Sound Energy compte sur le bon déroulement de l’agenda de production et de développement de gaz naturel à Tendrara pour assurer ses différentes obligations financières, qui s’élèvent à 30 millions de livres sterling. L’arrivée de Mana Energy (Al Mada) comme opérateur du projet dans l’Est marocain (Tendrara et Anoual) fin 2024, a été un catalyseur essentiel pour accélérer les travaux du projet, retardés de plus de deux ans en raison des difficultés financières de Sound Energy avant la cession partielle des licences de Tendrara et Anoual à Managem.

L’arrivée de Mana Energy était stratégique, visant à la fois à apporter un soutien financier au projet, et un appui managérial.

L’une des premières décisions de Mana Energy a été la modification du contrat d’Italfluid. Initialement, un contrat de location-financement, il a été transformé en un nouveau contrat EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) pour la micro-unité de liquéfaction de gaz naturel de Tendrara. Cette décision engage Italfluid à finaliser la livraison et la mise en service de la micro-unité avant la fin de l’année, sous peine de pénalités stipulées dans le nouveau contrat EPC.

Selon les dernières informations communiquées par Sound Energy concernant le site de Tendrara, les deux puits de production ont été récemment ouverts (le disque de rupture a éclaté), nettoyés et testés, confirmant un bon débit de gaz disponible, ce qui confirme davantage que les premières livraisons de gaz seront produites avant la fin de l’année en cours.

La feuille de route actualisée de gaz naturel adoptée en 2024 portera ainsi ses premiers fruits cette année avec le démarrage de la production de GNL (gaz naturel liquéfié) sur le site de Tendrara. Pour accompagner cette montée en puissance, le ministère de la Transition énergétique a lancé, dans le cadre de cette feuille de route du gaz naturel, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour la construction d’un premier terminal GNL au nouveau port Nador West Med, l’édification d’une centrale électrique à cycle combiné à proximité du port, ainsi que deux extensions du gazoduc : la première vers Nador West Med et la seconde vers Mohammédia.

Une troisième connexion au gazoduc Maghreb est prévue dans le cadre de la phase 2 du projet de Tendrara et qui permettra d’acheminer le gaz naturel liquéfié vers les centrales électriques à gaz connectées au GME. Mana Energy devrait finaliser l’actualisation de l’étude FEED (ingénierie et conception préalable) afin d’obtenir des coûts actualisés et une conception optimisée. Ces conditions sont indispensables pour passer à la décision finale d’investissement (FID) et démarrer l’exécution des travaux dans un délai ne dépassant pas la fin de l’année 2025. Si le calendrier est respecté,

La phase 2 du projet Tendrara, qui devrait couvrir environ 40 % des besoins actuels du pays en gaz, devrait être opérationnelle dès 2027. Cette mise en service coïncidera avec la finalisation des infrastructures gazières prévues dans l’appel à manifestation d’intérêt, dont les travaux devraient s’achever également en 2027.

Retour des travaux d’exploration dans les licences de Tendrara et Anoual

L’accord de cession conclu avec Sound Energy prévoit que Mana Energy financera en priorité le forage de deux puits stratégiques  : SBK-1, situé sur la licence de Grand Tendrara, et M5, localisé sur la licence d’Anoual.

En raison de son expérience, de son réseau relationnel et de son savoir-faire, Mana Energy a convenu avec Sound Energy qu’elle superviserait les opérations de forage de ces deux puits. Graham Lyon a déclaré que les forages devraient commencer dans les deux prochaines semaines, sous réserve de la confirmation de la disponibilité de l’appareil. Le puits M5 sera probablement foré en premier, suivi du puits SBK-1 et, très probablement, d’un troisième puits, T4.

Localisation des prospects stratégiques dans les licences de Tendrara et Anoual (couleur rouge  : gaz découvert et couleur mauve  : présence potentielle de gaz)

Situé dans la licence du Grand Tendrara, le puits SBK-1 présente une probabilité élevée de succès, ayant déjà produit du gaz en surface lors de tests réalisés il y a environ 25 ans. En juillet 2000, un débit maximal de 4,41 millions de pieds cubes standard par jour (MMscf/j) avait été atteint.

Les estimations indiquent, avec une probabilité de succès de 50 %, un volume moyen de gaz récupérable de 3,9 milliards de mètres cubes. Bien que ce volume soit inférieur à celui du puits T5 (pilier de la phase 1 de production), le SBK-1 pourrait néanmoins être raccordé à l’usine de liquéfaction pour valorisation ».

Situé à quelques kilomètres du puits T5, le prospect T4 a confirmé la présence de gaz, mais n’a pas produit lors des tests en raison de la faible perméabilité du réservoir à cet emplacement, comme nous l’avions précédemment indiqué. Le puits, foré en 2006, traversait en effet une zone où la formation était trop compacte.

Le principal risque lié à un nouveau forage sur cette structure réside dans l’incertitude quant à l’existence d’un réservoir suffisamment perméable pour permettre au gaz de s’écouler à des débits commerciaux. Les ressources estimées pour cette structure s’élèvent à 7,6 milliards de mètres cubes (milliards de pieds cubes) de gaz en place.

Située dans la licence d’Anoual, cette zone reste encore peu explorée et les connaissances y sont limitées. Mana Energy et Sound Energy prévoient de forer un puits d’exploration sauvage (wildcat), dont les chances de succès sont estimées techniquement à environ 21 %. D’un point de vue logique, elles seraient de 50/50. Bien que ce forage soit aventureux, il pourrait, avec un peu de chance, mener à des découvertes majeures, comme ce fut le cas pour le gisement de Birallah en Mauritanie. Les estimations établies dans ce prospect prédisent la présence d’au moins 9 milliards de mètres cubes (probables et non certifiés).

Sound Energy : une situation financière délicate sans visibilité de redressement

Concernant d’autres zones du portefeuille de la société britannique Sound Energy, notamment la licence de Sidi Mokhtar, située dans les environs d’Essaouira, des travaux sismiques 2D sont nécessaires pour évaluer les cibles opportunes d’un forage d’exploration. Nécessitant un investissement conséquent de 6 millions de dollars et compte tenu de sa situation financière actuelle, Sound Energy, détenant une participation de 75%, recherche activement un partenaire potentiel afin de partager cette dépense. La société est actuellement engagée dans plusieurs discussions avec des tiers à ce sujet.

En ce qui concerne les rumeurs d’une introduction en bourse de Casablanca, Sound Energy a démenti l’existence d’un projet immédiat. Bien que la société reste ouverte à d’autres sources de financement si les conditions du marché s’y prêtent, ce n’est pas dans les projets immédiats de Sound Energy.

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