Le rachat d’une banque est un cas d’école. Il ne s’agit pas d’un cas anodin, ni courant. Surtout quand l’acheteur lui-même n’est pas du secteur bancaire et que la banque rachetée était filiale d’un groupe international. La prise de contrôle de l’ex-SGMB puis la naissance de Saham Bank méritent d’être étudiées. Trois dates principales sont à retenir : l’annonce officielle de la signature de l’accord de rachat le 11 avril 2024. La signature du closing le 3 décembre 2024. Puis le lever de rideau sur la nouvelle banque, marocaine, avec ses premières décisions qui vont au-delà du changement de nom ce mercredi 18 juin 2025. Entre avril et décembre 2024, ce fut une séquence de sprint pour être prêts le jour du closing. La conclusion finale du deal allait marquer une rupture totale des liens sur les plans juridique et opérationnel. Il fallait être prêt. (Publicité) (Publicité) Entre décembre 2024 et juin 2025, il fallait préparer la nouvelle identité visuelle, les premières offres, la gouvernance et les mandats, et mettre le paquebot sur sa lancée avec un objectif de moyen terme. « Ce fut comme changer le moteur d’un B-747 en plein vol », selon l’image utilisée par l’une de nos sources. Médias24 a reconstitué les coulisses de ces séquences en échangeant avec trois sources de la direction ou proches du groupe. Voici. ∼oOo∼ Prologue. MHE prend contact avec le patron de la Société Générale monde et lui propose de racheter ses parts dans SGMB au Maroc. Il ne partage cette information qu’avec son binôme, Moulay Mhamed Elalamy, MME pour les intimes. Nos sources estiment spontanément que « MME a pris de la bouteille et a bien appris de son père et de son expérience à Saham ». Comme toujours, MHE sanctuarise toute la phase de négociation. Ses plus proches collaborateurs ne sont au courant de rien. ∼oOo∼ Séquence 1. En mars 2024, l’info devient publique. Le 11 avril, les accords sont signés entre les deux parties : Saham Finance rachète les 57,67% de la Société générale au Maroc pour 745 millions d’euros. Nous annoncions à l’époque que l’opération se faisait sans endettement, entièrement payée par Saham en autofinancement. À partir du mois d’avril, une sorte de sprint a commencé. Sprint parce que le délai était supposé courir jusqu’au closing. Et parce qu’il fallait courir aussi vite que possible. Ce sprint comportait deux parties : l’aspect réglementaire et l’aspect organisationnel. La partie réglementaire s’est réellement achevée fin octobre 2024 lorsque le comité des établissements de crédit a donné son aval. S’en est suivi l’agrément de la Banque centrale. Auparavant, quatre autres régulateurs avaient donné leur accord : le Conseil de la concurrence, l’ACAPS, la CNDP et l’AMMC. Pour ce pack documentaire comme pour l’ensemble de l’opération, à commencer par les premiers accords, MHE a été conseillé par Hicham Naciri. Le dossier le plus volumineux à préparer et le plus complexe fut la documentation destinée à Bank Al Maghrib. 70 volumes selon nos sources, tous relus par MHE avant d’être transmis. Ce 3 décembre 2025, le closing est signé. Juridiquement et opérationnellement, la SGMB a largué les amarres avec sa maison mère qui, comme on va le voir, va continuer à la soutenir pour des garanties et pour l’informatique. Selon nos sources, la SG Maroc était ce jour prête à cette autonomisation. Après le premier accord du 11 avril s’était tenu le premier conseil de surveillance présidé par MHE. La décision est prise de monter une task force chargée de préparer le Day One ; sur le plan réglementaire et organisationnel. Sur le plan organisationnel, deux autres accords ont été signés en avril avec la Société Générale monde : -un TSA, Transition Service Agreement, d’une durée de 18 mois renouvelables pour deux semestres supplémentaires. Il permet par exemple de continuer à utiliser la marque et surtout l’informatique. -un accord de partenariat stratégique entre Saham et la SG monde, d’une durée de 8 ans renouvelable. Il comporte des clauses de partenariat commercial au profit des clients SG monde ainsi que des partages d’expertises. La SG a également accepté de maintenir ses garanties de haut de bilan pour la valeur habituelle de 400 millions d’euros. Elle en a d’ailleurs adossé une partie à la SFI. Groupe de travail Avec...