OCP a inauguré le lundi 14 juillet le plus long pipeline d’eau non conventionnelle du Maroc, près de Merah Lahrach, au cœur de son site de Khouribga.
Après Jorf Lasfar, Safi et Gantour, c’est au tour du site de Khouribga, le plus grand site minier de production de phosphates au monde, d’utiliser des eaux non conventionnelles pour couvrir à 100% les besoins de ses activités de traitement du minerai.
Long de 203 kilomètres et d’une capacité de transfert de 80 millions de m³ par an, cette infrastructure permettra de fournir la totalité des besoins industriels du groupe OCP à Khouribga, à partir de la station de dessalement de Jorf Lasfar. Mais son impact va bien au-delà de cet approvisionnement, puisque Khouribga deviendra la première ville interne alimentée en eau potable issue du dessalement au Maroc.
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J2K, une liaison historique avec des impacts sociétaux et environnementaux concrets
Venant appuyer les efforts de l’État en matière de sécurité hydrique après la succession des années de sécheresse et l’impact exponentiel du réchauffement climatique, le groupe OCP, via sa filiale OCP Green Water, agit à travers des projets Fast Track pour augmenter les capacités de production d’eau de dessalement, destinées non seulement à ses besoins industriels, mais également à l’alimentation des villes jouxtant ou abritant ses sites.
Hanane Mourchid, membre du Strategic Committee du groupe OCP, a expliqué que depuis 2021, dans le cadre de sa stratégie de développement durable, OCP a décidé de pousser ses ambitions environnementales vers l’avant, ce qui s’est concrétisé avec cette nouvelle connexion de Khouribga, le plus grand site minier du groupe, qui substitue à 100% l’usage des sources conventionnelles par l’eau de dessalement.

« Depuis 2008, on a réalisé des stations d’épuration des eaux usées dans les zones dans lesquelles on opère, et des stations de dessalement. Depuis 2021, nous avons décidé de pousser l’ambition et de couvrir 100% de nos besoins en eaux non conventionnelles. Nous avons depuis augmenté le nombre de stations d’eaux usées à huit stations à travers le Maroc, plus l’eau dessalée des programmes Fast Track avec des capacités importantes pour faire face au stress hydrique », a déclaré Hanane Mourchid, membre du Strategic Committee et Chief Sustainability & Innovation Officer du groupe OCP.
Le site de Khouribga, d’une importance stratégique pour le groupe OCP, a produit 28,2 millions de tonnes en 2024, représentant environ 79% de la production totale du groupe. Grâce à cette nouvelle connexion hydrique, l’empreinte écologique du groupe sera considérablement réduite, étant donné la part significative de ce site dans la production de phosphate.
De son côté, Ahmed Zniber, directeur général de OCP Green Water, a rappelé que cette filiale constitue une réponse proactive du groupe pour sécuriser durablement l’approvisionnement en eau et apporter, soutenir et contribuer à la souveraineté hydrique de notre pays à travers un accès durable et innovant à l’eau non conventionnelle.
En plus de l’approvisionnement des besoins industriels du groupe et des besoins des villes des sites OCP, elle vise un double objectif, dont celui de fournir une eau de dessalement pour l’agriculture, notamment l’agriculture à haute valeur ajoutée, et le développement de l’expertise et d’un écosystème technologique industriel innovant à l’échelle internationale.
Une expertise marocaine en pleine expansion
D’une durée de 24 mois, les travaux de ce pipeline, qui ont nécessité un investissement de 5 milliards de dirhams, ont été réalisés dans un temps record.
Les études d’ingénierie ont été réalisées par le groupe JESA ainsi que Paterson & Cooke et Ausenco, partenaires précédents dans la conception du slurry pipeline du groupe OCP. Quant à la construction, elle a été exclusivement confiée à des entreprises marocaines sélectionnées à l’issue d’un appel d’offres international.
L’infrastructure comprend une station de pompage à Jorf Lasfar, un bassin de stockage de 25.000 m³, 8 stations de monitoring de pression, des systèmes de détection de fuites et de protection cathodique.
La conception de cette infrastructure est optimisée en termes de coût et d’efficacité, pensée pour assurer une flexibilité maximale même en cas de baisse de production d’une unité de dessalement. L’énergie déployée pour le système de pompage et de monitoring est alimentée par des énergies 100% décarbonées.
Sur le plan opérationnel, la construction de ce pipeline n’a pas nécessité de recours à l’expropriation. Son tracé longe en grande partie le corridor du slurry pipeline (pipeline transportant le phosphate vers Jorf Lasfar) sur 146 km, les 57 kilomètres restants étant situés sur le domaine public routier.
Surdimensionné pour répondre aux besoins futurs de Khouribga, le pipeline d’une capacité de 80 millions de mètres cubes pourra alimenter la ville en eau potable alors que la capacité du complexe de dessalement de Jorf Lasfar atteindra 300 Mm³/an à l’horizon 2027.
Sur le plan social, la construction du pipeline a généré l’équivalent d’un million de jours-hommes, soit une moyenne de 1.300 emplois par jour sur deux ans. Ce projet a priorisé la main d’œuvre locale, avec 86% des emplois occupés par des travailleurs de la région. En phase d’exploitation, l’infrastructure maintiendra 100 emplois permanents.
L’impact sociétal de ce projet ne s’arrête pas là puisque des recherches approfondies sont menées en partenariat avec l’université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et INNOVX pour développer des projets d’irrigation de cultures à haute valeur ajoutée, en utilisant des eaux non conventionnelles. Ce partenariat s’étend également pour assurer un taux d’intégration locale de plus de 80% pour la construction des unités de dessalement.
Une circularité régionale de l’eau
Avec un objectif de 610 millions de mètres cubes – l’équivalent des besoins annuels de 12 millions d’habitants – à atteindre d’ici 2027, l’initiative OCP Green Water ne se limite pas à des ambitions quantitatives, mais vise à mettre en place des modèles territoriaux innovants de gouvernance hydrique.
Cet objectif se déploie actuellement selon trois axes géographiques : l’axe nord (Jorf Lasfar-Khouribga), l’axe centre (Safi-Marrakech) et l’axe sud (Laâyoune-Boucraâ).
Le modèle circulaire qu’OCP Green Water compte généraliser à l’ensemble des sites OCP est aujourd’hui opérationnel à Safi. La ville est non seulement alimentée à 100% en eau potable, mais les eaux usées récupérées via la station d’épuration (STEP) de Safi sont également réutilisées dans les unités chimiques locales.
À cela s’ajoute un processus d’hygiénisation de la boue résiduelle de la STEP, actuellement en cours de développement, qui permettra sa réutilisation comme compost pour les sols.
L’innovation dans les stations de dessalement constitue un autre pilier du modèle de gouvernance développé par OCP. Cette approche s’appuie notamment sur des innovations technologiques comme l’utilisation de filtres céramiques pour le prétraitement de l’eau de mer à Safi, ville réputée pour son expertise historique dans le domaine de la céramique et de la poterie. Ce système de filtration hautement performant garantit la continuité opérationnelle des installations, même dans les conditions maritimes les plus extrêmes, assurant ainsi la continuité du service.
Au niveau de la station de Jorf Lasfar, le principe de circularité est également respecté alors que toutes les saumures résiduelles sont réutilisées pour le refroidissement des unités chimiques de Jorf, permettant un impact environnemental non ressenti.
Prochain défi, l’axe Marrakech-Safi
Depuis Marrakech, OCP a finalisé en juin 2025 la mise en service du système de transfert d’eaux usées traitées entre la station d’épuration de Marrakech (STEP) et le site minier de Gantour.
Les premiers mètres cubes d’eau traitée ont été acheminés avec succès vers Gantour le 17 juin. Réalisé en moins d’un an, ce projet innovant a bénéficié d’une exécution simultanée depuis les deux extrémités du tracé, permettant ainsi une réduction significative des délais malgré les défis techniques rencontrés.
Après le pipeline Jorf Lasfar-Khouribga, le groupe OCP travaille désormais à la finalisation d’une nouvelle infrastructure, plus importante, d’une capacité de 100 Mm³/an d’eau dessalée. Ce projet de pipeline reliera Safi au site minier de Gantour (S2G) dès le premier semestre 2026.
Conformément au modèle de gouvernance prévu par OCP, la future station de dessalement de Safi, prévue dans le cadre du plan d’extension du dessalement de Safi, permettra également de sécuriser l’approvisionnement en eau potable de Marrakech, avec un volume annuel de 80 Mm³/an.
« Nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine pour un pipeline et des stations qui vont alimenter Marrakech depuis Safi », a conclu Hanane Mourchid.






