Les deux seuls témoins présents à l’audience du 17 juillet 2025 sont Taoufik Z. et Abdelwahed Chaouki. Le premier est invité à rester à la barre pour témoigner, tandis que le second doit patienter à l’extérieur de la salle.

Durant une trentaine de minutes, Taoufik Z. retrace son périple en Mauritanie, à la rencontre de Hadj Ben Brahim, alors incarcéré. Les faits remontent au mois de ramadan de 2017. Il explique s’être rendu sur place pour remettre à l’avocat de Ben Brahim des documents liés à ses sociétés basées au Maroc. Mais une fois sur place, Ben Brahim lui demande de récupérer une somme de 780.000 dirhams. Une partie de cet argent est effectivement remise à l’avocat avant que Taoufik Z. ne poursuive sa route vers Nouadhibou pour retrouver le détenu.

Arrivé à court de moyens, il reçoit instruction de rentrer au Maroc. Deux ans plus tard, en 2019, Ben Brahim le recontacte depuis la prison d’El Jadida pour lui demander une aide financière. Quelques jours plus tard, il lui demande également de se rendre chez Saïd Naciri et Abdenbi Bioui pour récupérer “son argent” auprès d’eux. Taoufik Z. affirme ne pas avoir donné suite, faute de moyens pour se déplacer.

Une confrontation peu concluante

À l’audience, le président Torchi confronte le témoin successivement à Saïd Naciri puis à Abdenbi Bioui. Aucun des deux n’a le droit de l’interroger, mais chacun peut commenter ses déclarations.

Saïd Naciri souligne une divergence entre les propos tenus à la barre et ceux enregistrés par la BNPJ. Autre incohérence relevée : Taoufik Z. affirme avoir habité la villa jusqu’en 2016, alors que Ben Brahim était censé être incarcéré en Mauritanie de 2015 à 2019. “Donc il y avait un Ben Brahim en prison, et un autre dans la villa ?”, ironise Saïd Naciri.

De son côté, Abdenbi Bioui revient sur les rumeurs de fêtes organisées dans la villa et abordées lors de la précédente audience. Il nie en bloc : “Je ne suis pas un fêtard. Je ne veille même pas. Vous pouvez vérifier mes appels, je n’en ai aucun après 23 h”.

Latifa Raâfat est présente, mais n’est pas appelée à la barre

Taoufik Z. est également interrogé sur la relation entre son ancien patron et la chanteuse Latifa Raâfat. La rumeur de sa présence à l’extérieur de la salle enfle au même moment. Elle est bien sur place, mais ne témoignera pas, du moins pas aujourd’hui.

L’audience du jour est entièrement consacrée à l’audition de Taoufik Z. Le témoin est interrogé par le procureur général du Roi, puis par les avocats de la défense, notamment sur la question des véhicules. Il s’agit des voitures et camions non homologués, importés par Ben Brahim et redistribués à diverses personnes. Certains de ces camions ont été interceptés en 2015, transportant plusieurs tonnes de chira.

Au fil de son témoignage, Taoufik Z. semble hésiter, modifiant le nombre de véhicules envoyés. Il parle de 67 voitures, alors qu’il avait précédemment évoqué 61. Médias24 avait déjà relevé cette contradiction lors de la précédente audience.

Les détails de cette audience seront publiés sur nos colonnes dans les prochaines heures.