlighted as a major strategic lever for Alliances. This partnership enables the Moroccan developer to broaden its reach beyond traditional European markets, tapping into new high-potential customer bases in Eastern Europe, Turkey, Russia, and the Gulf countries.

On the sustainability of this collaboration, our interlocutor believes that the Alliances group is committed to a strategic, solid, and lasting partnership with Rixos. The projects currently underway, he adds, reflect a strong conviction about the relevance of this concept in the Moroccan context.

Clearly optimistic, he notes that the alliance between the Moroccan and Turkish groups marks the start of a long-term collaboration. Other projects are already under discussion, aimed at supporting the upgrading of the national tourism offer and contributing to the development of high-potential destinations.

An Investment Choice Driven by Territorial Rebalancing

Although the seaside resort of Lixus has never truly taken off since the launch of the Azur Plan, our interlocutor stresses that the Moroccan group fully embraces and assumes this territorial choice.

« It is precisely because of their largely untapped potential that we chose Larache and the Port Lixus resort, » our source specifies, pointing to the region’s Atlantic coastline, its rich historical heritage, its proximity to Tangier, its favorable climate, and its strong accessibility.

Given that Alliances seeks to foster a more balanced tourism development by creating local employment, stimulating the regional economy, and showcasing destinations with high added value, the decision to invest in this region clearly reflects a desire for territorial rebalancing.

Creating an Integrated Tourism Ecosystem

While our interlocutor remains cautious about disclosing the necessary investment amount, which continues to evolve with ongoing feasibility studies, another reliable source estimates that this luxury resort—featuring around 400 rooms, multiple restaurants, sports facilities, and beach amenities—should mobilize several hundred million dirhams, potentially reaching up to 1 billion dirhams.

However, the key for Alliances is that this hotel represents only the first step in a broader investment strategy. Its launch is part of a structured program within the Lixus resort, encompassing a residential component, leisure and entertainment facilities, and dedicated recreational spaces—all with the ultimate goal of creating a truly integrated tourism ecosystem.

The ambition is to gradually and responsibly roll out a comprehensive, high-quality tourism offer, grounded in economic viability and designed to generate a positive impact across the entire region.

Towards a Sustainable Renaissance from 2030 Onwards?

According to our interlocutor, this 7.5-hectare project is scheduled for delivery alongside the two other hotels planned in Marrakech, with completion expected by the end of 2029 and full operation beginning in 2030.

When asked whether the project will help revitalize the Lixus resort, which has never truly taken off in terms of visitor numbers since its launch, our source confirms, emphasizing that it has been conceived as a catalyst for territorial development designed to unfold over the long term.

In conclusion, the arrival of an international benchmark brand like Rixos is expected to inject fresh momentum into the resort, turning it into a true attraction point. This dynamic should enhance the destination’s reputation, strengthen its appeal to new investors, upgrade the tourism offer, and ultimately energize the local economy.

If the promises of making this project a true catalyst for rebirth are fulfilled, Port Lixus could finally step out of the shadows and secure its place on the map of high-end tourism in Morocco.

Pourquoi Alliances mise sur Rixos pour repositionner durablement la station balnéaire de Port Lixus

Annoncé en novembre dernier, ce projet s’inscrit dans un programme global de trois resorts de luxe, dont deux à Marrakech pour un investissement total estimé à 3 milliards de dirhams. Proche du groupe Alliances, une source nous explique les raisons de ce choix d’investir pour relancer la station balnéaire de Port Lixus qui n’a jamais décollé comme celles de Taghazout et de Mazagan.

Un partenariat logique appelé à durer

« Le choix du partenariat avec la chaîne hôtelière turque Rixos ne relève pas du hasard car il repose sur la force de son positionnement et la singularité de son concept Luxury All Inclusive qui redéfinit les standards du tout-compris haut de gamme« , explique notre source en rappelant que la filiale du groupe Accor a l’habitude de proposer à ses clients une expérience globale mêlant hôtellerie, gastronomie, bien-être, sport et divertissement, avec des standards internationaux éprouvés.

Et de souligner que l’adossement de Rixos au groupe touristique français Accor constitue pour son partenaire Alliances un levier stratégique majeur qui lui permettra d’élargir son rayonnement en adressant, en complément des marchés européens traditionnels, de nouveaux bassins de clientèle à fort potentiel comme l’Europe de l’Est, la Turquie, la Russie ou encore les pays du Golfe.

Sur la pérennité de cette collaboration, notre interlocuteur estime que le groupe Alliances s’inscrit dans une logique de partenariat stratégique, solide et durable avec Rixos et que les projets engagés traduisent une conviction forte quant à la pertinence de ce concept dans le contexte marocain.

Visiblement optimiste, il ajoute que l’alliance entre les deux groupes marocain et turc marque le début d’une collaboration de long terme, avec d’autres projets en cours de discussion ayant pour vocation d’accompagner la montée en gamme de l’offre touristique nationale et de contribuer au développement de destinations à fort potentiel.

Un choix d’investir qui répond à un désir de rééquilibrage territorial

Si la station balnéaire de Lixus n’a jamais réellement décollé depuis le lancement du Plan Azur, notre interlocuteur explique que le groupe marocain revendique et assume pleinement le choix territorial.

« C’est précisément pour leur potentiel encore largement inexploité que nous avons choisi Larache et la station de Port Lixus », précise notre source en mettant en avant la façade atlantique de cette région, son patrimoine historique, sa proximité avec Tanger, son climat favorable et son accessibilité.

Sachant qu’Alliances veut contribuer à un développement touristique plus équilibré, en créant de l’emploi local, en stimulant l’économie régionale et en révélant des destinations à haute valeur ajoutée, le choix d’investir dans cette région répondrait donc à un désir de rééquilibrage territorial.

Créer un écosystème touristique intégré

Si notre interlocuteur préfère temporiser sur le montant de l’investissement nécessaire qui n’a pas cessé d’évoluer au gré des études de faisabilité, une autre source fiable estime que ce projet de resort de luxe d’environ 400 chambres, de plusieurs restaurants, d’installations sportives et balnéaires devrait mobiliser plusieurs centaines de millions de dirhams voire 1 milliard de dirhams.

Mais l’essentiel pour Alliances est que cet hôtel n’est qu’une première brique d’un projet plus large car son lancement s’inscrit en réalité dans un ensemble structuré d’investissements au sein de la station Lixus avec en sus une composante résidentielle, des espaces de loisirs, de divertissement et d’animation, dans une logique à terme de création d’un véritable écosystème touristique intégré.

L’ambition serait en effet de déployer de manière progressive et responsable une offre touristique complète et qualitative, fondée sur la viabilité économique avec un impact positif sur toute la région.

Vers une renaissance durable à partir de 2030 ?

Sur l’agenda, ce projet de 7,5 hectares devrait, selon notre interlocuteur, être livré en même temps que les deux autres hôtels prévus à Marrakech, à savoir pour fin 2029, pour une exploitation en 2030.

A la question de savoir si le projet va permettre de relancer la station Lixus qui n’a jamais vraiment décollé en termes de fréquentation depuis son lancement, notre source confirme en ajoutant qu’il a été pensé comme un catalyseur de développement territorial qui va s’inscrire dans un temps long.

Et de conclure que la dynamique de valorisation de la destination avec l’arrivée d’une marque internationale de référence comme Rixos devrait apporter un nouvel élan à la station qui deviendra un point d’attraction capable de générer une amélioration de la notoriété de la destination, un renforcement de son attractivité pour attirer de nouveaux investisseurs, une montée en gamme de l’offre touristique et enfin une dynamisation de l’économie locale.

Si les promesses de transformer ce projet en levier de renaissance sont tenues, Port Lixus pourrait enfin sortir de l’ombre et s’inscrire durablement sur la carte du tourisme haut de gamme au Maroc.

FITUR Madrid : comment l’ONMT prépare la croissance du marché espagnol

Destinée aux opérateurs marocains qui participeront au salon Fitur de Madrid, la fiche du deuxième marché émetteur du Maroc montre que l’Espagne constitue une cible prioritaire de l’ONMT avec un important potentiel de croissance en termes d’arrivées, de durée moyenne de séjour et de dépenses par visiteur dans le cadre du développement des partenariats et des liaisons aériennes et maritimes.

Les prescripteurs ibériques au cœur de la stratégie de développement

Temps fort de sa stratégie, la participation du Maroc au plus grand salon espagnol du tourisme, avec son pavillon de 900 m2 regroupant l’ensemble des opérateurs nationaux, permettra de renforcer son storytelling autour de ses atouts territoriaux, en offrant une vitrine stratégique pour consolider les partenariats B2B et B2C et renforcer sa notoriété sur le marché ibérique.

Afin d’accélérer le développement des arrivées espagnoles, l’ONMT a multiplié les partenariats avec les grands prescripteurs comme les groupes Ávoris, W2M et El Corte Inglés qui structurent une large part de la distribution en Espagne, aux côtés d’un réseau de 8.000 agences et de plateformes en ligne.

Selon le président d’un conseil régional du tourisme (CRT) présent à l’événement, les accords qui seront signés durant les cinq jours du plus grand salon touristique d’Espagne visent à sécuriser des volumes pour les prochaines saisons, à améliorer la visibilité du Maroc dans les catalogues et à orienter la demande vers des produits à plus forte valeur ajoutée, tels les circuits culturels, les city breaks, le golf, le désert, le tourisme d’expérience ou le MICE.

En amont de sa stratégie d’ancrage à ce marché stratégique qui pourrait à terme dépasser le marché français, l’ONMT a ainsi signé plusieurs conventions avec la Confédération espagnole des agences de voyages (CEAV) et avec la Fédération andalouse des agents de voyages (FAAV). Elle a également organisé au cours de l’année 2025 une dizaine de workshops itinérants dans plusieurs villes espagnoles.

Renforcement de la connectivité et diversification de l’offre

Outre la multiplication des signatures avec des opérateurs espagnols du tourisme, la stratégie de l’ONMT reposera aussi sur un renforcement significatif de la connectivité aérienne entre les deux pays voisins, avec 3 millions de sièges programmés sur la saison estivale 2026 pour l’hiver suivant.

Entre le renforcement de la fréquence des lignes existantes et l’ouverture de nouveaux vols directs, cette dynamique devrait, selon notre interlocuteur, ouvrir la voie à une croissance des flux ibériques.

Sachant que le Maroc est leur première destination plébiscitée hors Europe et USA et la septième à l’international, l’Office mise aussi sur la diversification territoriale en valorisant des régions comme Agadir, Fès, Dakhla ou le Nord méditerranéen, qui viennent s’ajouter aux classiques Marrakech et Tanger.

Cette multiplication de l’offre permettra de lisser la saisonnalité et d’éviter les courts séjours encore trop fréquents pour s’aligner sur la durée moyenne des séjours de 8,18 nuitées des touristes espagnols et sur une dépense moyenne de 1.000 euros lors de leurs voyages dans d’autres pays.

5 millions de touristes espagnols en 2026 ?

À court et moyen terme, notre interlocuteur avance que l’ONMT ambitionne de faire du marché espagnol l’un des principaux leviers et contributeurs de la croissance touristique nationale. « En se fondant sur les tendances observées en 2024-2025 et les accords qui seront signés avec les prescripteurs de voyage et les compagnies aériennes lors du salon FITUR, le Maroc devrait accueillir environ 5 millions de visiteurs en 2026 contre 4,5 en 2025 et 6 millions à l’horizon 2030 ».

Selon ce président de CRT, le renforcement croissant de l’accessibilité aérienne et l’organisation de la CAN, qui ont donné un coup de projecteur mondial à la destination, devraient servir d’accélérateur aux flux ibériques, même s’il faut préciser que plus de 50% d’entre eux sont constitués de Marocains résidant à l’étranger.

Transition au RNI : une recomposition à l’avantage du PAM ?

Interrogé par Médias24 sur l’éventuel impact politique du retrait de Aziz Akhannouch sur les résultats électoraux des prochains scrutins, Younes Maamar refuse toute lecture opportuniste de cette transition interne du RNI en défendant une ligne de continuité, de discipline et de construction programmatique, tout en rappelant que le PAM reste engagé dans la majorité gouvernementale.

 « Un départ qui ne changera rien à la donne politique »

« Pleinement engagé dans la coalition gouvernementale, notre parti n’entend pas brouiller les lignes à l’approche des élections et refuse de confondre action gouvernementale et compétition partisane », résume le membre du bureau politique qui exclut toute éventuelle incidence ou gain électoral du retrait de la vie politique du président sortant du parti majoritaire au pouvoir depuis 2021.

En affirmant que les ministres du PAM continueront d’assumer leurs responsabilités et que l’activité militante du parti s’exercera dans des cadres distincts, notre interlocuteur entend ainsi éviter toute contestation prématurée du bilan gouvernemental en insistant sur la stabilité au sein de la majorité.

La stratégie de son parti repose, selon lui, sur la valorisation de son bilan gouvernemental, à l’instar des « révolutions » de la justice et du code de la grève qui le dispenseraient d’entrer dans une dynamique de confrontation avec ses partenaires actuels au profit d’une campagne de propositions et non de rupture.

Pas de victoire par défaut

Sur le plan électoral, Younes Maamar récuse l’idée d’une victoire par défaut en insistant sur le fait que le PAM ne se définit ni par opposition ni par comparaison avec le RNI, mais par la solidité de son programme qui aura une très forte dimension territoriale et par sa capacité à convaincre son électorat sur le fond.

Réfutant l’idée selon laquelle le départ de Aziz Akhannouch ouvrirait un boulevard électoral au PAM, le membre du bureau politique estime que ce sont les électeurs qui jugeront le moment venu de la pertinence de son programme et de ses réalisations et non des recompositions internes des états-majors.

« Sans entrer formellement dans une phase de pré-campagne, notre prochain Conseil national qui aura lieu le 31 janvier prochain sera consacré à la préparation politique des prochains scrutins pour nous mettre en ordre de bataille », conclut-il, en ajoutant que le PAM s’aligne sur le calendrier institutionnel et refuse toute précipitation susceptible de fragiliser sa cohésion ou ses alliances.

Une opportunité électorale ?

Contacté à son tour, un autre dirigeant important du PAM adopte une lecture plus nuancée qui, sans aller jusqu’à parler de boulevard électoral, reconnait que la transition au RNI pourrait redistribuer les cartes et profiter au moment du scrutin aux autres partis de la majorité, dont le PAM.

« Il faut reconnaître que la succession d’un homme politique de la stature de Aziz Akhannouch, qui a profondément restructuré son parti, consolidé son implantation territoriale et porté le RNI à la victoire en 2021, ne sera pas aisée », confie notre source, pour qui l’incertitude liée à sa succession et la nécessité pour le RNI de préserver sa cohésion interne pourraient offrir au PAM une fenêtre d’opportunité pour viser la première place lors des prochaines législatives.

Au final, la question de la succession du président sortant du RNI qui pourrait ouvrir une brèche électorale au profit du PAM et de l’Istiqlal ne sera définitivement tranché qu’au moment du verdict des urnes.

Attractions, loisirs, expériences : le Maroc prépare le tourisme de demain

La ville ocre accueille entre le 19 et 20 janvier la première édition du Morocco IAAPA Summit, organisée par la Global Association for the Attractions Industry (IAAPA) en partenariat avec la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique (SMIT) avec la présence de 150 experts et investisseurs issus de 100 pays dans un événement dont la vocation est de développer le tourisme de divertissement.

Derrière les 20 millions de touristes, un travail de transformation structurelle

Selon le directeur général de la SMIT, le record de fréquentation enregistré en 2025 s’inscrit dans une dynamique de long terme portée par une vision royale ambitieuse et par la convergence des politiques publiques, des investissements privés et de l’ingénierie touristique.

« La performance actuelle n’est pas conjoncturelle car en réalité elle résulte d’un travail continu de structuration de l’offre et de préparation progressive des territoires », insiste Imad Barrakad qui tient à rappeler que le Maroc a consolidé un modèle touristique plus robuste, matérialisé par la création de plus de 43.000 lits supplémentaires et la rénovation de 62.000 lits sur le dernier quinquennat.

Une offre mature prête pour l’animation

Et d’ajouter qu’après avoir sécurisé l’hébergement, considéré comme le premier niveau de capacité de production touristique, le Maroc s’attaque désormais au second pilier qui est l’animation.

À la question de savoir pourquoi cette initiative vient aussi tardivement dans un contexte où l’animation est considérée comme le parent pauvre du secteur, notre interlocuteur estime qu’elle vient à point et qu’on ne peut par conséquent pas parler d’arrivée tardive de ce créneau essentiel.

« Nous avons en effet suivi une séquence logique, à savoir développer l’hébergement en premier lieu puis l’animation, et aujourd’hui les grands équipements », explique le DG, en ajoutant que l’atteinte du seuil des 20 millions de touristes marque un point d’inflexion avec un écosystème qui est désormais mature pour accueillir des investissements étrangers dans les grands projets d’attraction.

Atteindre 1500 activités d’animation pour allonger la durée de séjour 

Privilégiant une approche graduée à deux étages, notre interlocuteur explique que le premier niveau concerne les petits et moyens investissements portés par des TPME à travers des programmes dédiés à la gastronomie, au gaming, au digital, au tourisme d’aventure ou au milieu rural et que le second vise des projets structurants de grande envergure, dont les montants varient de 5 à 300 millions d’euros, notamment des parcs d’attractions devenus essentiels dans les destinations matures.

Rappelant qu’avant la crise sanitaire, le Maroc comptait environ 200 activités d’animation, le DG se félicite du fait que ce nombre a presque doublé en quelques années et que l’objectif actuel est désormais d’atteindre plus de 1.500 activités à l’horizon 2030.

« Afin de catalyser le développement et de permettre au marché d’aller encore plus loin, l’animation doit devenir une composante centrale de l’expérience », estime Imad Barrakad pour qui la diversification de l’offre est nécessaire pour allonger la durée de séjour et booster le taux de retour.

Des projets à la taille du marché 

Sur le potentiel de l’animation, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars par un expert étranger lors d’un des panels du sommet, le DG refuse de se prononcer et préfère privilégier une approche maîtrisée en expliquant que le tir doit être juste et qu’il ne faut pas attirer des investisseurs qui ne trouveront pas leur rentabilité et qui ne reviendront pas.

Et de conclure qu’à travers des rendez-vous internationaux comme le Morocco IAAPA Summit, le Maroc entend désormais attirer des projets adaptés à la taille de son marché, et inscrire durablement le tourisme de divertissement comme un pilier de sa compétitivité future, notamment auprès des familles, des jeunes et de la génération Z.

Tourisme : pourquoi F.Z. Ammor maintient ses objectifs

Tout en se félicitant du nouveau record d’arrivées réalisées par le Maroc, la ministre du Tourisme préfère cependant défendre une stratégie de croissance maîtrisée à l’horizon 2030 en maintenant le cap officiel de la feuille de route qui prévoit 26 millions de visiteurs alors que les professionnels estiment possible d’atteindre les 30 millions de visiteurs.

Au-delà du débat sur les chiffres, Fatim Zahra Ammor préfère s’en tenir aux choix de l’État en matière d’investissement, de capacité d’accueil et de création de valeur pour inscrire le tourisme dans une trajectoire durable.Le chiffre record de 19,8 millions d’arrivées n’est pas un succès conjoncturel

Médias24 : Quelle est votre lecture du chiffre de 19,8 millions d’arrivées réalisé en 2025 ?

Fatim-Zahra Ammor : Accueillir près de 20 millions de touristes est évidemment une source de grande fierté. Mais c’est surtout un tournant stratégique qui vient conforter la trajectoire de développement engagée par notre pays, sous la vision éclairée et le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste.

Ce chiffre reflète une dynamique touristique profonde et durable, portée par un choix politique de notre gouvernement de faire du tourisme un pilier stratégique du développement économique et territorial du Royaume. Il s’agit d’une dynamique construite dans le temps, et non d’un succès conjoncturel.

Cette trajectoire s’est appuyée sur des investissements forts, notamment le plan d’urgence post-Covid mis en place pour accompagner la relance du secteur, puis la feuille de route du tourisme 2023-2026, co-construite avec les professionnels et déployée avec rigueur.

Pour rappel, celle-ci repose sur des piliers clairs : le renforcement de la connectivité aérienne et de la promotion, la stimulation de l’investissement dans l’hébergement et les activités d’animation, ainsi que l’élévation des standards de qualité et de formation.Nous préférons privilégier une croissance maîtrisée

– Sachant que le Maroc a frôlé les 20 millions d’arrivées, pourquoi maintenir l’objectif de 26 millions en 2030 alors que des opérateurs affirment que la dynamique actuelle peut permettre d’atteindre 30 millions ?

– La dynamique actuelle peut légitimement nourrir une ambition encore plus élevée. Mais je voudrais préciser que l’objectif de 26 millions de touristes n’est pas un plafond : c’est un cap maîtrisé, fondé sur nos capacités réelles qu’il s’agisse d’hébergement ou d’aéroports, et sur la volonté de garantir une croissance durable et de qualité.

C’est cette approche responsable qui nous permettra de sécuriser la trajectoire et de continuer à créer les conditions pour dépasser nos objectifs.

– Quels sont les freins qui empêchent d’aligner l’objectif officiel sur les prévisions des professionnels ?

– Les prévisions exprimées par les opérateurs traduisent une confiance retrouvée et un optimisme que nous partageons pleinement.

Notre objectif officiel n’a pas vocation à brider l’ambition, mais à sécuriser la trajectoire : en matière d’infrastructures, de ressources humaines, de connectivité, d’investissement et de soutenabilité territoriale.Investissement, capacité d’accueil, diversification des offres sont les clés de notre stratégie

– Comment accompagner les investissements nécessaires pour élargir la capacité d’hébergement ?

– L’investissement dans la capacité d’hébergement est l’un des piliers de la feuille de route du tourisme. C’est pour cette raison que notre gouvernement a mis en place des mécanismes concrets pour accompagner les investisseurs et accélérer la montée en capacité grâce à la nouvelle Charte de l’investissement, qui prévoit jusqu’à 30% de subvention du capital pour les projets touristiques ; au Fonds Mohammed VI, avec un sous-fonds entièrement dédié au tourisme ; et, enfin, au programme Cap Hospitality qui est un dispositif inédit pour lequel l’État prend en charge l’intégralité des intérêts des crédits destinés à la rénovation des hôtels.

Les résultats sont au rendez-vous avec plus de 43.000 lits additionnels créés depuis 2021 déjà, et nous observons aujourd’hui un véritable appétit des investisseurs étrangers ou marocains pour la destination Maroc.

Enfin, nous travaillons à la mise en œuvre des textes relatifs aux autres formes d’hébergement prévues par la loi 80-14, (bivouacs, hébergements alternatifs, chez l’habitant), afin de diversifier l’offre et mieux répondre aux attentes des visiteurs et des territoires.Garantir une croissance durable et équitable dans toutes les régions

– La majorité des arrivées se concentrent sur des villes comme Marrakech, comment faire en sorte que cette dynamique de croissance touche uniformément l’ensemble des régions ?

– La croissance touristique ne concerne plus seulement quelques grandes villes car elle touche aujourd’hui l’ensemble des régions, avec des croissances à deux chiffres dans plusieurs destinations comme Rabat, Ouarzazate ou Tanger.

C’est une conséquence de la mise en œuvre de la feuille de route du tourisme 2023-2026 qui a été conçue dans cet esprit, en s’appuyant sur des filières où le Maroc a une vraie maturité et qui bénéficient aux 12 régions.

Pour que cette dynamique profite réellement aux territoires, nous avons travaillé sur des écosystèmes complets. Pour vous donner des exemples, nous avons renforcé l’aérien point-à-point vers plusieurs destinations, amélioré la connectivité domestique, et soutenu l’investissement dans l’animation touristique, à travers des programmes comme la Banque de projets, Go Siyaha et les incubateurs qui bénéficient à toutes les régions.Nous comptons augmenter la dépense moyenne par touriste au Maroc

– Comment expliquez-vous la synchronisation inédite des recettes de voyages qui ont suivi une croissance presque parallèle à celle des arrivées ?

– La hausse des recettes de voyages confirme que le tourisme marocain crée aujourd’hui davantage de valeur.

En effet, à fin novembre 2025, elles ont atteint 124 milliards de dirhams, soit une progression de 19% par rapport à 2024, ce qui est exceptionnel et illustre le renforcement du poids du secteur dans l’économie nationale.

Comme vous le savez, la dépense touristique dépend en grande partie de la durée de séjour, elle-même liée au type de tourisme proposé.

– Qu’avez-vous prévu pour capitaliser davantage sur la dépense moyenne par touriste plutôt que sur le volume seul des arrivées ?

– Des progrès concrets sont déjà visibles grâce à la diversification de l’offre et aux efforts en matière d’animation. Pour rappel, entre 2019 et 2024, la dépense moyenne par séjour a progressé de 32%, pour atteindre 7.300 dirhams.

En outre, nous ciblons également des marchés à plus forte valeur ajoutée, notamment les États-Unis et les pays du Golfe, où les durées de séjour et les niveaux de dépenses sont significativement plus élevés, afin de consolider cette dynamique dans la durée.

Faire de l’IA un pilier du développement : la stratégie marocaine expliquée par Amal El Fallah Seghrouchni

En marge de sa présentation de la stratégie nationale autour de l’intelligence artificielle à la presse, le samedi 10 janvier, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration nous explique comment son département compte faire de cet outil un pilier central du développement numérique qui va moderniser les services publics et, à terme, booster l’économie du Royaume.Un levier de souveraineté, d’équité territoriale et de développement inclusif

Médias24 : Quel est l’apport de la journée « AI Made in Morocco » pour le Royaume ?

Amal El Fallah Seghrouchni : Cette journée constitue une étape majeure, car elle s’inscrit dans le prolongement direct des Assises nationales de l’intelligence artificielle tenues en juillet 2025 et marque le passage d’une phase de diagnostic et de vision à une phase d’action structurée, pilotée par le département de la Transition numérique et de la réforme de l’administration.

Elle traduit une ambition claire et assumée, à savoir faire de l’intelligence artificielle un levier de souveraineté, d’équité territoriale et de développement inclusif pour le Royaume.

Dans un contexte international où l’IA s’impose comme un instrument déterminant de puissance économique, institutionnelle et géopolitique, le Maroc considère désormais la dépendance technologique non plus comme un risque théorique, mais comme une vulnérabilité stratégique avérée, appelant une réponse publique structurée, coordonnée et volontariste.

– Quel choix politique le Maroc a-t-il opéré face à la révolution de l’intelligence artificielle ?

– Notre pays a opéré un choix clair qui est de ne pas subir la révolution de l’intelligence artificielle, mais d’en assumer la pleine maîtrise.

Ce choix repose sur un principe cardinal de non-alignement technologique, entendu non comme un repli sur soi, mais comme la volonté souveraine de ne pas déléguer sa capacité de décision, de régulation et d’innovation à des technologies conçues ailleurs, selon des intérêts qui ne sont pas nécessairement les siens.

Ce positionnement commence à produire des résultats tangibles, notamment avec un gain de 14 places en une seule année dans l’édition 2025 de l’indice Government AI Readiness, illustrant les progrès réalisés en matière de gouvernance publique, de pilotage institutionnel et de renforcement des capacités nationales.Les cinq piliers de l’ambition nationale du Maroc

Sur quels piliers repose l’ambition nationale du Maroc en matière d’intelligence artificielle ?

– L’ambition portée par le Maroc en matière d’intelligence artificielle s’articule autour de cinq piliers politiques clairement établis : la souveraineté technologique, la confiance des citoyens, le développement massif et structurant des compétences, la promotion d’une innovation endogène et la consécration de l’équité territoriale.

Cette approche repose sur un constat lucide : l’intelligence artificielle n’est ni neutre ni intrinsèquement inclusive. En l’absence d’une action publique volontaire, elle peut accentuer les inégalités sociales, territoriales et économiques.

C’est pourquoi l’action publique s’articule autour du développement d’infrastructures numériques souveraines, du renforcement des compétences nationales et de la mise en place d’une gouvernance fondée sur la confiance, la responsabilité et la sécurité.

– Quel rôle joue le réseau des « Jazari Institutes » dans le cadre de Maroc Digital 2030 ?

– Le réseau national des centres d’excellence « Jazari Institutes » constitue un pilier structurant de la stratégie Maroc Digital 2030, portée par le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration.

Il s’inscrit dans le cadre du projet national « Al Jazari », conçu comme une architecture nationale cohérente et distribuée, visant à relier la recherche scientifique, l’innovation technologique et les besoins opérationnels de l’État, des collectivités territoriales et de l’économie nationale.Les Jazari Institutes ont vocation à devenir de véritables plateformes de formation

Le déploiement de ce réseau s’est engagé de manière progressive et territorialisée, avec de premières conventions signées avec les régions de Guelmim-Oued Noun, puis de l’Oriental (Nador), avant une étape structurante franchie en novembre à Dakhla. Cette trajectoire traduit une volonté affirmée d’équité territoriale et d’ancrage de l’intelligence artificielle dans l’ensemble des régions du Royaume.

Le lancement, le lundi 12 janvier, de « Jazari Root » marque une étape décisive de cette dynamique. « Jazari Root » constitue la racine, le cœur fédérateur et la plateforme nationale de gouvernance du réseau, chargée d’assurer la cohérence d’ensemble, la mutualisation des capacités et le passage à l’échelle du dispositif.

Sa vocation est de développer des capacités souveraines en matière d’infrastructures, de données et de technologies d’intelligence artificielle, de renforcer les compétences publiques et privées, de promouvoir des actifs numériques nationaux communs et de soutenir la modernisation de l’administration ainsi que l’amélioration des services publics.

Dans ce cadre, la journée « AI Made in Morocco » est également marquée par le lancement du laboratoire de recherche et développement en intelligence artificielle Mistral AI & MTNRA, qui constitue l’un des faits marquants de cette journée.

Ce laboratoire s’inscrit en effet dans le cadre d’un mémorandum d’entente signé entre le ministère de tutelle et Mistral AI, l’un des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle générative, et traduit une étape majeure de la coopération technologique internationale du Maroc dans le domaine des technologies avancées.

Ce laboratoire vise à instaurer une coopération continue en matière de recherche et développement, à travers des échanges techniques et scientifiques réguliers, l’organisation d’ateliers, de séminaires et de sessions de co-design, ainsi que des actions structurées de montée en compétences.

Ses travaux porteront notamment sur le co-développement de briques technologiques en intelligence artificielle, la réalisation de prototypes et de preuves de concept, l’évaluation de modèles, ainsi que la production de livrables techniques et méthodologiques destinés à structurer et capitaliser les connaissances acquises.

Les « Jazari Institutes », déployés à l’échelle régionale et thématique, ont vocation à devenir de véritables plateformes de formation, de recherche appliquée et d’innovation partagée, contribuant au développement des compétences nationales, au rapprochement durable entre le monde académique, l’administration et le tissu économique, ainsi qu’à l’émergence de solutions d’intelligence artificielle à fort impact économique et sociétal.

Cette ambition se traduit par une mobilisation institutionnelle large, formalisée à travers la signature de la convention « Jazari Root », réunissant 12 départements ministériels aux côtés de 4 institutions nationales et territoriales, illustrant le caractère interministériel, partenarial et structurant du projet « Al Jazari ».

– Comment cette démarche intègre-t-elle les start-up, les PME et l’économie productive ?

– Les conventions signées lors de la journée « AI Made in Morocco », notamment celles relatives au réseau Jazari, traduisent des engagements concrets en faveur de l’ancrage économique de l’intelligence artificielle.

Elles visent à renforcer le lien entre la recherche scientifique et la sphère productive, à accélérer la croissance des startups technologiques, à soutenir la digitalisation des très petites, petites et moyennes entreprises, et à développer ainsi qu’à attirer les talents marocains, au niveau national et international.

Les échanges ont également mis en avant la nécessité de modèles de financement innovants et de partenariats équilibrés entre les secteurs public et privé, capables d’accompagner les projets depuis les infrastructures jusqu’à la création de valeur économique durable.

L’intelligence artificielle sera un outil d’amélioration de l’action publique

– En quoi l’intelligence artificielle constitue-t-elle un levier de modernisation de l’administration et des services publics ?

– L’intelligence artificielle constitue un levier central de modernisation de l’administration publique, au-delà de la simple digitalisation des procédures qui permet une refonte des parcours de services, centrée sur l’usager, et qui s’appuie sur des usages à fort impact tels que l’automatisation, l’assistance conversationnelle et le traitement intelligent des documents.

Cette dynamique repose sur des avancées concrètes : plus de 600 services publics numériques recensés, plus de 120 services conformes aux exigences de protection des données et de cybersécurité, plus de 35.000 entreprises créées électroniquement, ainsi que la mise en œuvre de la Charte des services publics et la création de l’Observatoire national des services publics.

Au final, l’intelligence artificielle devient ainsi un outil d’amélioration de la qualité, de la rapidité, de la transparence et de la confiance dans l’action publique.

– Comment cette démarche prend-elle en compte les enjeux de souveraineté numérique, de cybersécurité et de protection des données ?

– La démarche nationale en matière d’intelligence artificielle est indissociable des impératifs de souveraineté numérique, de cybersécurité et de protection des données.

Elle s’inscrit dans un cadre réglementaire structuré, fondé notamment sur la loi 05-20 relative à la cybersécurité, la loi 09-08 sur la protection des données à caractère personnel et la future loi-cadre « Digital X.0 ».

L’objectif est de bâtir une véritable architecture de résilience, capable de protéger les infrastructures critiques, d’anticiper et de détecter les menaces, tout en garantissant la continuité des services publics et la confiance des citoyens, avec un usage responsable et supervisé de l’intelligence artificielle.

Comment accélérer la mise en œuvre de la régionalisation avancée au Maroc (Mbarka Bouaida)

Quinze ans après son lancement officiel en 2011, lors de l’adoption de la Constitution marocaine, le chantier de la régionalisation avancée progresse, mais à un rythme jugé encore insuffisant par plusieurs observateurs.

L’occasion de faire le point avec la présidente de l’Association des régions du Maroc sur la lenteur du transfert effectif de compétences de l’État vers les régions.

Tout en évitant de se prononcer sur un agenda final, Mbarka Bouaida table sur une meilleure articulation entre régionalisation et politiques nationales à moyen terme, qui permettra d’améliorer la planification territoriale des 12 régions du Maroc.

Médias24 : Lors d’une récente réunion au ministère de l’Intérieur, vous avez fait le point sur les réalisations depuis le lancement de la régionalisation avancée, pouvez-vous nous en dire plus ? 

Mbarka Bouaida : La régionalisation avancée au Maroc constitue l’un des chantiers majeurs de réformes engagés par le Royaume depuis l’adoption de la Constitution du 1er juillet 2011.

Celle-ci a posé les bases juridiques et institutionnelles d’un État moderne décentralisé basé sur la régionalisation avancée, démocratique et solidaire, en consacrant le principe de la libre administration des collectivités territoriales et en érigeant la région en échelon principal du développement territorial dont la mise en œuvre des composantes de ce chantier ne peut être effectuée logiquement que de manière progressive.

Depuis 2011 jusqu’à aujourd’hui, on peut distinguer trois phases. Une première étape était la phase fondatrice et d’appropriation (2015-2019), en termes notamment de mise en place du nouveau découpage régional du Royaume ; l’élaboration et le parachèvement du cadre juridique et règlementaire ; le renforcement et l’organisation de l’administration des collectivités territoriales ; la réalisation de la première génération des Schémas régionaux d’aménagement du territoire (SRAT) et des Programmes de développement régional (PDR).

La deuxième phase (2020-2024) a été marquée par le parachèvement de la mise en place des composantes nécessaires à la poursuite de la mise en œuvre du chantier de la régionalisation avancée, à travers la feuille de route pour l’application du cadre d’orientation, qui comprend un ensemble de dispositifs pratiques et opérationnels destinés à permettre aux régions de s’approprier progressivement l’exercice de leurs compétences propres et partagées, à court et moyen terme.

Une troisième étape (en cours), qui peut être indiquée comme une phase d’accélération de la mise en œuvre de la régionalisation avancée. Après la tenue de la 2e édition des Assises nationales de la régionalisation avancée et en partant des défis et des orientations contenus dans le message royal adressé aux participants à ces 2es Assises, un projet de feuille de route pour le parachèvement de la mise en œuvre de ce chantier a été élaboré. Ce projet se base sur quatre axes d’intervention prioritaires, tels que le renforcement du développement économique régional pour soutenir l’emploi ; le développement des infrastructures et des services publics de base en milieux urbain et rural ; la contribution à la gestion rationnelle des ressources en eau, énergie et environnement ; et, enfin, le renforcement de la qualification territoriale par des mécanismes de planification régionale intégrée.

La réunion tenue jeudi dernier était aussi l’occasion d’apprécier à juste titre les réalisations des régions, notamment le déploiement de la convention relative au transport urbain, l’avancement de la mise en place de la feuille de route relative à l’eau…

– Hormis les présidents de région, pourquoi tout le gouvernement était-il présent à la réunion ?

– À titre de précision, cette réunion n’est pas occasionnelle, mais elle s’inscrit dans le cadre de réunions régulières tenues depuis l’adoption du Cadre d’orientation pour la mise en œuvre de la régionalisation avancée, signée en marge des 1res Assises de décembre 2019 par 12 ministres en sus des présidents de région.

L’objectif principal de ces réunions est d’assurer le suivi et le pilotage du chantier de la régionalisation avancée. Il est par conséquent tout à fait logique que ce genre de réunions se caractérisent par la participation des présidents de région, qui incarnent la dimension décentralisatrice de la régionalisation avancée, et par les départements gouvernementaux, qui représentent sa dimension déconcentratrice.

Les deux dimensions sont incontournables pour l’effectivité de ce chantier.

– Quels sont les défis qui se posent pour accélérer ce chantier qui s’éternise depuis quinze ans ?

– La réponse à votre question est explicitement formulée dans le message royal adressé aux participants aux 2es Assises nationales de la régionalisation avancée tenues en décembre 2024, à savoir par :

– Qu’apporte de nouveau le projet de feuille de route ?

– En se référant toujours aux orientations royales, Sa Majesté le Roi que Dieu L’assiste a interpellé les acteurs concernés à tracer une feuille de route claire et consensuelle, qui permet de définir les orientations stratégiques pour la prochaine étape.

En effet, juste après la clôture des travaux des Assises, on s’est penché sur la conception et le déploiement de cette feuille de route. D’une manière synthétique, cette dernière est constituée de plusieurs outils et instruments qui touchent à la fois les missions institutionnelles de la région (développement économique, attractivité territoriale, planification, développement rural, eau et énergie) et les missions de support (contractualisation, financement, ressources humaines…).

Mais ce faisant, et eu égard à la dynamique et à l’envergure du chantier de la régionalisation avancée, il était question de prioriser les actions à mettre en œuvre en distinguant entre celles qui sont réalisables immédiatement, celles à déployer dans le court terme et celles qui exigent un plan de progrès à moyen terme.

– Quelques exemples de la nouvelle génération de programmes de développement territorial…

– L’exemple le plus illustratif et le plus frappant est le concept du Programme de développement territorial intégré, insufflé dans le discours du Trône du 29 juillet 2025 et dont les modes opératoires ont été esquissés dans la circulaire du ministère de l’Intérieur du 15 août 2025.

Cette nouvelle génération de programme sera conçue sur la base d’un processus de consultation élargie comme nous l’avions vu dans l’ensemble des provinces du Royaume et permettra de coordonner les actions de développement local (emploi, eau, santé, éducation) de manière cohérente, en intégrant les plans régionaux et en impliquant acteurs locaux et citoyens, pour une approche plus efficace et équitable.

– Sachant que vous tablez sur une mise en œuvre dès février prochain, quels seront les outils dont disposeront les régions à cet horizon?

– Il faudra distinguer entre deux blocs. Il y a d’un côté les mécanismes institutionnels. Il s’agit de projets de lois, décrets ou circulaires que le gouvernement présentera ou adoptera certainement dans les semaines à venir ; et dont l’objectif serait de clarifier certaines compétences, de mieux formuler et d’élaborer certaines actions…

Et les projets qui seront contenus dans les PDTI, et qui devraient répondre au message royal du discours du Trône pour réduire les inégalités, créer de la valeur ajoutée et surtout créer de l’emploi.

Pour résumer, le programme est en cours d’élaboration et puise ses idées des consultations effectuées.

– Y a-t-il des vases communicants entre la régionalisation avancée et le plan d’autonomie des provinces du Sud qui doit être soumis à l’ONU ?

– Sachant que le plan d’autonomie constitue un cadre institutionnel essentiel pour une régionalisation de niveau supérieur, la convergence entre régionalisation avancée et plan d’autonomie doit être conçue comme un processus structuré, progressif et constitutionnellement maîtrisé.

C’est pourquoi la transition vers une régionalisation pleine exige un équilibre entre autonomie territoriale, unité nationale et stabilité institutionnelle, qui doit s’appuyer sur un modèle clair, cohérent, financièrement soutenable et conforme aux standards internationaux tels que réaffirmés dans la Résolution 2797.

Cette orientation offrira en effet l’opportunité de consolider l’ancrage territorial du développement, de renforcer la gouvernance publique et d’affirmer le leadership institutionnel du Royaume dans la gestion de la régionalisation avancée.

– Faudra-t-il attendre 2030 pour que ce chantier soit enfin totalement opérationnel ?

– Vous savez, nous avançons bien car nous ne sommes pas dans une logique d’attentisme mais de l’amélioration continue, dans la mesure où la régionalisation avancée est une vision profonde, dynamique qui évolue constamment en fonction des fondements institutionnels du Royaume et les infléchissements du contexte.

C’est donc dans cet ordre de logique que doivent s’inscrire la conception et la mise en œuvre intelligente de la  feuille de route de la régionalisation avancée.

In fine, l’objectif sera de rendre la régionalisation plus effective, plus lisible et plus performante, sans renvoyer l’opérationnalisation à un horizon lointain.

Comment le Maroc ambitionne de devenir un acteur majeur de l’IA d’ici 2030

Afin de positionner le Maroc comme un acteur de référence dans le domaine de l’intelligence artificielle qui soit au service de l’administration, de l’économie et de la société, la vision de Amal El Fallah Seghrouchni repose sur plusieurs axes conçus pour développer la souveraineté technologique nationale, stimuler l’innovation locale et renforcer la compétitivité économique du pays.

12 instituts pour fournir les compétences nécessaires

« Le développement de l’outil d’IA se base sur la création à terme de 12 instituts régionaux qui auront pour but de regrouper toutes les expertises autour de la formation, la recherche appliquée et l’innovation », a résumé la ministre de tutelle, pour qui les Instituts Jazzari, précurseur de la robotique et de l’automatisation, constitueront les fondations de cette dynamique.

Au cœur de sa stratégie censée banaliser l’utilisation de l’intelligence artificielle, ces pôles multidisciplinaires auront pour mission de coordonner la recherche, de former des ingénieurs et porteurs de projets tout en favorisant la recherche et l’incubation de startups dans ce domaine.

Chaque institut sera spécialisé dans une thématique propre à sa région, à l’image de celui de Dakhla qui misera sur les énergies renouvelables (éolienne…), de celui de Guelmim-Oued Noun réservé aux problématiques hydriques et enfin de celui de l’Oriental dans le développement de projets liés à l’agriculture intelligente, à la gestion durable de l’eau ou encore à la surveillance environnementale …

Le financement sera assuré à part égale par le ministère, par des partenaires publics et par le privé.

Éviter la fracture numérique par un maillage territorial d’infrastructures

Afin d’assurer une efficacité sur l’ensemble du territoire national et d’éviter la fracture numérique, ces instituts ne seront pas cantonnés dans les grands centres urbains comme Casablanca ou Rabat.

Et d’ajouter que cette démarche d’élargissement permettra ainsi de faire émerger des écosystèmes régionaux autour de l’agritech, de la santé numérique ou encore de l’éducation intelligente.

L’autre pilier de la stratégie ministérielle consistera à développer des infrastructures stratégiques comme les datacenters capables d’atteindre 500 MW à Dakhla, les réseaux cloud souverains et une connectivité renforcée qui permettront d’héberger, de sécuriser et de traiter ses propres données sans dépendre d’acteurs étrangers afin d’être en mesure de garantir une souveraineté nationale.

La future loi numérique X.0 garantira l’éthique de l’IA

Désireuse d’assurer une gouvernance responsable de l’IA, la ministre a révélé qu’un projet de loi dénommé XO qui encadrera l’usage de l’intelligence artificielle sera bientôt déposé au Parlement.

Avec l’aide de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), ce texte intégrera la dimension éthique des données utilisées par les administrations publiques et les entreprises afin de renforcer la confiance des citoyens.

En dernier lieu, la ministre a révélé que des partenariats internationaux avaient été noués avec des entreprises leaders dans le domaine de l’IA pour l’échange d’expertise, tout en développant des solutions adaptées aux besoins spécifiques du Maroc et de l’Afrique.

Dans le cadre de sa stratégie de déploiement de cet outil, le Maroc a établi un partenariat avec la société Mistral spécialisée en intelligence artificielle, qui vise à offrir un accès à des modèles IA de dernière génération, à développer ensemble des solutions adaptées aux langues telles que la darija et l’amazigh, à intégrer des technologies avancées dans les services publics et enfin à coopérer sur des projets nécessitant une forte capacité de calcul.

À Rabat, la CAN a généré au moins 150.000 touristes supplémentaires (opérateurs)

« Si l’ONMT par la voix de son directeur général a déclaré que l’opération promotionnelle intitulée « Maroc, terre de football » allait contribuer à générer entre 700.000 et 800.000 visiteurs supplémentaires issus d’Afrique et d’Europe, on peut d’ores et déjà estimer à au moins 150.000 le nombre de supporters présents à Rabat depuis le 21 décembre », se félicite un représentant des hôteliers de la région Rabat-Salé-Kénitra. Il s’appuie sur le taux d’occupation relevé par ses confrères et la forte participation des spectateurs africains ou MRE dans les stades.

Un taux d’occupation exceptionnel en décembre

Tout en nous invitant à attendre la publication des statistiques pour connaître les chiffres des arrivées de décembre et de janvier, l’ancien président du Conseil régional du tourisme de Rabat-Salé-Kénitra, confirme nos prévisions d’une fréquentation hôtelière exceptionnelle pour le mois de décembre. La capitale, qui reçoit le plus grand nombre de matchs, a autant profité de la CAN que Marrakech durant les fêtes.

Directeur général de l’hôtel Sofitel, jardin des roses, Hassan Bargach tient ainsi à préciser que son hôtel affiche complet depuis le 15 décembre grâce notamment à 120 chambres réservées par le staff de la Confédération africaine de football pour tout le mois que durera la coupe continentale.

« C’est le cas de la majorité des 4 et 5 étoiles qui ont accueilli les équipes et leurs délégations, ainsi que de tous les hôtels classés réservés par les milliers de supporters africains ». L’hôtelier estime à environ 3.000 le nombre d’Algériens présents dans la capitale pour encourager leur équipe, dont une partie importante s’est tournée vers les 85 hôtels de Rabat d’une capacité de 12.000 lits.

Se félicitant de la forte affluence dans les stades, ayant entraîné une hausse importante de la consommation dans plusieurs secteurs d’activités comme la restauration, le transport…, Hassan Bargach pense que l’édition 2025 permettra de mieux se préparer pour le Mondial 2030 et peut-être même pour une nouvelle CAN en 2028, au cas où le Maroc serait à nouveau retenu pour l’organiser.

« La fréquentation hôtelière a baissé d’un tiers en janvier »

Tout aussi satisfait que son prédécesseur, le président du Conseil régional du tourisme de Rabat-Salé-Kénitra tient à préciser que la fréquentation hôtelière a beaucoup baissé depuis l’élimination de plusieurs grandes équipes comme celles de la Tunisie, de l’Afrique du Sud ou de la République du Congo.

« Si les 11 hôtels de luxe et les 4 étoiles affichaient complet en décembre grâce aux délégations des pays africains éliminés depuis, le taux d’occupation doit tourner aujourd’hui entre 60% et 70% », estime Mehdi Hameda Benchekroun. Il explique que l’équipe d’Algérie, qui séjournait au Marriott, et ses milliers de supporters logés dans des établissements plus modestes, voire dans des locations de type Airbnb, ont dû se rendre à Marrakech pour disputer les quarts de finale au grand stade de la ville ocre.

« Salé et Kénitra ont accueilli une grande partie des supporters moins aisés »

À la question de savoir si Rabat a pu accueillir au moins 150.000 visiteurs supplémentaires en moins de trois semaines, notre interlocuteur estime que malgré la baisse récente du taux de remplissage, ce scénario n’est pas à exclure grâce au succès rencontré par les hébergements classés et informels.

Et de conclure qu’une grande majorité des supporters africains ont choisi de séjourner dans de petits hôtels ou dans des logements économiques de type Aibnb dans les villes périphériques de Salé et Kénitra, qui ont réalisé un chiffre d’affaires touristique largement inédit depuis le début de la CAN.

Sachant que la compétition va encore durer dix jours, nos sources estiment que la région de Rabat, hôte majeur de la CAN, a été la grande gagnante de cet événement en termes de hausse d’arrivées, de nuitées et d’activité économique, renforçant son image de destination incontournable.