Le 21 juillet 2025, plusieurs centaines de livreurs affiliés à la plateforme Glovo ont organisé une manifestation devant le siège de l’Union marocaine du travail (UMT) à Casablanca. Un rassemblement qui fait suite à la création récente de leur cadre syndical sous la bannière de cette centrale et à des tensions avec la direction de l’entreprise.

Les livreurs dénoncent « la dégradation continue de leurs conditions de travail, l’absence de contrat de travail formel ainsi que le non-respect de leurs droits fondamentaux, notamment le droit d’adhérer à une organisation syndicale et celui de négocier collectivement ». Selon un communiqué de l’UMT, plusieurs travailleurs ont été suspendus « de manière arbitraire » pour leur engagement syndical.

Lors de cette mobilisation, les protestataires ont scandé des slogans appelant au respect du Code du travail, à la réintégration des livreurs suspendus et à la satisfaction de revendications jugées « élémentaires : instauration de contrats légaux, amélioration des conditions de travail, respect du nombre d’heures légales, hausse des tarifs de livraison, couverture sociale, et garanties en matière de santé et de sécurité ».

Colère sociale et atteinte à la carte du Maroc : Glovo répond sous pression

« Plus de 5.500 livreurs travaillent avec Glovo Maroc dans des conditions éprouvantes, souvent sans contrat, ni assurance, ni prise en charge des frais liés à leur activité », souligne l’UMT, qualifiant la situation de « précarité extrême ».

Une carte du Maroc tronquée sur Glovo fait polémique

En parallèle à cette mobilisation sociale, une vive polémique a éclaté sur les réseaux sociaux après l’apparition, sur l’application mobile de Glovo, d’une carte du Maroc amputée de son Sahara, mentionnant « Sahara occidental ». Une représentation perçue comme une atteinte à l’intégrité territoriale du Royaume, qui a rapidement provoqué un tollé.

Dans un communiqué publié le 22 juillet sur sa page Facebook, Glovo Maroc a réagi en évoquant une « anomalie technique » survenue à la suite d’une mise à jour externe de l’application, entraînant « l’affichage temporairement incorrect de la carte du Royaume ». L’entreprise affirme que le problème a été identifié et corrigé dans les plus brefs délais, tout en réitérant son respect de l’intégrité territoriale du Maroc.

Glovo assure par ailleurs maintenir une politique de dialogue avec les livreurs partenaires. « Des sessions d’échange ont été organisées ces dernières semaines avec une centaine de coursiers à Casablanca. Des propositions concrètes ont été présentées pour améliorer leur quotidien, et d’autres mesures sont en cours de déploiement », précise l’entreprise.

Le jugement des réseaux sociaux

Dans la foulée, de nombreux internautes ont réagi sur les réseaux sociaux, dénonçant à leur tour l’affichage litigieux de la carte du Maroc. Si certains ont exprimé leur solidarité avec les livreurs, d’autres appellent désormais au boycott de l’application, estimant que les explications techniques fournies par Glovo ne suffisent pas à effacer ce qu’ils considèrent comme une atteinte à la souveraineté nationale.