Pour rappel, Gotion Power Morocco avait signé le 6 juin 2024, avec le chef du gouvernement, une convention d’investissement de 5,6 milliards de dollars portant sur un projet de gigafactory qui sera réalisé en cinq phases de 20 GWh chacune, pour un total de 100 GWh.

« La première phase de 1,3 milliard de dollars avance particulièrement bien », a déclaré Khalid Qalam ce mercredi. « Les travaux de terrassements ont été entamés dès la signature de cette convention. Ils sont à présent finalisés, et les travaux de construction devraient démarrer dans les prochains jours« .

« Nous espérons pouvoir démarrer la production vers le troisième trimestre 2026, soit dans environ une année, et commencer à livrer nos clients, à la fois les constructeurs automobiles et les energy providers, depuis le Maroc ».

« Nous avons par ailleurs lancé les discussions avec le gouvernement marocain pour activer rapidement la seconde phase de ce projet, afin de passer rapidement à une capacité de 40 GWh ».

Selon nos informations, la convention d’investissement signée avec l’État marocain ne concerne que la première phase de ce projet, même si la perspective s’étale sur cinq phases.

Gotion Power Morocco a donc demandé à entamer les discussions sur la deuxième phase, afin de négocier les termes d’investissement, les subventions et le planning, et ce, à travers l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), qui représente le Royaume.

Un taux d’intégration de près de 70% dès la première phase

« Nous serons totalement verticalisés dès la première phase » de cette gigafactory, dont la capacité s’élèvera à 20 GWh. « Près de 70% du coût de la batterie sera produit au Maroc« , a par ailleurs précisé Khalid Qalam.

« Avec ce niveau d’investissement, l’objectif de Gotion est de gagner en compétitivité, parce que nos concurrents ne se trouvent pas au Maroc, mais partout dans le monde, et en Chine en particulier. Les Chinois peuvent exporter leur batterie en Europe avec des taxes douanières très faibles ».

« On aura donc un taux d’intégration qui avoisine les 70% dès le démarrage, et nous produirons les cathodes, les anodes et des modules au Maroc. On pourra également s’appuyer sur un écosystème remarquable, notamment Cobco et BTR, qui sont déjà présents au Royaume ».

« Le projet emploiera 2.300 personnes en première phase, et 10.000 personnes sur les cinq phases ».

Le marché automobile et le stockage d’énergie

« Dans le secteur des batteries au Maroc, nous avons deux principaux marchés, le marché automobile et celui du stockage d’énergie », indique Khalid Qalam.

« Le marché de l’automobile sera principalement constitué du marché européen, ainsi que des zones franches marocaines, à travers le groupe Renault et Stellantis. »

« Dans l’automobile, malgré la forte croissance enregistrée, nous n’avons pas encore atteint les résultats escomptés par les constructeurs automobiles », a-t-il ajouté. « Cela s’explique d’abord par le coût des véhicules électriques, qui reste très élevé en Europe et ailleurs. »

« Il faut toutefois noter que l’Union européenne a établi une règle, selon laquelle nous ne pourrons plus produire de véhicules à combustion à partir de 2035. On devra prochainement passer vers le 100% électrique, ou du moins le partiellement électrique ».

« L’apport de Gotion sur ce secteur sera donc d’amener sur le marché européen et marocain des batteries plus compétitives, à travers des coûts réduits de la main-d’œuvre, mais aussi grâce à la verticalisation de notre site industriel. » Cela devrait arriver à partir de 2027 ou 2028.

« Le deuxième marché a trait au stockage d’énergie. Sur ce volet, on va s’attaquer aussi bien au Maroc qu’au continent africain et au Moyen-Orient. Dans ces zones, on est déjà à environ 300 jours de soleil par an, c’est donc un marché prometteur, qui va exploser dans l’avenir ».

« L’année dernière, les deux tiers de notre chiffre d’affaires ont été réalisés dans le stockage d’énergie, contre un tiers dans la mobilité. N’oublions pas non plus que le stockage d’énergie est également amené à exploser au cours des dix prochaines années dans le résidentiel, puisque cela permettra de réduire la facture énergétique d’environ 50% ».

« L’avenir est donc prometteur, et nous sommes optimistes quant à ces deux marchés », a conclu Khalid Qalam.