En visite à Rabat le 15 juillet, Jacob Zuma, ancien président et leader du parti Umkhonto weSizwe (MK), a exprimé un appui clair à l’intégrité territoriale du Maroc. Il a qualifié la proposition marocaine de “réaliste et efficace”.
Ce positionnement marque une rupture majeure avec la ligne traditionnelle de l’Afrique du Sud, longtemps alignée sur la thèse séparatiste du polisario. Jacob Zuma et son parti appellent désormais à une alliance stratégique avec le Maroc, fondée sur le respect mutuel et le panafricanisme.
En juin dernier déjà, le parti MK, devenu la troisième force politique du pays, publiait un document politique de 16 pages. Intitulé “Un partenariat stratégique pour l’unité africaine, l’émancipation économique et l’intégrité territoriale : le Maroc”, ce texte appelle à rompre avec le soutien historique au polisario.
Mais que faut-il comprendre de cette annonce de Jacob Zuma ?Et quelles portes ouvre-t-elle pour le Maroc ? Pour Ahmed Faouzi, ancien diplomate et expert en relations internationales, cette évolution est très encourageante.
Un pas dans la bonne direction
“C’est un pas dans la bonne direction pour faire valoir nos droits au respect de notre intégrité territoriale auprès de la classe politique sud-africaine, en particulier au sein de l’ANC [Congrès national africain, ndlr]”, indique Ahmed Faouzi.
Il rappelle que de nombreux responsables et hommes d’affaires sud-africains n’ont jamais compris l’alignement idéologique de l’ANC sur la position algérienne. Le positionnement du MK peut donc relancer le débat à Pretoria.
“Même si le MK est un parti d’opposition, il est très actif au Parlement”, souligne Ahmed Faouzi, qui estime que Jacob Zuma est en mesure d’influencer la politique étrangère de son pays. “Avec son expérience de médiateur en Afrique, il peut jouer un rôle de bons offices comme il le faisait dans d’autres dossiers africains”.
“La situation du président actuel, Cyril Ramaphosa, peut aussi faciliter ce basculement”, note Ahmed Faouzi. “Fragilisé sur la scène internationale, notamment après sa rencontre ratée avec Donald Trump et les sanctions commerciales américaines, Cyril Ramaphosa fait face à une pression croissante”, observe-t-on de même source.
“Jacob Zuma peut exploiter ces faiblesses pour faire tomber un gouvernement encore figé dans une idéologie dépassée”, analyse Ahmed Faouzi.
Par ailleurs, notre interlocuteur note que les partis politiques marocains ont un rôle à jouer également. Selon lui, cette opportunité doit être saisie en multipliant les échanges avec toutes les forces politiques sud-africaines, majorité et opposition. “Ils peuvent transformer l’essai”, souligne-t-il.