Le prix du pétrole, qui avait culminé, le 22 juin, à plus de 77 dollars le baril, a reculé de 8,5% le 23 juin, puis encore de 2,6% le 24 juin, au moment de la publication de cet article, enregistrant ainsi une baisse cumulative de plus de 11% en deux séances. Le brut est désormais repassé sous le seuil des 68 dollars.
Ce mouvement de correction intervient après une séquence de tensions géopolitiques qui avait alimenté une hausse continue des cours depuis le déclenchement du conflit entre Israël et l’Iran.
L’attaque américaine, ciblant trois installations nucléaires iraniennes, avait ravivé les craintes d’une escalade régionale, notamment d’un possible blocage du détroit d’Ormuz par lequel transitent près de 20 à 30% du pétrole mondial.
Ainsi, les marchés avaient immédiatement intégré une prime de risque élevée, visible à la fois dans les prix spot et dans les prix à terme.
Une réplique mesurée qui amorce l’apaisement
La frappe iranienne visant une base américaine au Qatar a changé la donne. Loin d’être perçue comme une nouvelle escalade, cette réplique mesurée a été interprétée comme une sortie maîtrisée du cycle de confrontation.
L’annonce d’un cessez-le-feu négocié par Donald Trump et accepté à la fois par Téhéran et Tel-Aviv a renforcé cette lecture d’un apaisement durable. En quelques heures, les anticipations d’un choc d’offre imminent se sont dissipées, déclenchant un repli rapide des prix du pétrole.
Ce reflux ne s’est pas limité au seul marché pétrolier. L’effet domino s’est également fait sentir sur les valeurs dites « refuges », traditionnellement recherchées en temps d’incertitude. L’or, en particulier, a cédé du terrain, enregistrant une baisse notable après plusieurs séances de hausse.
Ainsi, les prix spot de l’or s’élèvent, au moment de la publication de cet article, à 3 318 dollars l’once, soit le même niveau qu’avant le conflit.
La détente rapide des cours reflète donc un réajustement des anticipations. Elle marque la fin d’un épisode de « risk premium » alimenté par les craintes de perturbation de l’offre. En l’absence de nouvelles tensions, les fondamentaux du marché devraient reprendre le dessus.