La compagnie minière Aya Gold & Silver a renforcé la position du Maroc en tant que leader africain de la production d’argent. Cette réussite est le fruit d’investissements croissants dans l’exploration minière qui ont permis des découvertes majeures non seulement dans la mine de Zgounder, mais également à Boumadine.
Cotée à la Bourse de Toronto, cette progression témoigne également du potentiel minier marocain qui a réussi récemment à attirer un grand nombre d’investissements miniers.
En marge du Rick Rule Symposium, l’un des événements les plus en vue aux États-Unis dédiés à l’investissement dans les ressources et les matières premières, tenu en Floride du 7 au 11 juillet 2025, Benoît La Salle, président et chef de la direction d’Aya, a échangé avec Steve Barton les secrets de la réussite d’Aya ainsi que les plans futurs de la compagnie minière.
Le projet polymétallique de Boumadine entre dans une phase décisive
Le projet de Boumadine est annoncé comme étant plus grand que Zgounder, avec des estimations préliminaires tablant sur des dépenses d’investissement entre 500 et 600 millions de dollars éligibles pour des subventions de l’État.
Situé au sud de Tinejdad, le gîte polymétallique de Boumadine fait l’objet d’une campagne de forage qui permettra avant la fin de l’année 2025 d’effectuer une évaluation économique préliminaire et donc de prendre la décision de l’ouverture d’une nouvelle mine.
La zone objet de cette évaluation se limitera, en premier, à un périmètre de 5,4 kilomètres qui présente à ce jour des ressources d’environ 5 millions d’onces d’équivalent or, alors que les forages précédents ont déjà prouvé que la minéralisation polymétallique s’étend dans tous les sens, y compris en profondeur (testée positivement jusqu’à 1 kilomètre).
La mine de Zgounder : un avenir prometteur au-delà des découvertes actuelles
La mine de Zgounder recèle un potentiel argentifère sous-exploré, son développement restant très prometteur. Bien que sa structure initiale, contenant 100 millions d’onces d’argent, ait été estimée pour une durée de vie initiale de 11 ans, plusieurs perspectives de développement se dessinent.
Autour de la mine de Zgounder, les travaux d’exploration ont déjà identifié plusieurs cibles prometteuses nécessitant des développements supplémentaires pour révéler leur plein potentiel, et certaines ont par ailleurs démontré des indices intéressants en cuivre et en or.
Désormais, Aya se concentre particulièrement sur trois cibles prioritaires et, au cours des prochains mois probablement, l’une d’entre elles sera une nouvelle structure qui sera minéralisée, capable d’entrer en production.
Aya utilise des technologies de pointe comme l‘imagerie satellite à haute résolution, les dernières technologies de prospections géophysiques et également l’intelligence artificielle pour identifier les meilleures cibles de forage et optimiser leur prospection.
Grâce à cette mobilisation technologique, les campagnes de forages précédentes ont permis de trouver des tonnages exceptionnels à Zgounder et d’identifier des potentiels importants dans des zones considérées auparavant comme stériles.
Pourquoi Aya prospère dans l’écosystème minier marocain
En 2024, la production d’Aya s’est établie à 1,65 million d’onces d’argent (environ 51,2 tonnes) malgré les travaux d’expansion de la mine. Cette année, après la mise en service de sa nouvelle usine de traitement de minerai, la production devrait tripler pour atteindre 5 millions d’onces et dépasser la production d’Imiter, la plus grande mine d’argent du Maroc.
En 2020, une nouvelle direction est arrivée chez Maya (l’ancienne appellation d’Aya) provenant de Semafo, un ancien empire minier dirigé précédemment par Benoît La Salle et vendu à Endeavour Mining en raison des instabilités sécuritaires au Burkina Faso.
Depuis 1995, Semafo a réussi à faire du Burkina Faso un important producteur d’or en Afrique avec une production annuelle de 400.000 onces et une capitalisation boursière record de 3,5 milliards de dollars, ce qui a montré la voie à plusieurs entreprises minières quant à la vaste potentialité minière de ce pays, auparavant méconnue.
Avant de rejoindre Aya, les équipes de Semafo ont réussi à ouvrir quatre mines dans quatre pays africains : le Burkina Faso, la Guinée-Conakry, le Niger et le Ghana, ainsi qu’à développer des projets au Mali et en Côte d’Ivoire.
Après cinq ans de présence au Maroc, Aya Gold & Silver a su rapidement se positionner dans le secteur minier national grâce à cette expertise africaine acquise, mais également à l’environnement propice à l’investissement minier au Maroc.
Aujourd’hui, Aya dispose d’une capitalisation boursière de 1,7 milliard de dollars canadiens alors qu’elle ne dépassait pas 948 millions de dollars en 2021, soit une augmentation d’environ 79%.
Parmi les particularités du secteur minier marocain qui ont aidé Aya à progresser, Benoît La Salle estime que le coût d’exploitation d’environ 50 dollars la tonne reste très compétitif par rapport au reste du monde. S’ajoutent à cela une expertise marocaine dans l’exploitation minière souterraine ainsi qu’une bonne formation académique au sein des écoles des mines marocaines.
De plus, la nouvelle usine de traitement de Zgounder, récemment mise en service, a nécessité un coût de construction de 140 millions de dollars.
Au Canada, un tel coût s’élèverait à environ 500 millions de dollars pour une usine de cette envergure. L’usine de Zgounder est particulièrement conçue pour être agrandie : sa capacité pourrait être portée à 4.000 t, voire 5.000 t par jour si nécessaire, grâce à son espace totalement ouvert.
Aya montre la voie du développement à Mx2 Mining
Cette réussite d’Aya a donné naissance à d’autres entités qui devraient prendre de l’importance dans les années à venir. Parmi elles, Mx2 Mining, née après la cession par Aya de ses actifs aurifères à cette entité, marquant ainsi un nouveau départ pour ses concessions longtemps délaissées en raison de sa focalisation sur Zgounder et Boumadine.
Cette nouvelle expérience est portée, outre Aya Gold & Silver (détenant une participation majoritaire de 42%), par des investisseurs issus de Red Back Mining, Orca Gold et Montage Gold, trois sociétés minières canadiennes actives dans l’exploitation aurifère en Afrique de l’Ouest.
Actuellement, Mx2 œuvre pour l’acquisition d’un pipeline actif de nouvelles opportunités adjacentes à ses concessions existantes, consolidant ainsi une position foncière stratégique. Une approche importante, puisqu’elle leur permet de sécuriser des zones prometteuses avant d’engager des campagnes de forage intensives.
Dans le cas d’Amizmiz, les ressources initiales sont estimées à 819.769 t de minerai présentant une teneur de 12,98 g/t d’or, l’équivalent de 340.000 onces d’or, et qui représente un potentiel important de développement.