Fin 2025, le champ de Tendrara devrait produire ses premières livraisons de gaz destinées à la demande du secteur industriel, après des années d’exploration et de développement menées par Sound Energy. Mana Energy a rejoint le projet à un moment crucial : Sound Energy, accablé par les dettes, ne pouvait plus le développer seul.
Cette première phase qui permettra de produire 100 millions de mètres cubes de gaz naturel n’est pas suffisante pour répondre au besoin national pour la production de gaz naturel en quantité suffisante pour alimenter partiellement les besoins futurs des centrales électriques à gaz, et c’est l’entrée de Mana Energy qui permettra de donner un nouveau souffle nécessitant la disponibilité de fonds pour une mise en œuvre rapide.
Le deal finalisé le 11 décembre 2024 peut atteindre un montant total de 45,2 millions de dollars américains, versés par tranches, dont 13 millions ont déjà été payés. Grâce à cet accord, Mana Energy acquiert une participation majoritaire dans le projet : 55% de la concession d’exploitation de Tendrara (Sound Energy conservant 20%), ainsi que 47,5% des permis d’exploration du Grand Tendrara et d’Anoual (Sound Energy gardant respectivement 27,5% dans chaque permis).
Pour assurer la bonne vitesse voulue au projet, Mohammed Seghiri, ancien directeur général des opérations de Sound Energy, a rejoint Mana Energy. Il sera en charge de la passation et occupera le poste de directeur exécutif des activités Gaz au sein du comité exécutif de Managem.
Parmi les premières décisions stratégiques établies par Mana Energy figure la modification du contrat avec Italfluid GeoEnergy, qui est passé d’un contrat de location-financement à un nouveau contrat EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) de la micro-unité de liquéfaction de gaz naturel de Tendrara. Ce nouveau contrat engage Italfluid à mettre en service l’usine de traitement et de liquéfaction du gaz au quatrième trimestre 2025.


Avancement de la construction de la micro-usine de liquéfaction dans le champ de Tendrara
Afin de permettre une bonne mise en œuvre, Sound Energy a précédemment mené des opérations de reconditionnement et de mise à niveau sur les puits TE-6 et TE-7 (forés en 2016 et 2017 dans le cadre de la licence d’exploitation de Tendrara). Ces travaux étaient essentiels pour garantir que les puits soient pleinement opérationnels et équipés de matériaux durables et résistants à la corrosion.

Dans sa dernière communication, Mana Energy a indiqué que le système de collecte de gaz (des puits vers l’usine de liquéfaction) progresse, avec 76% des commandes d’équipements finalisées (dont 5 équipements déjà installés sur site), et que les appels d’offres pour les travaux de montage sont en cours.
Alors que le dispositif de stockage prend sa forme finale, Italfluid s’engagera à livrer la micro-usine qui permettra le traitement, le conditionnement et la liquéfaction du gaz naturel et qui permettra, durant la première phase du projet, la livraison de gaz naturel par camion aux industriels (comme le gaz produit dans le Gharb et livré aux industriels du quartier industriel de Kénitra).
Un contrat de type « take or pay« d’une durée de dix années a été précédemment signé entre Sound Energy et Afriquia Gaz, qui permettra de vendre une quantité contractuelle annuelle de 100 millions de mètres cubes.
En ce qui concerne la deuxième phase du projet qui permettra de produire le gaz pour l’électricité, elle nécessite une actualisation de l’étude FEED (ingénierie et conception préalable) afin d’obtenir des coûts actualisés pour 2025 et une conception optimisée, conditions indispensables pour passer à la décision finale d’investissement (FID) et démarrer l’exécution des travaux.
En tant que nouvel opérateur, Mana Energy prévoit de finaliser l’ensemble des activités préparatoires courant 2025 pour aboutir à une décision finale, en s’appuyant sur ses propres équipes projet pour maintenir la dynamique et assurer une transition opérationnelle efficace qui permettra de garantir à la fois la précision des données techniques et financières, ainsi que le respect du calendrier ambitieux fixé pour le développement du projet.
À terme, la phase 2 du projet Tendrara permettra de produire au moins 400 millions de mètres cubes, équivalant à environ 40% de la demande en gaz naturel qui atteint annuellement environ 1,05 milliards de mètres cubes pour couvrir les besoins énergétiques.
L’exploration de nouveaux prospects pour déchiffrer des ressources additionnelles
Dans le cadre de l’accord de cession avec Sound Energy, Mana Energy s’engagera à financer, en priorité, le forage de deux puits : SBK-1 dans la licence de Grand Tendrara et M5 dans la licence d’Anoual.

Ayant opté pour solidifier les ressources déjà identifiées à Tendrara, le prospect SBK-1 avait été testé par le précédent titulaire du permis à un débit maximal de 4,41 million de pieds cubes standard par jour, en juillet 2000, et représente un potentiel d’au moins 2 milliards de mètres cubes (scénario de la plus faible estimation).
Situé dans la licence d’Anoual, le prospect M5 permettra le forage d’une cible, et la planification opérationnelle progresse. Sound Energy a estimé un potentiel d’exploration brut du prospect d’exploration M5, exprimé en gaz initialement en place, correspondant à au moins 9 milliards de mètres cubes avec des chances de succès de 21%.
D’autre part, la deuxième phase du projet de Tendrara prévoit le forage de six puits, ce qui permettra d’accéder à des ressources additionnelles pour accompagner l’augmentation de la production.
Après son désengagement partiel des licences Anoual et Tendrara, la compagnie recentrera ses efforts sur la licence de Sidi Mokhtar, située à proximité du périmètre de Meskala où l’ONHYM assure déjà une production de gaz naturel et de condensats. Les pistes identifiées comme prospects forables, révélées par une imagerie sismique améliorée, offrent un potentiel prometteur. L’objectif est d’acquérir de nouvelles données sismiques 2D haute résolution spécifiquement ciblées pour optimiser l’imagerie des structures sous-salifères, et qui devraient permettre le forage d’un puits d’exploration visant un prospect gazier à fort potentiel.

Cette région présente un potentiel pré-salifère (en dessous des roches salifères, et qui joue un rôle important dans les systèmes pétroliers) sous-exploré, avec seulement quelques forages anciens basés sur des données sismiques obsolètes. Les 60 puits existants (réalisés dans la région par les opérateurs précédents) ont ciblé principalement les carbonates post-salifères (déposés après les roches salifères), moins profonds. Les rares tentatives d’exploration sous-salifère ont souffert de données sismiques de médiocre qualité, alors que les progrès récents en acquisition et traitement sismique permettent désormais une imagerie fiable de ces structures profondes.
En plus de la recherche gazière, un autre axe de développement est engagé par Sound Energy en relation avec l’exploration d’hélium et d’hydrogène avec Getech, afin d’évaluer le potentiel naturel en hydrogène et en hélium du Maroc. Les résultats de l’étude sont attendus en 2025.
En revanche, sur le plan financier, les prévisions de trésorerie de la société pour les douze prochains mois, jusqu’en avril 2026, indiquent qu’un financement supplémentaire sera nécessaire pour lui permettre de continuer à honorer ses obligations. Cette situation témoigne de l’existence d’une incertitude significative quant à sa capacité à poursuivre son exploitation, a annoncé l’entreprise britannique dans son bilan d’activité de l’année 2024.