Le Maroc s’attend, lors de la présente campagne céréalière, à une récolte de 44 millions de quintaux, « dont 50% de blé tendre. C’est donc une année proche de la moyenne, qui arrive après pratiquement six années de sécheresse« , estime Moulay Abdelkader Alaoui, président de la Fédération nationale de la minoterie (FNM), joint par Médias24.

Cette amélioration a été rendue possible « grâce à une pluviométrie salvatrice entre fin février et début avril, qui a été bien répartie dans le temps et dans l’espace ».

Les opérateurs se préparent à la récolte

« Ces précipitations ont donné un important coup de pouce à la campagne céréalière », souligne Abdelkader Alaoui. « Cependant, elles ont surtout profité aux zones du Saïss, du Gharb, aux zones montagneuses et, dans une moindre mesure, à la région de la Chaouia« , nous confirme le professionnel du secteur, se félicitant de cette relative embellie annoncée, en particulier pour le blé tendre.

Face à cette situation, les opérateurs se préparent activement à la récolte. « Nous avons pris toutes les mesures nécessaires pour la collecte de cette production, et nous estimons que les opérateurs sont prêts à démarrer ce processus, en particulier dans la région de Fès-Meknès », ajoute notre interlocuteur.

Les précipitations ont surtout profité aux zones du Saïss, du Gharb, aux zones montagneuses, et dans une moindre mesure à la région de la Chaouia.

« Une réunion de coordination est prévue, dans ce sens, ce jeudi 22 mai à Fès, avec des opérateurs du secteur, des minotiers et des organismes stockeurs, en présence de la Fédération nationale de la minoterie, de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL) et de la direction générale de l’Office national des céréales et légumineuses (ONICL) », afin d’assurer une collecte efficace, au plus près des agriculteurs. « Il est important d’éviter les intermédiaires pour payer le juste prix aux producteurs », souligne la même source.

« Les importations resteront à un niveau similaire à celui de 2024 »

Malgré cette amélioration, la production locale ne couvrira qu’une partie limitée des besoins du pays. « Dans le meilleur des cas, on collectera près de 50% de la production nationale, soit près de 8 à 10 millions de quintaux. Cette quantité correspond à environ deux mois de nos écrasements, et entrera de ce fait dans le cadre d’un petit stock stratégique qu’on va garder ».

En conséquence, « les importations resteront à un niveau similaire à celui de 2024, soit environ 50 millions de quintaux de blé tendre et 10 millions de quintaux de blé dur. Nous sommes donc obligés de maintenir nos importations pour avoir un stock important et profiter aussi de la tendance baissière au niveau du marché international ».

« Pour le blé dur, on s’oriente vers le blé canadien et américain éventuellement, la qualité de celui produit au Maroc ne répondant pas aux exigences de semouleries du pays ». Cela signifie que la production locale n’aura aucun impact sur les importations, « qui seront maintenues au même niveau que l’an passé ».

Le stock actuel en blé permet de couvrir plus de trois mois de consommation

En effet, le marché mondial du blé connaît actuellement une tendance baissière, selon Abdelkader Alaoui, alimentée par des perspectives de récolte abondantes en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique latine.

« Les prix sont en baisse actuellement à l’international, et la restitution de l’État, qui était positive il y a quelques mois, est pratiquement nulle aujourd’hui. Pour les importations du mois de mai, l’État prend en charge à peine 0,08 DH/quintal, et près de 0 DH pour le mois de juin ».

Les prix sont en baisse actuellement à l’international, et la restitution de l’État, qui était positive il y a quelques mois, est pratiquement nulle aujourd’hui

Dans ce contexte, les importateurs temporisent afin de profiter pleinement de la baisse des cours, avec l’objectif de constituer des stocks importants durant les mois de juillet, août et septembre. « Le stock actuel permet déjà de couvrir plus de trois mois de consommation ».

Par ailleurs, la Russie s’impose désormais comme le deuxième fournisseur de blé tendre du Maroc, derrière la France. « Une convention a été signée pour faciliter les achats directs auprès des producteurs russes, ce qui permet de meilleures conditions de négociation », explique notre source. Une évolution stratégique qui renforce la diversification des sources d’approvisionnement du Royaume.