Le marché secondaire des créances en souffrance commence à prendre forme au Maroc. Une première opération de titrisation a été conclue par une banque pour un montant de 400 MDH, marquant une étape concrète vers la création d’un véritable marché structuré.

« Une première opération de titrisation a été faite par une banque, portant sur 400 MDH, et je crois qu’il y a un deuxième projet dans le circuit. S’il arrive, nous l’examinerons avec toutes les précautions d’usage, avec faveur. Mais ce qui est beaucoup plus essentiel, c’est de mettre en place ce marché, qu’il puisse être bien rodé et qu’il puisse dégager le portefeuille des crédits en souffrance du système bancaire et lui ouvrir un bon bol d’oxygène pour pouvoir participer au financement de l’économie, surtout avec ces très grands projets d’ici à 2030″, explique Abdellatif Jouahri.

En parallèle, selon le wali, les travaux réglementaires progressent, avec un texte de base désormais finalisé en concertation avec le Secrétariat général du gouvernement (SGG). Ce texte organise notamment le transfert automatique des créances vers les investisseurs.

« Le marché des créances en souffrance suit son parcours. D’abord, nous avons désormais pratiquement bouclé, avec le Secrétariat général du gouvernement, qui pilote lui-même le projet, tout ce qui concerne le transfert automatique des créances en souffrance vers l’acheteur », précise-t-il.

Malgré les avancées réglementaires et la concrétisation d’une première opération de titrisation, le chantier de structuration du marché des créances en souffrance n’est pas encore achevé. Abdellatif Jouahri souligne que certains verrous restent à lever, notamment sur le plan fiscal, pour assurer le déploiement complet du dispositif.

« Maintenant, il reste d’autres problèmes sur lesquels on doit continuer à travailler, surtout le problème fiscal que nous devons régler… Le groupe est toujours là, piloté par le Secrétariat général du gouvernement qui a un timing. Nous lui faisons confiance et je crois que nous avons pris le bon bout », conclut Abdellatif Jouahri.