L’entreprise britannique Critical Mineral Resources (CMR) prévoit de développer une mine de cuivre qui présente à ce jour plusieurs signes de viabilité économique.
Situé à 50 kilomètres de la mine de cuivre de Tizert, ce projet de mine devrait consolider l’attractivité récente des investissements dans les projets de cuivre.
Dans un échange avec la plateforme StockBox, Charlie Long, directeur de Critical Mineral Resources, a montré la voie que son entreprise suivra pour le développement rapide de ce projet dénommé « Copper Sed« .
Copper Sed : un projet minier à faible risque d’investissement
Critical Mineral Resources est devenue une société d’exploitation minière après avoir été simplement une société d’études.

Ce changement a été opéré grâce à une acquisition : un gisement peu profond de cuivre et d’argent ne nécessitant pas de coûts de développement ni de coûts d’exploitation importants. La minéralisation cuprifère et argentifère est retrouvée dans des roches sédimentaires calcaires, des dolomies et des conglomérats, alors que la présence des roches magmatiques en-dessous, implique que ces dernières sont probablement à l’origine de cette minéralisation, dont le contenu ne devrait être déchiffré que par des forages.

Ce gisement présente une particularité : la minéralisation superficielle dans les roches sédimentaires est constante sur une grande distance.
Un programme de développement Fast-Track pour une exploitation estimée fin 2026
Afin de mener un développement rapide, l’entreprise prévoit de développer une mine à ciel ouvert dans une première zone, nommée « Zone 1 North« . Par la suite, et en fonction de la direction du gisement, une exploitation souterraine sera envisagée.
À cela s’ajoute un investissement dans une unité de traitement par flottation du cuivre afin de séparer le minerai des roches sédimentaires. Ce procédé standard est mieux adapté à ce contexte d’extraction minière de roches sédimentaires, contrairement à l’extraction par solvant et l’électroextraction (SX-EW) qui nécessitent des quantités importantes d’acides.
L’expertise menée par un cabinet mandaté par l’investisseur a précédemment conclu qu’il était possible de démarrer une production à partir des ressources déjà découvertes. Des tests métallurgiques ont révélé un taux de récupération de 80% pour le cuivre et de 61% pour l’argent, avec une optimisation possible.
Cependant, Critical Mineral Resources vise à aller au-delà des découvertes déjà identifiées. En effet, les formations géologiques de cette zone sont presque identiques à celles de la mine de Tizert, détenue par Managem, suggérant l’existence potentielle de ressources minières similaires en termes de teneurs et de volumes.
À partir du troisième trimestre 2025, une campagne de forage sera lancée pour évaluer les potentialités en profondeur et déterminer la direction de la minéralisation. Ces travaux mèneront à une nouvelle étude de faisabilité qui statuera sur la viabilité de ce projet minier dont les travaux de construction ne devraient pas dépasser la fin de l’année 2026.
Transition verte et métal rouge : la demande en cuivre enflammera le secteur minier marocain
En raison de la forte demande de l’industrie de la transition énergétique, la demande mondiale en cuivre devrait augmenter considérablement dans les années à venir. Le Maroc, avec ses centaines d’indices de cuivre répartis sur tout le territoire, notamment dans la ceinture sud-atlasique, dispose d’un potentiel cuprifère largement sous-exploré.
Dans quelques jours, le groupe Managem s’apprête à inaugurer la mine de Tizert, une mine de classe mondiale située entre Taroudant et Tata, qui devrait doubler la production de cuivre du Maroc.
Pour mieux valoriser cette ressource stratégique, Managem, via sa filiale ManaGreen, ne se contente pas du projet de la plus grande mine marocaine de cuivre. L’entreprise prévoit également de lancer la construction de la première fonderie de cuivre au Maroc. Cette initiative permettra de produire des cathodes de cuivre sur place, assurant ainsi une meilleure intégration de la production nationale et des retombées directes pour l’industrie locale.
Ce projet de valorisation stratégique, combiné à la multitude de gisements inexploités et à l’émergence de la demande mondiale, devrait renforcer considérablement les investissements miniers liés au cuivre.
En plus de la mine de Tizert, la production nationale de cuivre devrait s’intensifier prochainement grâce au développement de plusieurs opérations minières stratégiques. La mine de Tabaroucht, exploitée par la Compagnie minière de Tiouit (CMT), arrive en phase finale de développement. Parallèlement, la mine d’Oumejrane, reprise par Purple Hedge, prépare sa réouverture imminente accompagnée d’un programme d’extension de ses ressources actuellement limitées. Deux autres gisements seront développés par Africacorp Mining et viendront renforcer cette dynamique : Merija dans la province de Bouarfa, et Naour dans la région de Béni Mellal.
Récemment, Avesoro, une entreprise minière turque, s’est alliée à EMX Royalties pour pousser l’exploration de 18 projets d’exploration minière, dont 8 projets abritent des potentialités en cuivre.
Par son rôle de promoteur d’investissement minier, l’ONHYM a développé, par ses propres moyens, plusieurs projets stratégiques axés sur les minéraux critiques, avec un intérêt particulier pour le cuivre. À ce jour, l’Office a ouvert plusieurs projets cuprifères destinés à la promotion, révélant des teneurs économiquement intéressantes.
Parmi eux, figurent les prospects de Aït Tamlil (sud de Demnate), où les teneurs atteignent jusqu’à 4,1% de cuivre, ceux de Tidili (périphérie d’Ouarzazate) avec des teneurs allant jusqu’à 3% de cuivre, le gisement d’Alma (province de Chichaoua) dont les résultats d’exploration montrent des teneurs de 2% sur des largeurs pouvant atteindre 2 mètres, et enfin Oulad Yacoub (environs de Marrakech), où les teneurs des échantillons analysés atteignent 4,6% de cuivre.