Un nouvel incident de violence impliquant, selon les témoignages recueillis, un chauffeur utilisant l’application de transport inDrive ravive les inquiétudes autour des garanties de sécurité que ces plateformes offrent à leurs utilisateurs.

Une jeune femme de 19 ans, agressée en pleine rue à Rabat, raconte à Médias24 une expérience traumatisante, survenue le dimanche 29 juin et qui s’est terminée aux urgences… puis devant la justice.

Selon le procès-verbal de la police judiciaire, les faits se sont déroulés en fin de journée, aux abords du Méga Mall de Rabat. La victime, accompagnée d’une amie, avait commandé une course via l’application inDrive à 19h39. Elle précise avoir informé le chauffeur qu’elle l’attendrait à la deuxième entrée du centre commercial.

Dès son arrivée, la jeune femme affirme avoir senti que quelque chose n’allait pas. Le véhicule qui s’approche ne correspond ni au modèle, ni à la couleur, ni au numéro d’immatriculation indiqués sur l’application. À son bord : un homme… accompagné d’une femme, un détail jamais mentionné lors des échanges préalables, selon la victime. De son côté, le chauffeur affirme aux policiers avoir informé la cliente qu’il serait accompagné.

Méfiantes, les deux jeunes femmes préfèrent ne pas embarquer. La cliente prétend ne pas être celle qui a passé la commande. Mais le conducteur insiste, convaincu qu’il s’agit bien d’elle.

« Il est descendu sans prévenir, m’a arraché violemment le téléphone des mains pour vérifier mon identité. Il a composé mon numéro, et quand le sien s’est affiché à l’écran, il est entré dans une rage incontrôlable. Il m’a insultée, puis a demandé à la femme qui l’accompagnait de descendre me frapper, sinon, il le ferait lui-même », témoigne la victime.

procès-verbal de la victime indrive

Selon les procès-verbaux consultés par Médias24, les quatre protagonistes — les deux jeunes femmes d’un côté, le chauffeur et sa compagne de l’autre — en viennent alors à un déchaînement de violences, comme l’ont confirmé les images des caméras de surveillance du centre commercial.

La scène se termine lorsque le chauffeur et sa compagne remontent en voiture et quittent les lieux. La jeune femme s’effondre au sol, inconsciente, son amie à ses côtés. Transportée à l’hôpital par ambulance, elle présente de graves blessures : fracture de la mâchoire, quatre dents cassées, douleurs abdominales. Peu après, le chauffeur revient sur les lieux, cette fois à pied. Il explique avoir restitué le véhicule, qu’il dit avoir loué, et appelle la police.

Selon les mêmes sources, une plainte est rapidement déposée contre lui. Il tente alors de convaincre la victime de la retirer. Devant son refus, il décide à son tour de porter plainte contre les deux jeunes filles, les accusant « d’injures, insultes et violences », comme mentionné dans son propre procès-verbal.

procès-verbal affaire indrive

Dans sa version des faits, le chauffeur nie toute responsabilité. Il affirme ne pas les avoir frappées, prétendant avoir simplement réagi après avoir été insulté et agressé sans raison. Il avance que le malentendu viendrait du fait qu’il aurait demandé à la cliente d’annuler la course.

Après les faits, la victime tente de contacter inDrive. « Tout ce que j’ai reçu, c’est un message : Désolé, allez porter plainte » , déplore-t-elle.

Ce nouvel incident n’est malheureusement pas isolé. Il relance les débats autour des critères de sélection des chauffeurs opérant sur la plateforme inDrive, de l’identification des véhicules et de l’absence de mécanismes clairs de protection des passagers.

Sans aucun cadre légal clair et de contrôle rigoureux, de nombreuses utilisatrices et utilisateurs se retrouvent livrés à eux-mêmes face à des situations potentiellement dangereuses.