Le Maroc traverse actuellement une intense vague de chaleur, avec des températures exceptionnellement élevées, notamment à Casablanca, Larache et Essaouira, où des records absolus ont été battus. Plusieurs régions sont placées en alerte rouge ou orange, face à un épisode caniculaire qui devrait se prolonger jusqu’au 3 juillet, voire plus longtemps pour certaines régions.

Cette chaleur excessive pèse lourdement sur certains secteurs agricoles, notamment l’aviculture. Selon nos informations, elle se traduit par une perte de la productivité, ainsi que des cas de mortalité dans les élevages.

Vers une baisse de 15% du poids moyen du poulet de chair

C’est ce que nous confie Mustapha Mountassir, président de l’Association nationale des producteurs des viandes de volailles (APV), joint par Médias24.

« La vague de chaleur actuelle affectera la filière avicole », nous assure-t-il, « en provoquant une baisse du poids moyen des poulets de chair ».

« En période normale, celui-ci avoisine les 2,4 à 2,5 kg. Avec cette chaleur, il sera ramené à environ 2,1 kg. Cette situation se traduit par une perte de productivité et quelques cas de mortalité dans les élevages ». Il s’agit donc de deux niveaux d’impact à prévoir.

Toutefois, « la forte disponibilité actuelle en poussins permet d’absorber une partie du choc », souligne Mustapha Mountassir. « Environ 11,5 millions de poussins sont mis sur le marché chaque semaine, contre 7,8 millions à la même période en 2024. »

Une légère augmentation des prix à prévoir

Contrairement à l’année dernière, « l’effet global sur le marché devrait donc rester modéré », estime par ailleurs notre interlocuteur. D’autant que « les prévisions météorologiques des prochains jours sont rassurantes, ce qui limite les risques de dégradation ».

En effet, cette chaleur, qui persistera jusqu’au week-end, enregistrera une légère baisse à partir de samedi prochain dans le centre et le sud du Royaume.

Sur le plan économique, la chaleur contribuera paradoxalement à un rééquilibrage du marché, estime le président de l’APV. « Les prix du poulet de chair devraient connaître une hausse modérée de 10% à 20% par kilogramme. Le prix du poulet vivant sorti d’abattoir, qui était de 12 à 12,5 DH/kg la semaine dernière, devrait ainsi atteindre 15 DH/kg, un niveau qui permet aux éleveurs de couvrir leurs coûts de revient, estimés à environ 14 DH/kg ».

Il s’agit d’une amélioration notable, après plusieurs mois de ventes à perte. Le secteur reste donc résilient malgré les conditions climatiques difficiles.