Les commissions des finances des deux chambres du Parlement ont suivi ce jeudi 24 juillet, un exposé de Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, sur l’exécution de la loi de finances au titre de l’année 2025, la préparation du projet de loi de finances pour l’année 2026, ainsi que la programmation budgétaire triennale 2026-2028.

→ Crédits supplémentaires de 13 milliards de DH

À la lumière des résultats positifs enregistrés durant les premiers mois de l’année en cours au niveau des recettes fiscales – résultats qui permettent d’envisager des marges budgétaires d’ici la fin de l’année –, des crédits supplémentaires ont été ouverts pour couvrir des dépenses urgentes, à hauteur de 13 MMDH, destinés principalement à soutenir certains établissements et entreprises publics, a annoncé Nadia Fettah.

→ Un déficit budgétaire de 3,5% en 2025

Par ailleurs, sur la base des prévisions relatives à l’évolution de la conjoncture macroéconomique durant le reste de l’année, le gouvernement s’emploiera à poursuivre et intensifier ses efforts de mobilisation des ressources, tout en assurant un suivi rigoureux de l’exécution des dépenses, dans l’objectif d’atteindre la cible fixée par la loi de finances 2025, à savoir limiter le déficit budgétaire à 3,5 % du produit intérieur brut.

Voici les principaux indicateurs macroéconomiques prévus fin 2025 :

2021 2022 2023 2024 2025 (Prévisions)
Croissance économique +8,2% +1,8% +3,7% +3,8% +4,5%
Taux moyen d’inflation +1,4% +6,6% +6,1% +0,9% +1,1%
Compte courant -2,3% -3,5% -1,0% -1,2% -2,2%
Déficit budgétaire -5,5% -5,4% -4,3% -3,8% -3,5%
Dette du Trésor 69,4% 71,4% 68,8% 67,7% 67,0%

Ces différentes performances au niveau des finances publiques ont été ou seront réalisées malgré la forte hausse importante des dépenses budgétaires, notamment pour les réformes de la Santé et de l’Éducation, ainsi que pour la généralisation de la couverture sociale et le versement des aides sociales.

À l’origine, une réforme et des mesures fiscales inédites qui ont permis une très forte hausse des recettes.

→ Au terme du 1er semestre 2025, recettes globales en hausse notable

Les recettes fiscales ont atteint un taux de réalisation de 55,3%, enregistrant une hausse de 25,1 MMDH, soit +16,6% par rapport à juin 2024. Cette progression résulte principalement des mesures prises dans le cadre de la réforme fiscale.

L’impôt sur les sociétés (IS) a affiché un taux de réalisation exceptionnel de 72,6%, avec une progression de 13,1 MMDH, en raison de l’amélioration notable des régularisations complémentaires (+6,8 MMDH, atteignant un niveau record de 19,5 MMDH), et des premier et deuxième acomptes provisionnels trimestriels (+7,3 MMDH).

L’impôt sur le revenu (IR) s’est amélioré de 6,7 MMDH, grâce notamment à l’opération de régularisation spontanée, qui a généré 3,8 MMDH ; aux recettes issues du contrôle fiscal (+1,8 MMDH) ; et à la fiscalité sur les salaires (+490 millions de dirhams).

La TVA intérieure a enregistré une hausse de 1,1 MMDH. Cette évolution traduit une amélioration des recettes spontanées (+2,9 MMDH), ainsi qu’un effort significatif en matière de remboursements (+1,8 MMDH).

L’amélioration des recettes spontanées est principalement due à la mise en place de la retenue à la source, qui a généré des recettes supplémentaires de 2,8 MMDH à fin juin 2025.

La TVA à l’importation et la taxe intérieure de consommation (TIC) ont connu respectivement des hausses de 2 MMDH et 2,2 MMDH.

En revanche, les droits de douane ont enregistré une baisse de 1 MMDH.

→ Les dépenses publiques

Les dépenses ordinaires ont atteint un taux de réalisation de 50%, tandis que le taux de réalisation des émissions au titre de l’investissement s’est établi à 47,9%.

Par rapport aux résultats du premier semestre 2024, les dépenses ordinaires ont augmenté d’environ 23,7 MMDH, principalement en raison de :

– une hausse de 8,5 MMDH des dépenses de personnel ;

– une hausse de 16,7 MMDH pour les “biens et autres services”.

Ces hausses sont en lien avec :

– les augmentations salariales résultant du dialogue social ;

– les transferts au profit du Fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale ;

– une augmentation des charges d’intérêts de la dette d’environ 2,5 MMDH ;

– une baisse des charges de compensation d’environ 4 MMDH, due à la diminution du prix du gaz butane sur les marchés internationaux et à l’effet de la réduction de la subvention accordée à ce produit depuis le 20 mai 2024.

Par ailleurs, les dépenses d’investissement ont augmenté d’environ 2,4 MMDH, en raison de la hausse des charges communes.